June 29, 2018 / 10:04 AM / 3 months ago

Rexel a échafaudé plusieurs scénarios pour contrer Amazon

PARIS (Reuters) - Rexel, deuxième distributeur mondial de matériel électrique, adoptera dès l’an prochain une gestion plus active de son portefeuille d’activités pour faire face aux mutations du marché et aux nouveaux concurrents comme Amazon, a déclaré à Reuters son directeur général.

“Nous allons certainement passer dans les années futures à une gestion active de portefeuille, c’est-à-dire que je ne m’interdis pas chaque année de vendre certains actifs pour en acheter d’autres”, a dit Patrick Berard dans une interview.

“Je pense que le monde va bouger et qu’il va falloir être un peu plus agile, savoir rester à un endroit dans une activité, ou au contraire la céder pour mieux se développer ailleurs.”

Comme l’ensemble du secteur de la distribution, Rexel est confronté aux bouleversements de l’e-commerce qui oblige les acteurs historiques à se réinventer. En tête des “disrupteurs” vient le géant américain Amazon, avec son offre “Amazon Business” à destination des professionnels.

“Amazon change la donne sur une partie de l’offre et va ouvrir une nouvelle page”, poursuit celui qui a pris les rênes opérationnelles de Rexel il y a deux ans presque jour pour jour.

“A nous d’être prêts, soit pour être dans ce jeu-là avec eux, soit si ce jeu nous est trop négatif, pour être dans un jeu à côté, plus technique, plus élaboré, où Amazon ne peut pas aller. Pour le moment, je prépare Rexel à ces deux scénarios”, a-t-il ajouté.

Fort de son réseau de 2.000 agences dans 26 pays, Rexel espère faire la différence auprès des professionnels grâce à des conseils et des services de plus en plus pointus, notamment face à la complexification des normes et à la généralisation du numérique pour piloter les systèmes électriques.

“La relation clients se dématérialise dans la transaction, mais elle augmente dans le diagnostic et la consultation”, souligne Patrick Berard.

25% DES VENTES EN LIGNE D’ICI 2 ANS

La dématérialisation et l’arrivée de nouveaux concurrents a aussi des effets vertueux puisqu’elle amène l’ensemble du secteur à améliorer la gestion du dernier kilomètre, la disponibilité des stocks et la vitesse de réponse quand un client demande un devis ou un prix.

Selon son directeur général, Rexel pourrait réaliser un quart de ses ventes en ligne vers 2020, contre 15,5% à l’heure actuelle.

Le groupe, qui a renoué l’an dernier avec la croissance organique après deux années consécutives de baisse, vise en 2018 une deuxième année de hausse d’affilée grâce au redémarrage, même timide, de l’oil & gas en Amérique du Nord (35% du chiffre d’affaires).

En Europe (55% du CA), la bonne tenue du marché résidentiel français et les retombées du méga-chantier du grand Paris devraient quant à elles compenser l’attentisme persistant observé au Royaume-Uni où de nombreux petits projets d’infrastructure ne cessent d’être reportés à cause de l’incertitude du Brexit.

Patrick Berard a répété les prévisions annuelles du groupe d’une hausse des ventes à jours constants à un chiffre inférieur à 5% et d’une hausse de l’Ebita ajusté d’au moins 5% et inférieure à 10%.

Malgré ce retour confirmé à la croissance, Rexel connaît un parcours boursier volatil depuis le début de l’année, le marché s’interrogeant de manière récurrente sur la stratégie de transformation du groupe. Depuis le début de l’année, le titre perd environ 17%.

Sous la houlette de Patrick Berard, Rexel a engagé début 2017 un plan de cession d’actifs non stratégiques et lancé plusieurs restructurations, en Allemagne ou en Espagne notamment. Le groupe, dont le principal actionnaire est le fonds activiste Cevian (15,6% du capital) devrait atteindre 650 millions d’euros de désinvestissements à la fin 2018, contre un objectif initial d’environ 800 millions.

“Le reste arrivera en début d’année prochaine”, a-t-il précisé. “Le but n’était pas à tout prix de faire 800 millions, c’était d’avoir le désendettement et la contribution au redressement de l’Ebita (...). On y sera.”

Parallèlement, Rexel compte reprendre le chemin des acquisitions de taille moyenne pour densifier sa présence aux Etats-Unis. Si aucune opération de croissance externe n’est imminente, Patrick Berard dit avoir plusieurs contacts intéressants.

Edité par Jean-Michel Bélot

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