June 27, 2018 / 5:16 PM / in 2 months

Le secteur européen des puces demande plus d'aide de l'UE

FRANCFORT (Reuters) - Les fabricants de semi-conducteurs en Europe réclament plus d’aide de l’Union européenne (UE) pour encourager le rebond amorcé du secteur, développer des technologies comme l’intelligence artificielle et faire face à une éventuelle guerre commerciale qui menace les chaînes d’approvisionnement mondiales.

Les fabricants de semi-conducteurs en Europe réclament plus d'aide de l'UE pour encourager le rebond amorcé du secteur, développer des technologies comme l'IA et faire face à une éventuelle guerre commerciale. /Photo d'archives/REUTERS/Kim Kyung-Hoon

Dans un rapport de 20 pages remis à Mariya Gabriel, la commissaire européenne à l’Economie numérique, le secteur demande que les fonds alloués à un programme de recherche et de développement lancé en 2014 soient doublés pour atteindre 10 milliards d’euros dans le prochain budget septennal du bloc.

Le rapport, consulté par Reuters, appelle également à prolonger un programme de soutien des Etats aux projets d’investissement d’importance stratégique au-delà de 2020.

Le lobbying s’intensifie généralement quand les discussions sur les fonds budgétaires de l’UE sont à un stade avancé. Mais le programme chinois de subventions “Made in China 2025” et “America First” du président Donald Trump accentuent les inquiétudes et renforcnt l’urgence d’un débat en la matière.

Sollicitée, la Commission européenne n’a pas répondu dans l’immédiat. Les entreprises ayant contribué au rapport de leur coté étaient n’étaient disposées à en parler que sous couvert d’anonymat.

SECTEUR EN RENOUVEAU

Les sociétés européennes de semi-conducteurs sont des acteurs de “niches” comparées aux géants mondiaux comme le sud-coréen Samsung Electronics et l’américain Intel, dont les parts de marché sont respectivement de 14,2% et 14%, selon le cabinet d’études Gartner.

Après des années de déclin, le secteur européen de l’électronique européenne, évalué à environ 240 milliards d’euros, commence cependant à retrouver des couleurs. Le mois dernier, l’allemand Infineon a annoncé son intention d’investir 1,6 milliard d’euros dans une nouvelle usine à Villach, en Autriche, son deuxième site capable de fabriquer des puces de 300 millimètres.

Cet investissement, selon des sources au sein de l’entreprise, est uniquement motivé par le besoin d’accroître les capacités pour répondre à la demande de puces utilisées dans des applications industrielles comme la gestion de l’énergie, et non par souci de tirer profit de subventions publiques.

Infineon a pourtant aussi coordonné plusieurs partenariats de recherche public-privé dans le cadre du programme européen ECSEL (Electronic Components and Systems pour European Leadership Joint Undertaking).

Les onze entreprises et organismes de recherche signataires du rapport intitulé “Redémarrer les chaînes de valeur électroniques en Europe” souhaiteraient que les fonds alloués à l’ECSEL soient doublés dans le prochain budget de l’UE qui commence en 2021.

“L’astuce a été d’amener les entreprises, les instituts de recherche et les petites et moyennes entreprises à travailler par delà les frontières européennes”, a déclaré une source du secteur, qui salue l’efficacité de ce programme pour stimuler la collaboration et l’innovation entre les acteurs.

Le rapport préconise aussi que le deuxième programme, IPCEI (Important Projects of Common European Interest), soit reconduit.

Certaines sources du secteur estiment toutefois que l’IPCEI est une outil complexe, freiné par des lourdeurs administrative, qui a encore besoin de réformes pour porter ses fruits.

Parmi les autres recommandations du rapport figurent le renforcement de l’indépendance de l’Europe en matière de semi-conducteurs, la création d’un groupe d’étude sur les compétences et la fédération des efforts de recherche.

Soitec, STMicroelectronics, X-FAB Silicon Fonderies, Robert Bosch, GlobalFoundries, United Monolithic Semiconductors, Infineon et ASML ont participé à ce rapport.

Claude Chendjou pour le service français, édité par Juliette Rouillon

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below