June 26, 2018 / 2:34 PM / 5 months ago

Les résultats de Framatome vont poursuivre leur rebond

VILLEPINTE (Seine-Saint-Denis) (Reuters) - Framatome prévoit une forte hausse de ses résultats cette année, grâce notamment à ses réductions de coûts, et va en priorité accompagner le démarrage des réacteurs de type EPR au cours des prochains mois, a déclaré mardi à Reuters Bernard Fontana, président du directoire de la société.

Le ministre des Finances Bruno Le Maire (au centre) et le PDG de Framatome Bernard Fontana (à droite). Framatome prévoit une forte hausse de ses résultats cette année et va en priorité accompagner le démarrage des réacteurs de type EPR au cours des prochains mois, a déclaré mardi à Reuters Bernard Fontana. /Photo prise le 26 juin 2018/REUTERS/Benoît Tessier

Le dirigeant du spécialiste de la conception et de la fourniture de réacteurs et d’équipements nucléaires, nouvelle filiale d’EDF, a également estimé qu’une trentaine de soudures défectueuses de l’EPR de Flamanville (Manche) devraient être réparées avant de pouvoir lancer la mise en service du réacteur.

Framatome vise cette année un excédent brut d’exploitation de 450 millions d’euros (contre près de 200 millions en 2017), un chiffre d’affaires en “légère hausse” (3,2 milliards l’an passé) et un cash-flow de 200 millions (100 millions en 2017), a déclaré Bernard Fontana lors d’un entretien accordé à l’occasion d’un salon international du nucléaire près de Paris.

La société va en particulier bénéficier d’une baisse continue de ses coûts de structure, à moins de 200 millions d’euros prévus pour 2019 contre 450 millions en 2015.

“Le renforcement de nos compétences et de notre expertise, avec leur maintien dans la durée, c’est notre priorité numéro un. Notre deuxième priorité, c’est de nous comporter comme des industriels, ce qui veut dire, dans la partie ‘nouvelles constructions’, accompagner le démarrage des EPR”, a déclaré le président de Framatome.

Evoquant les défauts de soudures détectés à Flamanville, le dirigeant a en outre indiqué : “On a une trentaine de soudures à reprendre (...) Faire une trentaine de soudures, ça se fait. Quand et dans quelle séquence par rapport aux phases d’essais, c’est ça l’enjeu des discussions (avec l’autorité de sûreté).”

Quatre réacteurs de type EPR développés par Framatome sont en voie d’achèvement dans le monde : un en France (Flamanville), un en Finlande (OL3) et deux en Chine, à Taishan, dont un a été le premier du genre à démarrer, début juin, son raccordement au réseau étant “l’affaire de jours ou de semaines”, selon Bernard Fontana.

Tout l’enjeu pour Framatome consiste aussi à “tirer les leçons” des difficultés rencontrées sur certains chantiers en vue de réaliser les futurs EPR anglais d’Hinkley Point dans les meilleurs conditions possible, mais aussi de concevoir une version améliorée de l’EPR.

“Là où ça a été plus difficile, c’est dans l’ingénierie de détail, puisque nos équipes n’avaient pas construit de réacteurs pendant des décennies”, a souligné Bernard Fontana.

Concernant les anomalies de contrôle de la qualité des pièces produites par l’usine du Creusot, le dirigeant a en outre indiqué que Framatome aurait achevé d’ici à la fin du mois la révision des dossiers de fabrication pour le compte d’EDF, le processus - qui inclut aussi des pièces produites pour l’étranger - étant globalement réalisé à quelque 70%.

“A date, malgré toutes les difficultés, on n’a pas trouvé de cas où on n’a pas pu démontrer que l’intégrité mécanique des pièces avait été conservée”, a dit Bernard Fontana.

Framatome souhaite par ailleurs “renforcer sa présence à l’international” - notamment en Amérique du Nord et en Europe - et, au-delà des projets de nouveaux réacteurs, décrocher des contrats de “briques technologiques” telles que les systèmes de contrôle-commande de centrales.

La société est détenue à 75,5% par EDF depuis le 1er janvier à l’issue d’une restructuration de la filière nucléaire française décidée en 2015, qui a acté la fin du modèle intégré d’Areva - des mines au recyclage des combustibles, en passant par les réacteurs - dans un contexte de crise du groupe.

Mitsubishi Heavy Industries et Assystem détiennent le solde du capital de Framatome (à hauteur de 19,5% et 5% respectivement).

Edité par Dominique Rodriguez

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