June 26, 2018 / 4:48 AM / 5 months ago

Trump critique la décision de Harley-Davidson de délocaliser

WASHINGTON (Reuters) - Donald Trump a critiqué lundi le constructeur moto Harley-Davidson qui a annoncé son intention de délocaliser une partie de sa production de deux roues hors des Etats-Unis afin d’éviter les tarifs douaniers décidés par l’Union européenne à titre de représailles.

Donald Trump a critiqué lundi le constructeur moto Harley-Davidson qui a annoncé son intention de délocaliser une partie de sa production de deux roues hors des Etats-Unis afin d'éviter les tarifs douaniers décidés par l'Union européenne à titre de représailles. /Photo prise le 22 juin 2018/REUTERS/Henry Nicholls

“Surpris que de toutes les compagnies Harley Davidson soit la première à hisser le drapeau blanc. Je me suis battu dur pour eux et finalement ils ne vont pas payer les droits de douane dans l’UE”, écrit Trump.

“Les taxes sont seulement une excuse pour Harley - soyez patients !” ajoute-t-il sur compte Twitter.

Les Européens ont décidé d’imposer des taxes douanières sur une série de produits en provenance des Etats-Unis à titre de représailles après la décision de Donald Trump d’imposer des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium importés d’Europe par les Etats-Unis.

Les Européens ont choisi de manière ciblée les produits visés, notamment ceux qui touchent les Etats dirigés par les républicains. Les motos Harley-Davidson font partie des produits qui seront désormais taxés à leur entrée sur le territoire européen.

Le constructeur moto installé depuis 115 ans à Milwaukee dans le Wisconsin a expliqué dans un document présenté lundi que les droits prévus par les Européens se traduiraient par une hausse de 2.200 dollars (1.900 euros) en moyenne par moto exportée depuis les Etats-Unis vers l’Union européenne.

Actuellement le prix d’entrée de gamme de Harley-Davidson est en France de 7.490 euros.

Harley estime que les tarifs douaniers européens vont se traduire par une hausse des coûts comprise entre 30 et 45 millions de dollars pour le reste de 2018 et d’une hausse de 80 à 100 millions de dollars en année pleine.

Trump avait promis de redonner tout son prestige au constructeur emblématique lorsqu’il avait pris ses fonctions l’an passé. Mais depuis, les mesures commerciales décrétées par le président américain se sont surtout traduites par des coûts pour Harley.

Fin avril, le constructeur expliquait que les tarifs douaniers imposés sur l’acier et l’aluminium allaient entraîner une hausse de 15 à 20 millions de dollars des coûts de fabrication pour le reste de l’année.

Le conseiller au commerce de la Maison blanche, Peter Navarro, a déclaré lundi que l’administration Trump voulait que Harley fabrique plus de motos aux Etats-Unis.

“Nous voulons que les Harley soient fabriquées ici, que plus soient fabriquées ici, et c’est ce qui va se passer avec la politique commerciale du président”, a déclaré Navarro sur CNBC.

Interrogé sur les déclarations du conseiller présidentiel, un porte-parole de Harley a répondu que la compagnie avait clairement exposé sa position dans le document présenté lundi.

En 2017, Harley a vendu près de 40.000 nouveaux modèles en Europe, ce qui représente plus de 16% des ventes de la société. Les revenus tirés du marché européen sont les deuxièmes en valeur derrière ceux tirés du marché américain.

Accroître la production à l’étranger pourrait prendre entre neuf et 18 mois, juge Harley qui dispose de trois unités d’assemblage au Brésil, en Inde et en Thaïlande.

Tim Ahmann; Pierre Sérisier pour le service français

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