June 19, 2018 / 4:45 PM / in 3 months

Les Bourses souffrent de l'escalade des tensions commerciales

PARIS (Reuters) - Les principales Bourses européennes ont nettement reculé mardi et Wall Street devrait les imiter, le bras de fer entre Washington et Pékin sur le front du commerce créant un vif regain d’aversion pour les actifs risqués au profit des valeurs refuges, emprunts d’Etat en tête.

Les principales Bourses européennes ont nettement reculé mardi. À Paris, le CAC 40 a perdu 1,1% et le Dax allemand a reculé de 1,22%. Le Footsie britannique a cédé 0,36%, le repli de la livre sterling ralentissant sa chute en soutenant les valeurs exportatrices. /Photo prise le 6 avril 2018/REUTERS/Ralph Orlowski

À Paris, le CAC 40 a perdu 1,1% à 5.390,63 points et le Dax allemand a reculé de 1,22%. Le Footsie britannique a cédé 0,36%, le repli de la livre sterling ralentissant sa chute en soutenant les valeurs exportatrices.

L’indice EuroStoxx 50 a abandonné 0,9%, le FTSEurofirst 300 0,66% et le Stoxx 600 0,7%.

Trois jours seulement après avoir annoncé des droits de douane de 25% sur 50 milliards de dollars de produits exportés de Chine aux Etats-Unis, le président américain Donald Trump a annoncé lundi soir envisager de taxer à 10% quelque 200 milliards de dollars d’exportations chinoises.

Pékin a immédiatement réagi en accusant Washington de “chantage” et en évoquant de nouvelles représailles “quantitatives” et “qualitatives”.

“En principe, il reste des marges de négociation et on ne peut pas exclure une désescalade dans les semaines à venir. Mais les attitudes semblent se durcir. Et plus les conflits sont profonds, plus ils sont difficiles à résoudre”, commente Louis Kuijs, chef économiste Asie d’Oxford Economics.

“Il semble donc que la probabilité d’une guerre commerciale en bonne et due forme entre les deux plus importantes économies du monde augmente.”

LES MATIÈRES PREMIÈRES SOUFFRENT

Cette nouvelle escalade verbale a eu pour premier effet un net repli des marchés boursiers asiatiques, qui s’est propagé à l’Europe puis à Wall Street.

En Europe, les secteurs les plus exposés à la montée des barrières commerciales accusent les replis les plus marqués: le compartiment des matières premières a reculé de 2,47%, celui des hautes technologies de 1,4% et celui de l’automobile de 1,47%.

A Paris, presque toutes les 40 valeurs du CAC ont fini dans le rouge, les reculs les plus marqués étant pour le fabricant de semi-conducteurs STMicroelectronics (-4,11%) et le sidérurgiste ArcelorMittal (-3,84%).

Parmi les rares valeurs en hausse au sein du SBF 120, Air France-KLM a gagné 5,42% après la suspension par l’intersyndicale de la filiale Air France de l’appel à la grève du 23 au 26 juin.

La plus forte hausse de l’indice large parisien est pour Nexity qui a grimpé de 8,23% après avoir présenté ses objectifs financiers à l’horizon 2021 à l’occasion d’une journée investisseurs.

Le regain d’aversion pour le risque se traduit logiquement par une baisse des rendements des emprunts du Trésor, à 2,8839% pour les Treasuries à dix ans et 2,5327% pour le deux ans.

WALL STREET ET SES BANQUES RECULENT

Sur le marché des changes, le dollar gagne 0,32% face à un panier de devises de référence mais cède 0,65% face au yen, la devise japonaise profitant de son statut de valeur refuge.

L’euro se replie autour de 1,1562 dollar (-0,5%), un recul favorisé par les propos du président de la Banque centrale européenne Mario Draghi, promettant la patience avant la hausse des taux face aux incertitudes et à une inflation toujours inférieure à son objectif.

A l’heure de la clôture en Europe, le Dow Jones perd 1,05% le S&P 500 0,52% et le Nasdaq 0,72%.

La baisse des rendements obligataires pèse sur les valeurs bancaires: JPMorgan Chase perd 0,64%, Goldman Sachs 1,27%.

Parmi les valeurs les plus exposées aux craintes de conflit commercial, le géant aéronautique Boeing, premier exportateur américain vers la Chine, perd 3,37%, DowDuPont 3,33% et Caterpillar 3,32%.

Le pétrole n’échappe pas non plus à l’impact baissier des tensions commerciales: le Brent est revenu sous le seuil de 75 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) perd plus 1,5% pour repasser sous 65 dollars.

Les tensions commerciales s’ajoutent aux spéculations sur une possible augmentation de la production des pays de l’”Opep+”, le groupe informel formé par le cartel et plusieurs de ses alliés dont la Russie, qui se réunit vendredi à Vienne.

Édité par Wilfrid Exbrayat

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