May 9, 2018 / 4:31 PM / in 2 months

Le pétrole soutient les actions mais USA et Iran inquiètent

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont fini dans le vert mercredi, la hausse des valeurs pétrolières dans le sillage d’une nouvelle flambée des cours du brut ayant plus que compensé l’impact négatif du retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, une décision qui suscite pourtant l’inquiétude chez certains investisseurs.

Les Bourses européennes ont fini dans le vert mercredi. Le CAC 40 a terminé en hausse de 0,23%, le FTSE 100 a gagné 1,28% et à le Dax a progressé de 0,24%. /Photo d'archives/REUTERS/Alex Domanski

À Paris, le CAC 40 a terminé en hausse de 0,23% (12,7 points) à 5.534,63 points. A Londres, le FTSE 100, plus exposé au secteur pétrolier, a gagné 1,28% et à Francfort, le Dax a progressé de 0,24%. L’indice EuroStoxx 50 a pris 0,33%, le FTSEurofirst 300 0,7% et le Stoxx 600 0,63%.

Au moment de la clôture en Europe, Wall Street évoluait elle aussi en territoire positif: le Standard & Poor’s 500 gagnait 0,26% et le Nasdaq Composite 0,16% alors que le Dow Jones grappillait 0,02% malgré une chute de 3,88% de Walmart après la prise de contrôle de l’indien Flipkart pour 16 milliards de dollars.

D’un côté de l’Atlantique comme de l’autre, la hausse est tirée par le compartiment pétrolier: à New York, l’indice S&P de l’énergie gagne 1,84% tandis que le Stoxx européen du pétrole et du gaz a pris 2,89%, la meilleure performance sectorielle du jour devant le compartiment des matières premières (+2,09%) et celui des banques (+1,04%).

Parmi les “majors” du secteur pétrolier, Chevron prend 1,33% et Exxon Mobil 1,71% à Wall Street tandis qu’en Europe, Total et BP ont gagné respectivement 1,87% et 3,92%.

La décision de Donald Trump de rétablir des sanctions contre l’Iran après le retrait des Etats-Unis de l’accord international de 2015 encadrant le programme nucléaire de Téhéran risque de freiner les exportations de la République islamique, cinquième producteur mondial de brut.

Conséquence logique: de nouveaux plus hauts de près de trois ans et demi pour le baril, à plus de 71 dollars (+2,8%) pour le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) et près de 77 dollars (+2,7%) pour le Brent.

AIRBUS, RENAULT ET PSA PÉNALISÉS PAR LE DOSSIER IRANIEN

L’envolée des cours s’est en outre amplifiée après la publication des chiffres hebdomadaires des stocks aux Etats-unis, qui montrent un recul plus marqué qu’attendu des réserves de brut.

Pour autant, la décision américaine est loin d’être perçue comme uniquement favorable aux investisseurs, certains craignant un impact économique non négligeable.

“Si elle perdure, la hausse des cours du pétrole pourrait saper la tendance de croissance mondiale”, avertit ainsi Oxford Economics en précisant que “pour l’économie américaine, une hausse prolongée des prix pétroliers pourrait annuler une partie des avantages tirés du soutien budgétaire”, et notamment la moitié de l’impact positif de la réforme fiscale votée fin 2017 par le Congrès.

Dans l’immédiat, le dossier iranien a pénalisé les entreprises qui risquent de souffrir de sanctions américaines: l’avionneur Airbus a cédé 1,08%, les constructeurs automobiles PSA et Renault respectivement 1,48% et 0,66%.

Sans rapport, Suez a chuté de 8,79%, effaçant la totalité des gains engrangés la veille à la faveur, selon des analystes, d’une erreur d’un opérateur.

Dans l’actualité des résultats, Siemens a pris 3,9% après avoir relevé sa prévision de bénéfice par action annuel.

LA VIGUEUR DU DOLLAR, MENACE DURABLE POUR LES MARCHÉS ÉMERGENTS

Autre influence majeure pour les marchés depuis plusieurs semaines, la hausse du dollar marque une pause après avoir inscrit un nouveau plus haut de l’année qui a logiquement incité une partie des cambistes à prendre des bénéfices.

L’”indice dollar”, qui mesure l’évolution du billet vert face à un panier de devises de référence, abandonne 0,06% après avoir pris jusqu’à 0,3% en début de journée. Ce repli permet à l’euro de remonter à 1,1854 dollar alors qu’il était tombé en matinée à 1,1823.

Le mouvement d’appréciation de la devise américaine est cependant loin d’être remis en cause, son principal moteur restant la hausse des rendements obligataires américains sur fond de resserrement régulier de la politique monétaire de la Réserve fédérale.

Or le rendement des Treasuries à dix ans est de nouveau repassé au-dessus du seuil symbolique de 3%. Même si sa hausse s’est atténuée après les statistiques inférieures aux attentes des prix à la production américains, il creuse un peu plus le différentiel avec son équivalent allemand, référence pour la zone euro, qui finit la journée à 0,56%.

Le différentiel de rendements à deux ans, lui, amplifie son creusement à plus de 300 points de base.

Premiers touchés par la hausse du dollar, les marchés émergents: l’Argentine, qui a porté son taux directeur à 40% vendredi pour tenter d’endiguer la chute du peso, a demandé mardi l’aide du Fonds monétaire international (FMI), ce qui permet à la Bourse de Buenos Aires de reprendre plus de 5% après avoir cédé plus de 18% en un mois.

“La situation des pays émergents change de façon considérable”, constate Philippe Waechter, directeur de la recherche économique d’Ostrum Asset Management. “La hausse du dollar est pénalisante et le biais haussier de la monnaie américaine va rendre les investisseurs réticents à y aller. Tous les pays ne seront pas touchés de la même façon mais ils le seront tous néanmoins.”

Édité par Bertrand Boucey

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