May 6, 2018 / 11:56 AM / 5 months ago

Air France dans l'impasse, Le Maire appelle direction et syndicats à la raison

PARIS (Reuters) - Le ministre de l’Economie et des Finances a lancé dimanche une mise en garde à la future direction d’Air France et à ses salariés en soulignant que l’Etat ne viendrait pas au secours de la compagnie aérienne, qui est selon lui menacée de disparition dans les turbulences sociales actuelles.

Le ministre de l'Economie et des Finances a lancé dimanche une mise en garde à la future direction d'Air France et à ses salariés en soulignant que l'Etat ne viendrait pas au secours de la compagnie aérienne, qui est selon lui menacée de disparition dans les turbulences sociales actuelles. /Photo prise le 28 avril 2018/REUTERS/Christian Hartmann

Le président de la compagnie et PDG de la maison-mère Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac, a annoncé vendredi dernier sa démission après le rejet par référendum (55,44%) d’un projet d’accord salarial proposé par la direction aux salariés pour sortir d’une grève par intermittence de 13 journées qui a causé à ce jour près de 300 millions d’euros de pertes.

La direction proposait une augmentation salariale globale de 2% immédiatement et une hausse de 5% sur la période 2019-2021.

L’intersyndicale, qui rassemble dix organisations de pilotes (SNPL, Spaf, Alter), d’hôtesses et stewards (SNPNC, Unsa-PNC, CFTC, SNGAF) et de personnels au sol (CGT, FO et SUD), réclame 5,1% d’augmentation salariale en 2018 après six ans de gel.

Elle a maintenu son préavis de grève pour lundi et mardi en dépit du rejet de l’accord. La compagnie prévoit d’assurer “près de 85%” de ses vols lundi.

Une période d’incertitude s’ouvre pour Air France dont le conseil d’administration a demandé samedi à Jean-Marc Janaillac d’assurer ses fonctions jusqu’à l’issue de l’assemblée générale du groupe le 15 mai, date à laquelle il annoncera “une solution de gouvernance de transition”. Jean-Marc Janaillac a accepté cette demande.

Le nom de l’ancienne secrétaire d’Etat aux Transports Anne-Marie Idrac circule pour lui succéder. Elle dirigea notamment la RATP et la SNCF et est administratrice indépendante au sein du conseil d’administration de la compagnie aérienne depuis 2017.

Dans un communiqué publié dimanche, Air France dit déplorer la poursuite des grèves “alors même que la période qui s’ouvre ne permet pas d’engager une quelconque négociation pour y mettre fin.”

L’intersyndicale doit se réunir lundi à 17h00.

LE SNPL EN LIGNE DE MIRE

“La feuille de route du prochain président d’Air France, elle est claire : le rétablissement du dialogue social comme priorité absolue et en deuxième lieu, le rétablissement de la compétitivité”, a souligné sur BFM TV Bruno Le Maire, qui a réservé ses plus vives critiques aux pilotes de la compagnie.

“Quand on a le niveau de rémunération actuel des pilotes, que l’on sait que l’entreprise est en danger, on ne demande pas des revendications salariales aussi élevées”, a-t-il estimé.

Il a jugé leurs revendications “injustifiées” alors que “la survie d’Air France est en jeu.”

Le ministre a exclu toute recapitalisation de l’entreprise, dont l’Etat détient 14%, et a clairement renvoyé la balle à la direction et aux salariés : “Le dialogue social, ça demande du temps, ça demande de l’ouverture, ça demande du dialogue de part et d’autre”. “J’en appelle au sens des responsabilités de chacun”, a-t-il insisté.

“Ceux qui pensent que quoi qu’il arrive, l’Etat viendra à la rescousse d’Air France et épongera les pertes d’Air France, se trompent”, a averti Bruno Le Maire.

“Je ne vais pas expliquer aux Français que nous allons augmenter notre participation dans Air France, éponger les pertes d’Air France alors qu’Air France ne fait pas les efforts de compétitivité nécessaires pour être au même niveau que ses grands concurrents européens”, a-t-il justifié.

Pour le ministre, si ces efforts ne sont pas accomplis, “Air France disparaîtra”. Il a dit ses “regrets” face à l’impasse actuelle alors que la compagnie était “dans la bonne direction depuis deux ans” avec des “options stratégiques qui sont les bonnes”.

Yannick Floc’h, vice-président du SNPL, s’est dit choqué par les propos du ministre et a mis en cause l’attitude de la direction d’Air France.

“On n’a jamais vu une seule fois notre PDG Jean-Marc Janaillac, il nous a laissés aller dans le mur avec M. (Gilles) Gateau, notre DRH”, a-t-il réagi sur BFM TV.

“Je pense qu’on peut en sortir, on n’est pas très loin, la compagnie propose 2%, nous demandons 5,1%, il y a bien un espace de négociation entre les deux et on est loin d’avoir des demandes exorbitantes”, a-t-il plaidé.

Dans un entretien diffusé dimanche par Les Echos, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, accuse le SNPL d’empêcher la concertation.

“Le dialogue social est bloqué car aux mains d’un syndicat de pilotes - le SNPL - qui l’instrumentalise dans une logique corporatiste au mépris de la situation économique et des autres personnels”, dit-il.

La CFDT avait appelé à voter “oui” lors du référendum interne.

Sophie Louet avec Cyril Altmeyer

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