May 3, 2018 / 9:29 AM / 6 months ago

Zone euro: La CE attend toujours 2,3% de croissance cette année

PARIS (Reuters) - La Commission européenne a confirmé jeudi ses prévisions d’une croissance dans la zone euro à 2,3% cette année puis qui ralentirait à 2,0% l’an prochain, tout en estimant que des risques plus importants pèsent sur les perspectives économiques, à commencer par la protectionnisme.

La Commission européenne a confirmé jeudi ses prévisions d'une croissance dans la zone euro à 2,3% cette année puis qui ralentirait à 2,0% l'an prochain, tout en estimant que des risques plus importants pèsent sur les perspectives économiques, à commencer par le protectionnisme. /Photo prise le 16 novembre 2017/REUTERS/Leonhard Foeger

Les prévisions de printemps publiées par l’exécutif européen confirment dans l’ensemble celles relevées cet hiver à la lumière de l’accélération de l’activité constatée fin 2017.

Les économistes européens voient toujours la croissance économique allemande à 2,3% cette année puis 2,1% l’an prochain. Pour la France, ils en restent à 2,0% en 2018 puis 1,8% en 2019.

“L’Europe continue de profiter d’une croissance robuste, qui a permis de faire tomber le chômage à son point le plus bas depuis dix ans”, souligne le commissaire aux Affaires économiques et financières Pierre Moscovici dans un communiqué.

Toujours pour la Commission, “bien que les indicateurs de court terme laissent entrevoir pour le début de 2018 un léger essoufflement de l’activité, celui-ci devrait être en partie temporaire.”

Dans ce contexte, elle se félicite qu’aucun pays de la zone euro ne devrait enregistrer cette année un déficit public supérieur à 3,0% du PIB, et ce pour la première fois de l’histoire de l’Union économique et monétaire, la moyenne attendue pour l’ensemble de la zone se situant à 0,7%.

S’agissant de la France, qui est parvenue à rentrer dans les clous du pacte de stabilité l’an passé pour la première fois depuis 2007, elle le voit tomber à 2,3% du PIB en 2018.

Cette prévision lui permettra de sortir officiellement de la procédure pour déficit excessif, qui suppose deux années consécutives sous 3%, ce que Pierre Moscovici a confirmé.

Il a indiqué que la Commission devrait, sur la base des prévisions publiées jeudi, être mesure de prendre des décisions sur les procédures de déficit excessifs dans les traditionnelles recommandations pays par pays qu’elle formulera le 23 mai.

INFLATION TOUJOURS MODÉRÉE

“L’une d’entre elles est évidente si on regarde les chiffres et concerne la France”, a-t-il dit lors d’une conférence de presse à Bruxelles.

“Nous nous rapprochons de la sortie pour la France de la procédure pour déficit excessif. c’est une bonne nouvelle pour les comptes publics et (...) pour les Français parce que ça veut dire que nous assainissons les comptes publics de notre pays”, a déclaré le ministre français de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire.

“Mais il ne faut faire preuve d’aucun triomphalisme et nous devons continuer dans la voie de la réduction de la dépense publique et surtout de la dette publique”, a-t-il ajouté en marge d’une intervention devant l’association d’épargnants Afer.

La Commission tablait auparavant sur un déficit public français 2018 à 2,9% mais Paris a depuis annoncé qu’il avait été ramené à 2,6% en 2017 à la faveur notamment d’une forte hausse des rentrées fiscales due à la croissance.

Il remonterait à 2,8% en 2019, une prévision à politique inchangée qui tient compte de l’impact de la transformation du Crédit d’impôt compétitivité emploi en baisse de charges pérenne.

Sur le front de l’inflation, la Commission maintient aussi sa prévision d’une remontée très lente qui porterait son rythme à 1,5% en 2018, comme en 2017, puis 1,6% en 2019, toujours en deçà de l’objectif d’une hausse des prix “proche de mais inférieure à 2,0%” de la Banque centrale européenne.

Alors qu’elle a été amenée l’an passé à revoir plusieurs fois ses prévisions de croissance à la hausse, elle estime qu’elles sont aujourd’hui “plus exposées à des risques de révision à la baisse.”

Au moment où les Etats-Unis ont entamé un bras de fer avec la Chine et envisagent de relever leurs droits de douane sur l’acier et l’aluminium, Pierre Moscovici estime que “le risque le plus grand qui pèse sur ces perspectives optimistes est le protectionnisme, qui ne doit pas devenir la nouvelle normalité ; cela ne ferait que nuire à ceux de nos citoyens qu’il nous faut protéger le plus.”

Yann Le Guernigou, avec Myriam Rivet édité par Yves Clarisse

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