April 27, 2018 / 4:56 AM / 6 months ago

Airbus produira moins d'A330 et plus d'A320 à partir de 2019

PARIS (Reuters) - Airbus a annoncé vendredi une réduction de la production de l’A330 en 2019 à la suite d’échecs cuisants face à son rival Boeing sur des commandes de long-courriers, tout en prévoyant d’augmenter encore la production de son avion vedette, le court-courrier A320.

Airbus a annoncé vendredi une réduction de la production de l'A330 en 2019 à la suite d'échecs cuisants face à son rival Boeing sur des commandes de long-courriers, tout en prévoyant d'augmenter encore la production de son avion vedette, le court-courrier A320. /Photo d'archives/REUTERS/Régis Duvignau

Le groupe européen d’aérospatiale et de défense, qui n’a publié qu’un bénéfice opérationnel (Ebit) trimestriel limité en raison des retards de livraisons de moteurs pour l’A320neo, la version remotorisée, accuse l’une des fortes baisses du CAC 40, abandonnant 1,19% à 94,36 euros vers 10h10.

“Nous savions que le T1 2018 allait être horrible - et il l’est”, souligne Sandy Morris, analyste chez Jefferies.

Les bénéfices et le cash flow d’Airbus sont meilleurs que prévu malgré la faiblesse des livraisons, observe toutefois Bernstein dans une note.

Airbus précise dans un communiqué qu’il ne produira plus que 50 A330 l’année prochaine contre 60 prévus pour 2018 et 67 livrés en 2017.

Le groupe confirme prévoir pour 2018, sur la base d’environ 800 livraisons d’avions commerciaux, une hausse de l’Ebit d’environ 20% et un flux de trésorerie disponible stable par rapport aux 2,949 milliards d’euros de 2017.

Airbus réaffirme viser une accélération en fin d’année des livraisons d’avions après avoir pâti ce trimestre du manque de disponibilités pour l’A320neo, disant compter sur les engagements fournis par les motoristes, en particulier Pratt & Whitney (groupe United Technologies).

Le directeur financier Harald Wilhelm a réaffirmé l’objectif officiel fixé en 2015 prévoyant de livrer 60 A320neo par mois à partir de mi-2019 contre 55 actuellement, en se laissant une marge de manoeuvre pour en produire 63 chaque mois, faisant écho aux déclarations d’un porte-parole du groupe mercredi.

UNE NOUVELLE HAUSSE DE CADENCE LÀ POUR DURER

Airbus étudie la possibilité de livrer au moins 70 A320 par mois en 2022, voire peut-être 2021, en fonction du résultat de l’étude de faisabilité menée cette année, a dit aux analystes Harald Wilhelm.

“Commercialement, la question ne pose même pas”, a-t-il observé au sujet de cette nouvelle montée en cadence. “On n’est pas dans la situation où ça ne durera qu’un an ou deux : nous estimons que ce rythme augmenté sera tout à fait pérenne”.

Une partie de cette hausse sera assurée par l’usine de Mobile, dans l’Alabama, également pour aider Airbus à résister aux effets de change, même si l’environnement reste “sain” à la parité moyenne actuelle autour de 1,22-1,23 dollar pour un euro et que le groupe est bien couvert.

Au premier trimestre, Airbus a dégagé un bénéfice opérationnel (Ebit) ajusté de 14 millions d’euros au premier trimestre, à comparer à une perte de 23 millions attendue en moyenne par le consensus Reuters.

Le chiffre d’affaires trimestriel baisse de 12% à 10,119 milliards d’euros, contre 10,209 milliards attendus en moyenne, tandis que le bénéfice net atteint 283 millions (contre un consensus de -101 millions).

Boeing a de son côté relevé mercredi ses prévisions de bénéfice par action et de flux de trésorerie pour 2018 après des résultats trimestriels nettement supérieurs aux attentes.

Harald Wilhelm a également déclaré qu’Airbus visait à réduire les coûts récurrents du CSeries de Bombardier, afin de pouvoir commercialiser l’avion canadien dans des “volumes importants”, une fois finalisé l’accord de prise de contrôle du programme déficitaire annoncé en 2017.

De sources proches du dossier, Airbus se prépare à croiser le fer avec United Technologies (UTC) concernant le prix des composants et des services pour le CSeries de Bombardier afin de faciliter la commercialisation de l’avion canadien.

Airbus dit également avoir réduit de moitié la perte opérationnelle de son pôle d’hélicoptères, à trois millions d’euros, grâce à ses efforts de transformation de la division dans un marché encore atone, notant toutefois un bond de 73% des prises de commandes dans ce domaine au premier trimestre.

Le directeur général de Safran Philippe Petitcolin a déclaré mercredi compter cette année sur un redémarrage du marché des hélicoptères, prévoyant d’augmenter ses ventes de moteurs de 50-100 unités cette année pour atteindre 750-800 sur ce segment.

Cyril Altmeyer et Tim Hepher, édité par Gwénaëlle Barzic

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