April 19, 2018 / 6:11 AM / a month ago

Pernod Ricard va limiter ses ventes de cognac en Chine

par Pascale Denis

Pernod Ricard a fortement accéléré la cadence au troisième trimestre de son exercice décalé mais averti que ses ventes seraient moins dynamiques au dernier trimestre, le groupe ayant décidé de limiter ses ventes de cognac en Chine pour pouvoir assurer à Martell une croissance plus équilibrée. /Photo d'archives/REUTERS/Mike Segar

PARIS (Reuters) - Pernod Ricard a fortement accéléré la cadence au troisième trimestre de son exercice décalé mais averti que ses ventes seraient moins dynamiques au dernier trimestre, le groupe ayant décidé de limiter ses ventes de cognac en Chine pour pouvoir assurer à Martell une croissance plus équilibrée.

Le numéro deux mondial des spiritueux a vu sa croissance organique grimper de 9,3% au troisième trimestre 2017-2018, après une hausse de 4,6% au cours des trois mois précédents, faisant largement mieux que les 5,6% attendus par les analystes.

Cette progression, largement tirée par le nouvel an chinois - plus tardif cette année - l’Inde et les ventes aux voyageurs (travel retail) en Asie, lui a permis de signer une croissance organique de 6,3% sur neuf mois.

Fort de cette performance, Pernod Ricard a dit tabler sur une croissance organique d’environ 6% de son résultat opérationnel courant (ROC) annuel, dans le haut de la fourchette de 4% à 6% prévue et relevée en février.

Il a toutefois révisé en hausse à 200 millions d’euros (contre 180 millions) l’impact négatif de change sur ce même résultat.

Comme LVMH, propriétaire du cognac Hennessy, et Rémy Cointreau (Rémy Martin), Pernod Ricard profite de l’explosion de la demande de produits de luxe en Chine auprès des classes moyennes-supérieures après des années de vaches maigres liées aux mesures anticorruption de Pékin.

Après une croissance explosive (+19% sur neuf mois) dans le pays, le groupe a annoncé qu’il allait limiter les expéditions de Martell vers la Chine et le “travel retail”.

En conséquence, “la croissance du quatrième trimestre sera inférieure à celle des neuf premiers mois”, a-t-il averti.

Après avoir ouvert en hausse et touché un plus sommet à 171,90 euros en début de séance, le titre Pernod Ricard cède 0,79% à 138,3 euros à 12h33, alors que le CAC 40 gagne 0,18% au même moment.

“Les analystes prévoyaient déjà une croissance d’environ 6% pour le ROC (...) et la croissance reste dans la fourchette basse du marché aux Etats-Unis, un marché clé et hautement rentable”, soulignent les analystes d’Investec.

Compte-tenu des contraintes de stocks pesant sur les eaux-de-vies, Pernod Ricard veut assurer à Martell une croissance “pérenne d’environ 10% à 13% en valeur dans les années à venir”, a précisé à Reuters le directeur financier Gilles Bogaert.

UNE CROISSANCE PLUS ÉQUILIBRÉE POUR MARTELL

Les allocations de cognac, en volumes, devront donc être plus équilibrées entre les régions “pour que Martell puisse croître partout dans le monde”, une stratégie qui permettra de favoriser la montée en gamme et les hausses de prix.

Rémy Cointreau a lui aussi dit anticiper un tassement de la croissance de son cognac Rémy Martin.

Pernod Ricard a également profité d’une reprise en Inde (+14% sur 9 mois), son deuxième marché, après avoir été plombé par de nouvelles réglementations et taxes sur l’alcool.

Mais sa dynamique a été plus ralentie aux Etats-Unis (+3%), son premier marché, où les ventes d’Absolut reculent encore alors que le whisky Jameson poursuit sa hausse à deux chiffres.

Gilles Bogaert a reconnu que la stabilisation de la vodka suédoise prenait “plus de temps que prévu en raison d’un marché américain moins favorable”.

La hausse des ventes a également été limitée en Europe (+2%), plombée par un recul de 4% en France et en Espagne.

La valeur se traite sur des multiples de 20,47 fois les bénéfices estimés du prochain exercice, contre 19,66 pour le leader mondial Diageo et 34,27 pour Rémy Cointreau, plus proche du luxe par son positionnement haut de gamme.

Le chiffre d’affaires de Pernod Ricard est ressorti à 1,98 milliard d’euros de janvier à mars, en recul de 0,5% pour cause d’effet de change négatifs liés à la hausse de l’euro.

Le groupe qui a fortement réduit sa dette a réaffirmé être prêt à saisir les opportunités d’acquisitions tout en conservant sa notation financière “investment grade”.

Il a également annoncé une augmentation progressive de son taux de distribution dans les trois ans à venir à environ 50% du résultat net courant, contre environ un tiers aujourd’hui.

Pascale Denis, avec Dominique Vidalon, édité par Jean-Michel Bélot

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