April 18, 2018 / 6:40 AM / 6 months ago

Total prend le contrôle de Direct Energie pour 1,4 milliard d'euros

PARIS (Reuters) - Total va prendre le contrôle de Direct Energie, son concurrent sur le marché français de l’électricité et du gaz, une opération de 1,4 milliard d’euros qui doit lui permettre de rivaliser avec les opérateurs historiques EDF et Engie.

Total a annoncé mercredi avoir signé un accord pour racheter Direct Energie, son concurrent sur le marché de l'électricité et du gaz, pour environ 1,4 milliard d'euros. /Photo d'archives/REUTERS/Daniel Becerril

Le groupe pétrolier a annoncé mercredi qu’il allait acquérir dans un premier temps 74,33% du capital de Direct Energie à 42 euros par action auprès de ses principaux actionnaires, parmi lesquels figurent les hommes d’affaires français Jacques Veyrat, via sa holding Impala, Stéphane Courbit (Lov Group) et Jean-Paul Bize (AMS).

Total lancera ensuite une offre sur le solde du capital, au même prix de 42 euros, qui représente une prime de 30% par rapport au cours de clôture de mardi soir et de 24% sur la moyenne des trois derniers mois, valorisant Direct Energie à environ 12,5 fois son Ebitda estimé 2018.

Au total, l’opération représenterait ainsi un investissement de quelque 1,9 milliard pour le groupe pétrolier sur la base de 100% du capital de Direct Energie.

A la Bourse de Paris, le titre s’est aligné sur le prix de l’offre (30,52% à 42,08 euros), tandis que l’action Total progresse à 15h16 de 1,14% à 49,475 euros.

“En matière de M&A, Total avait déjà pris de l’avance sur ses concurrents, investissant dans les renouvelables et les autres énergies propres. Ce rachat montre que c’est du sérieux (en terme de stratégie)”, observe Valentina Kretzschmar, directrice de la Recherche chez Wood Mackenzie.

Royal Dutch Shell, l’un des rivaux de Total, a réalisé une opération similaire en février, en rachetant le distributeur britannique d’électricité First Utility, qui fournit 825.000 clients. Shell fournit également de l’électricité à des clients industriels au Royaume-Uni et a récemment acheté un fournisseur d’énergie solaire dans le pays.

D’autres grands groupes pétroliers ont développé des activités dans le stations de recharge de véhicules électriques, complétant ainsi leurs activités classiques dans les stations-service.

UNE ALTERNATIVE CRÉDIBLE À EDF ET ENGIE

Cette opération va permettre au géant pétrolier français de poursuivre sa mue et d’accélérer son développement dans la production et la distribution d’électricité et de gaz.

Il pourra ainsi représenter une alternative à EDF - qui conserve toujours une part de marché d’environ 85,5% - et à Engie en combinant son portefeuille de 1,5 million de clients avec celui de 2,6 millions de Direct Energie, actuel numéro 3 en France sur ce marché.

Alors qu’Engie disposait pour sa part fin 2017 d’une base de 3,8 millions de clients en France pour son offre d’électricité, Total vise plus de six millions de clients en France et plus d’un million de clients en Belgique à l’horizon 2022.

Le pétrolier va également pouvoir se développer sur le marché de la production d’électricité, avec une capacité installée de Direct Energie de 1,35 gigawatt (GW) - dont 800 MW de centrale à gaz et 550 MW d’électricité renouvelable - qui viendront s’ajouter à la capacité installée de 900 MW de Total.

Le groupe se fixe ainsi l’objectif de disposer d’une capacité globale d’au moins 10 GW d’ici cinq ans, soit sous forme de centrales à gaz, soit sous forme de capacités d’électricité renouvelable.

Xavier Caïtucoli, PDG et cofondateur de Direct Energie en 2003 - qui apportera ses titres - a déclaré à Reuters que le PDG de Total Patrick Pouyanné lui avait demandé de rester à la tête de la société afin de gérer le processus d’intégration.

Le conseil de Direct Energie s’est déclaré à l’unanimité en faveur de ce projet.

Total s’est développé également l’an dernier dans le gaz naturel liquéfié (GNL), dont il est devenu le numéro deux mondial après avoir racheté les activités GNL d’Engie pour une valeur d’entreprise de 1,49 milliard de dollars (1,29 milliard d’euros environ).

Avec Jean-Michel Bélot, édité par Matthieu Protard

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