April 12, 2018 / 5:24 PM / 7 months ago

Le chambardement à la tête de VW inquiète les syndicats

HAMBOURG (Reuters) - Les représentants du personnel de Volkswagen s’inquiètent de l’empressement du groupe à réorganiser sa structure de direction, ont dit des sources à Reuters jeudi.

Les représentants du personnel de Volkswagen s'inquiètent de l'empressement du groupe à réorganiser sa structure de direction, ont dit des sources à Reuters jeudi. /Photo d'archives/REUTERS/Hannibal Hanschke

Dans ce qui s’annonce comme le plus grand chambardement à la tête du géant automobile allemand depuis 10 ans, le conseil de surveillance doit entériner jeudi le départ du président du directoire Matthias Müller et son remplacement par Herbert Diess, le patron de la marque VW qui a braqué les syndicats à plusieurs reprises avec sa politique de réduction des coûts.

Le constructeur a publié mardi un communiqué laconique pour signifier la fin du règne de Matthias Müller, qui avait pris ses fonctions en septembre 2015, une semaine après le début du “Dieselgate” - le scandale des émissions polluantes des moteurs diesel qui a plongé VW dans la plus grave crise de son histoire.

D’autres départs devraient être annoncés ainsi qu’un regroupement des 12 marques du groupe en quatre catégories : les marques “super premium” (Porsche, Bentley, Lamborghini et Bugatti), Audi qui serait l’unique marque de la catégorie “Premium” avec son président Rupert Stadler confirmé à son poste, la catégorie “volumes” avec VW, Skoda et Seat et une division “véhicules commerciaux” qui réunirait les camions MAN et Scania ainsi que les utilitaires de VW.

Le conseil de surveillance, qui s’est réuni jeudi à partir de 14h00 GMT, devait aussi débattre d’une possible mise en Bourse de l’activité de poids lourds.

Le groupe a annoncé qu’il tiendrait une conférence de presse vendredi à 08h30 GMT.

Les efforts de Volkswagen pour se réformer ont souvent été mis en échec par les syndicats qui occupent la moitié des sièges au conseil de surveillance et par le Land de Basse-Saxe, fort de ses 20% des droits de vote du groupe.

“Personne n’en a rien su”, a dit une source d’une des principales marques de VW à Reuters au sujet de l’annonce surprise de mardi. “Ce qui est en train de se passer est une pure folie.”

“La manière dont des changements d’une telle magnitude ont été communiqués en interne est plus que discutable”, a déploré une source proche du conseil de surveillance.

Selon des sources proches de VW, les familles Porsche et Piëch qui contrôlent le groupe et le Land de Basse-Saxe ont décidé de faire l’annonce mardi de peur de fuites dans la presse.

Pour la même raison, la réunion du conseil de surveillance prévue vendredi a été avancée d’un jour, ont-elles ajouté.

Le quotidien financier Handelsblatt a rapporté jeudi que l’attitude du conseil de surveillance avait fortement irrité le directeur financier Frank Witter, au point qu’il n’excluait pas de démissionner.

Aucun commentaire n’a pu être obtenu auprès de l’intéressé et du groupe.

A la Bourse de Francfort, l’action Volkswagen progresse de 1,77% à 176,22 euros vers 14h55 GMT, l’une des meilleures performance de l’indice Dax-30 qui gagne 1% à ce stade.

Jan Schwartz, Véronique Tison pour le service français

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below