April 10, 2018 / 4:53 PM / 4 months ago

L'exécutif plus optimiste sur la croissance et les déficits

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français a revu en hausse ses prévisions de croissance de l’économie et en baisse celles de déficit et de dette publics dans le programme de stabilité annuel qui doit être présenté mercredi en conseil des ministres.

Le gouvernement français a revu en hausse ses prévisions de croissance de l'économie et en baisse celles de déficit et de dette publics dans le programme de stabilité annuel qui doit être présenté mercredi en conseil des ministres. /Photo d'archives/REUTERS/Gonzalo Fuentes

Il table désormais sur une progression du produit intérieur brut (PIB) de 2,0% en 2018 comme en 2019, contre 1,7% pour les deux années auparavant, selon des documents de Bercy.

Après une année 2017 meilleure que prévu en termes de croissance (2,0% contre 1,7% attendu) et qui a permis à la France de dépasser son objectif de réduction du déficit - en le ramenant à 2,6% du PIB alors que le gouvernement l’attendait à 2,9%, ce document annuel destiné à la Commission européenne fixe une trajectoire des dépenses publiques qui s’améliorera aussi plus rapidement qu’escompté précédemment.

Le déficit public serait ramené à 2,3% du PIB en 2018 et cette deuxième année consécutive sous le seuil de 3,0% du PIB devrait donc permettre à la France de sortir de la procédure de déficit excessif sous laquelle elle se trouve depuis 2009.

Il devrait cependant remonter à 2,4% du PIB en 2019, année où il accusera l’impact de transformation du CICE (crédit d’impôt compétitivité emploi) en baisse de charges pérennes.

Une fois passée cette année de cumul qui pèsera à hauteur d’environ 20 milliards d’euros sur les finances publiques, le déficit public repartira franchement à la baisse.

NOUVEAU DÉBAT SUR L’EFFORT STRUCTUREL ?

D’après les projections du gouvernement, les finances publiques de la France sortiraient même du rouge en 2022, une première depuis 1974, avec un excédent entrevu à +0,3% du PIB.

Dans la loi de programmation des finances publiques promulguée en janvier, le gouvernement anticipait encore un déficit public à 0,3% du PIB en 2022.

Malgré ces prévisions plus favorables, la France n’a pas significativement modifié ses projections d’effort structurel sur la période 2018-2022 et pourrait donc une nouvelle fois se voir reprocher un effort structurel de réduction du déficit insuffisant - un débat récurrent avec la Commission européenne.

A Bercy, si on concède “un rythme d’ajustement structurel pas très fort”, on souligne qu’il est notamment minimisé mécaniquement par “le rythme relativement soutenu” de baisse des prélèvements obligatoires prévu sur le quinquennat ainsi que les réformes engagées pour “redynamiser l’activité, le pouvoir d’achat et l’attractivité du pays”.

Dans ce contexte d’amélioration des prévisions de croissance et d’évolution du déficit, les prévisions sont également plus favorables pour la dette publique, qui devrait commencer à refluer dès cette année (à 96,4% du PIB contre 97,0% en 2017), alors que le gouvernement prévoyait auparavant qu’elle n’atteigne son point culminant que l’an prochain.

“En réduisant la dette et les déficits, nous respectons notre parole européenne et nous retrouvons notre crédibilité auprès de nos partenaires”, souligne Bruno Le Maire dans une interview à paraître mercredi dans Le Figaro.

Pour le ministre de l’Economie et des Finances, en renforçant le poids de la France, “cela nous permet d’avancer sur des chantiers majeurs comme la taxation des Gafa ou la réforme de la zone euro”.

Alors que les résultats meilleurs que prévu enregistrés sur l’année 2017 ont déjà suscité des demandes de redistribution d’une éventuelle “cagnotte”, le gouvernement entend continuer à accorder la priorité au redressement des comptes publics.

“Je crois que tout le monde sait très bien que la condition pour pouvoir redistribuer est d’abord de se réformer et d’assainir nos comptes publics, et qu’on n’y est pas encore”, déclare le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin, également interviewé par Le Figaro.

Le document ne fait aucune mention d’une reprise éventuelle par l’Etat de tout ou partie de la dette de 46 milliards d’euros de la SNCF, qui représente plus de deux points de PIB et qui est un des enjeux du bras de fer entamé avec les syndicats du groupe public sur la réforme du secteur ferroviaire.

En ce qui concerne le taux de prélèvement obligatoire - qui a atteint un niveau record fin 2017, à 45,4% du PIB contre 44,6% un an plus tôt, le programme de stabilité confirme l’engagement présidentiel de les réduire d’un point sur la durée du quinquennat, avec un objectif de 44,3% en 2022.

Le Haut conseil des finances publiques (HCFP) doit rendre public vendredi matin son avis sur les nouvelles prévisions du gouvernement.

Le programme de stabilité surnommé “Pstab” à Bercy, accompagné d’un programme national de réforme, doit être transmis pour évaluation à la Commission européenne et fera l’objet d’un débat à l’Assemblée nationale le 18 avril.

Myriam Rivet et Leigh Thomas, édité par Yves Clarisse

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