March 29, 2018 / 8:25 AM / 5 months ago

Doux: LDC et l'ukrainien MHP confirment leurs projets de reprise

RENNES (Reuters) - Le groupe volailler français LDC et le géant ukrainien de la volaille MHP ont déposé ces dernières heures des offres de reprise du groupe Doux, en difficultés financières depuis plusieurs mois, dont ils ont dévoilé les principales mesures.

Le groupe volailler français LDC et le géant ukrainien de la volaille MHP ont déposé ces dernières heures des offres de reprise du groupe Doux, en difficultés financières depuis plusieurs mois, dont ils ont dévoilé les principales mesures. /Photo d'archives/REUTERS/Stéphane Mahé

Basé dans la Sarthe, le groupe LDC, qui comprend notamment les poulets de Loué et Le Gaulois, prévoit la reprise de 298 salariés actuellement en poste chez Doux, auxquels s’ajouteraient 203 reclassements au sein de LDC, a précisé jeudi le volailler dans un communiqué.

Ce plan s’inscrit dans le cadre “d’offres concertées” entre LDC, le groupe saoudien Almunajem, un des actionnaires du groupe Doux et un de ses principaux clients, les Volailles de Plouray et Terrena, principal actionnaire de Doux.

Au total, il permettrait de conserver 920 emplois sur un effectif de 1.187 salariés avec 418 offres de reclassement, a précisé Terrena dans un communiqué, tout en “sécurisant” l’activité des éleveurs du groupe Doux.

“Cette solution qui sera soumise au Tribunal de Commerce de Rennes (…) permettra de pérenniser une partie de l’activité export de Doux et par ailleurs de renforcer la filière française et de reconquérir une partie du marché intérieur français”, ajoute le texte.

LDC s’engage à investir 60 millions d’euros dans le cadre de son projet.

“A Châteaulin (siège du groupe Doux NDLR), le plan prévoit la construction d’un nouveau site industriel d’abattage et de découpe de volailles dédiés aux marchés industriels et de la restauration”, indique LDC.

“A l’horizon 2020, le site emploierait 250 collaborateurs pour une capacité d’abattage de 400.000 poulets par semaine”, poursuit LDC.

Le site actuel de Châteaulin serait loué au groupe saoudien Almunajem pour la “gestion” de la production de poulets surgelés destinés à l’export tandis que le site de production de produits élaborés de Quimper serait repris avec l’ensemble de ses 168 salariés et un investissement de 5 millions d’euros.

Le géant de la volailles ukrainien MHP a annoncé de son côté avoir également déposé mercredi soir un dossier de reprise du groupe Doux, avec un investissement de 76 millions d’euros pour “assurer la pérennité de l’entreprise”.

LES OFFRES EXAMINÉES DÉBUT AVRIL

Ce projet prévoit “le développement de l’activité Produits Frais à destination du marché français” avec la création d’une “nouvelle usine à la pointe de la technologie construite à Châteaulin à horizon deux ans et des investissements réalisés pour la remise à niveau des installations de production amont”, a précisé mercredi MHP dans un communiqué.

Cette offre de reprise permettrait “la sauvegarde immédiate d’environ 285 postes auxquels s’ajouteraient environ 430 postes au démarrage de la nouvelle unité de production à Chateaulin d’ici 2 ans”, ajoute le communiqué.

“L’activité Export de poulets congelés sera repensée pour assurer sa compétitivité sur le marché global et sa pérennité en maintenant la valeur en France”, précise le texte qui prévoit également la préservation du site de Plouray et “le maintien” de la production de produits élaborés à Quimper.

Des discussions étaient menées depuis plusieurs semaines sous l’égide du Comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI) avec les différents candidats à la reprise du groupe Doux dont les pertes sont estimées à 3 millions d’euros par mois.

Une audience devant le tribunal de Commerce de Rennes, qui devra examiner ces offres, est prévue le 3 avril.

Dans tous les cas, la fermeture de l’abattoir de Chantonnay (Vendée) et du couvoir de l’Oie, qui emploient au total 180 personnes, serait confirmée, indique Terrena.

Spécialisé dans l’exportation de poulets congelés vers le Moyen-Orient et l’Afrique, Doux a subi d’importantes pertes dues notamment aux conséquences des épidémies de grippe aviaire, qui lui ont fermé certains marchés, mais aussi de la concurrence des producteurs brésiliens et de la parité euro-dollar.

Doux fait l’objet d’un “plan de continuation” depuis son placement en redressement judiciaire en 2012. Le groupe avait annoncé en septembre dernier son intention d’engager une nouvelle stratégie, sous réserve de trouver des investisseurs pour un montant de 100 millions d’euros afin de réorienter son modèle économique.

L’Etat et les collectivités locales se sont félicités dans un communiqué d’offres “sérieuses et de nature à apporter des solutions de reprise crédibles”, susceptibles de “renforcer durablement la filière avicole française”.

La Région Bretagne a d’ores et déjà annoncé qu’elle était “prête à accompagner un projet de reprise de Doux avec un soutien pouvant aller jusqu’à 15 millions d’euros”.

A 10h00, le titre LDC progressait de 2,8% à 130 euros à la Bourse de Paris.

édité par Jean-Michel Bélot

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