March 28, 2018 / 1:28 PM / 8 months ago

USA: La croissance trimestrielle a ralenti moins fortement que prévu

WASHINGTON (Reuters) - La croissance de l’économie américaine a ralenti moins fortement que ne le suggéraient les premières estimations au quatrième trimestre 2017, le dynamisme de la consommation des ménages compensant partiellement l’effet négatif de la hausse des importations.

La croissance de l'économie américaine a ralenti moins fortement que ne le suggéraient les premières estimations au quatrième trimestre 2017, le dynamisme de la consommation des ménages compensant partiellement l'effet négatif de la hausse des importations. /Photo d'archives/REUTERS/Tim Aeppel

Le produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis a progressé de 2,9% en rythme annualisé sur les trois derniers mois de 2017, contre une précédente estimation de 2,5%, a annoncé mercredi le département du Commerce en publiant ses chiffres définitifs. Cela marque un léger ralentissement par rapport au taux de 3,2% enregistré au trimestre précédent.

Les économistes interrogés par Reuters s’attendaient à une révision en hausse, mais de moindre ampleur, à 2,7%.

Sur l’ensemble de 2017, l’économie américaine a affiché une croissance de 2,3% après 1,5% l’année précédente.

Des signes de ralentissement supplémentaire de l’activité aux Etats-Unis sont apparus au premier trimestre 2018, avec notamment un troisième recul consécutif des ventes au détail en février. Les indicateurs immobiliers ont été globalement faibles et le déficit commercial s’est élevé à un pic de plus de neuf ans en janvier.

Les prévisions de croissance pour les trois premiers mois de l’année sont ainsi légèrement inférieures à 2% pour le moment.

Les économistes pensent néanmoins que la croissance atteindra sur l’ensemble de l’année l’objectif de 3% avancé par l’administration Trump à la faveur des baisses d’impôts massives adoptées en décembre à l’initiative du président américain et de ses projets d’investissements dans les infrastructures.

Une telle évolution pourrait inciter la Réserve fédérale à accélérer le rythme de son resserrement monétaire alors qu’elle a relevé la semaine dernière ses prévisions de croissance pour cette année et la suivante. Pour l’instant, la Fed prévoit toujours trois hausses de taux en tout sur l’ensemble de l’année, après avoir procédé à la première d’entre elles la semaine dernière.

LES IMPORTATIONS DEVRAIENT ENCORE FREINER LE PIB AU T1

La consommation des ménages, qui représente deux tiers de l’activité aux Etats-Unis, a finalement progressé de 4,0% au quatrième trimestre contre 3,8% dans la précédente estimation. Il s’agit de sa plus forte hausse depuis le quatrième trimestre 2014 et elle succède à un gain de 2,2% sur la période juillet-septembre.

Les importations ont pour leur part bondi de 14,1%, un dixième de point de plus qu’estimé précédemment et leur rythme de progression le plus rapide depuis le troisième trimestre 2010, ce qui a éclipsé la hausse de 7,0% des exportations, favorisée par la dépréciation du dollar.

La balance commerciale a ainsi retiré 1,16 point de croissance à l’économie américaine au quatrième trimestre, un niveau inédit depuis un an, après l’avoir soutenue de 0,36 point sur les trois mois précédents. Elle devrait encore constituer un frein au premier trimestre, le département du Commerce ayant par ailleurs fait état mercredi d’une légère hausse du déficit des échanges de biens en février, à 75,35 milliards de dollars, après une forte dégradation en janvier.

Malgré le dynamisme de la demande intérieure, le ralentissement de la reconstitution des stocks n’a quant à lui pas été aussi prononcé que prévu puisque ces derniers ont augmenté au rythme de 15,6 milliards de dollars au lieu des 8,0 milliards précédemment estimés. Les stocks ont ainsi pénalisé la croissance à hauteur de 0,53 point de PIB contre un gain de 0,79 point au trimestre précédent.

L’évolution des stocks pourrait redevenir un facteur de soutien à la croissance au premier trimestre. Le département du Commerce a annoncé mercredi que les stocks des grossistes comme des détaillants avaient connu une croissance solide en février.

La croissance des dépenses d’équipements des entreprises et celle des investissements résidentiels ont toutes deux été revues en légère baisse de 0,2 point au quatrième trimestre, tout en affichant toujours des hausses à deux chiffres, de respectivement 11,6% et 12,8%.

Les dépenses publiques ont augmenté de 3,0%, 0,1 point de plus que dans la précédente estimation.

Le dollar amplifiait sa progression face aux autres grandes devises en réaction à ces chiffres: vers 13h45 GMT, il s’appréciait de 0,54% face à un panier de devises de référence.

Sur le marché obligataire, le rendement des bons du Trésor américain à dix ans a brièvement réduit ses pertes avant de repartir à la baisse juste avant l’ouverture de Wall Street.

Bertrand Boucey pour le service français, avec Marc Angrand, édité par Véronique Tison

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