March 28, 2018 / 12:13 PM / 2 months ago

La City revoit à la baisse les délocalisations avec le Brexit

par Andrew MacAskill, Carolyn Cohn et Simon Jessop

Le secteur financier estime que 5.000 postes sont susceptibles d'être redéployés hors de Grande-Bretagne ou créés à l'international d'ici mars 2019 en raison du Brexit, soit moitié moins que ce qu'il anticipait il y a six mois, selon une enquête Reuters publiée mercredi. /Photo prise le 25 janvier 2018/REUTERS/Toby Melville

LONDRES (Reuters) - Le secteur financier estime que 5.000 postes sont susceptibles d’être redéployés hors de Grande-Bretagne ou créés à l’international d’ici mars 2019 en raison du Brexit, soit moitié moins que ce qu’il anticipait il y a six mois, selon une enquête Reuters publiée mercredi.

Dans cette étude, menée auprès des 119 acteurs les plus les plus présents à l’international en Grande-Bretagne, Paris apparaît également désormais comme la place financière la plus prisée pour ces relocalisations, devant Francfort.

Certaines banques ont revu leurs délocalisations à la baisse ayant étudié plus précisément le nombre des activités qu’elles devront déplacer dans l’Union européenne si la Grande-Bretagne perd son accès au marché unique, montre l’enquête.

Le ton plus conciliant de la Première ministre britannique Theresa May vis-à-vis des professionnels de la finance et les progrès des discussions entre Londres et l’UE ont également rassuré le secteur.

L’étude suggère que Londres restera de loin la première place financière d’Europe, au moins à court terme.

“L’idée que Londres perdrait son statut était exagérée parce que la ville conservera la plupart des avantages qui en ont fait une grande place financière”, estime Peter Hahn, professeur au London Institute of Banking and Finance.

Dans l’enquête précédente, réalisée en septembre 2017, banques, courtiers, assureurs, sociétés de gestion et fonds d’investissement, estimaient que le secteur pourrait perdre près de 10.000 emplois.

L’étude publiée mercredi portait sur les projets des entreprises en cas de “Brexit dur”, c’est-à-dire dans la perspective où le Royaume-Uni ne quitterait pas uniquement l’UE, mais également le marché unique.

L’UE et la Grande-Bretagne sont convenues le 19 mars d’une période de transition post-Brexit de 21 mois, jusqu’au 31 décembre 2020, afin de se laisser le temps de décider de leurs futurs liens commerciaux.

L’enquête a été réalisée par courriel et par téléphone entre le 9 février et le 22 mars, soit un peu plus d’un an avant la sortie du Royaume-Uni du bloc communautaire prévue le 29 mars 2019.

Sur les 164 entreprises contactées, 119 ont répondu, contre 123 en septembre.

Plus de la moitié d’entre elles ont déclaré qu’elles devront réaffecter leurs effectifs ou restructurer leurs activités en raison du Brexit. Un autre quart a estimé que le Brexit n’aurait pas d’impact, et les 25% restants ont dit ignorer à ce stade ses effets ou réfléchir encore à leurs perspectives.

PARIS FAVORITE

Plusieurs banques ont dit avoir revu à la baisse leurs prévisions de délocalisations depuis l’étude précédente.

Ainsi Deutsche Bank, qui prévoyait au départ de déplacer 4.000 personnes de Londres, anticipe désormais de délocaliser moins de 200 postes, selon l’étude.

UBS compte déplacer 200 personnes vers Francfort, contre jusqu’à 1.500 auparavant.

Goldman Sachs pense redéployer 500 personnes, contre un millier auparavant.

L’enquête montre que 4.798 postes dans le secteur bancaire sont susceptibles d’être affectés. La plupart seront déplacés hors du Royaume-Uni mais il y aura également des créations d’emplois en Europe, ont expliqué les responsables interrogés.

La plupart des entreprises qui avaient été interrogées dans l’étude publiée en septembre, estimaient toutefois que les plus grands changements pourraient intervenir dans 10 ans voire plus.

“Je doute qu’il y ait une migration massive du jour au lendemain, mais j’imagine que dans cinq, si ce n’est dix ans, Londres aura perdu pas mal de terrain”, a dit l’un des responsables d’une grande banque américaine.

Autre fait nouveau de l’étude, Paris est désormais privilégiée par les banques qui envisagent de redéployer une partie de leurs effectifs dans l’UE après le Brexit.

Paris pourrait gagner 2.280 postes, selon l’enquête.

La plupart serait le fait de HSBC, qui envisage toujours de délocaliser un millier de postes.

La France souffrait auprès de nombreux grands groupes financiers de l’image d’un pays à la fiscalité élevée et au droit du travail contraignant.

Mais les réformes entreprises en France, dont la réforme du Code du travail, semblent avoir modifié leur perception.

Ainsi les banques Goldman Sachs, Bank of America, Morgan Stanley et HSBC envisagent-elles de déplacer au moins une partie de leurs effectifs à Paris.

Francfort, qui pourrait accueillir 1.420 postes, arrive en deuxième position, devant Dublin (612) et Luxembourg (407).

Catherine Mallebay-Vacqueur pour le service français, édité par Juliette Rouillon

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