March 23, 2018 / 9:31 AM / 5 months ago

L'aversion au risque s'accentue face aux tensions commerciales

PARIS (Reuters) - Les principales Bourses européennes poursuivent vendredi la forte baisse entamée la veille face à la montée des tensions commerciales internationales, le soulagement européen après l’exemption temporaire par Donald Trump des droits sur l’acier et l’aluminium de l’Union européenne ne pesant pas lourd face à sa décision de s’en prendre aux produits chinois.

Les principales Bourses européennes poursuivent vendredi la forte baisse entamée la veille face à la montée des tensions commerciales internationales. Le CAC 40 perd 1,48% après une heure d'échanges, le Dax cède 1,52% et le FTSE 100 recule de 0,76%. /Photo d'archives/REUTERS/Neil Hall

À Paris, le CAC 40 perd 1,48% à 5.090,82 points après une heure d’échanges. À Francfort, le Dax cède 1,52% et à Londres, le FTSE 100 recule de 0,76%. L’indice paneuropéen FTSEurofirst 300 est en baisse de 1,2%, l’EuroStoxx 50 de la zone euro de 1,4% et le Stoxx 600 de 1,25%.

Ce dernier est tombé, à 364,14 points, à son plus bas niveau depuis février 2017 et le CAC 40 au plus bas depuis le 14 février dernier.

L’indice de volatilité de l’EuroStoxx, à 21,06, évolue au plus haut depuis trois semaines.

Pékin a exprimé vendredi sa “vive déception” au lendemain de la signature par le président américain d’un texte qui pourrait imposer des droits de douanes sur jusqu’à 60 milliards de dollars (49 milliards d’euros) d’importations chinoises.

“La Chine n’espère pas se retrouver dans une guerre commerciale mais n’a pas peur d’en livrer une”, a réagi vendredi le ministère du Commerce, formant le souhait que Washington agisse avec prudence, tout en publiant une liste de 128 produits qui pourraient subir des droits additionnels à l’entrée sur le sol chinois.

Pour les économistes de Société générale, “il faut s’attendre à la fois à des propositions de discussion et à des menaces de représailles et il faudra peut-être du temps avant d’y voir clair. Les marchés sont à l’évidence nerveux car le risque de guerre commerciale semble monter.”

L’échange de menaces entre Washington et Pékin l’emporte effet largement, aux yeux des investisseurs, sur la volonté d’apaisement affichée par Washington sur l’acier et l’aluminium, abondamment saluée au Conseil européen de Bruxelles.

LE YEN, LE FRANC SUISSE ET L’OR EN HAUSSE

Wall Street a subi jeudi sa plus forte baisse en pourcentage depuis le 8 février (-2,93% pour le Dow Jones), Tokyo a chuté de 4,51% et Shanghai a cédé 3,38%.

Les contrats à terme sur les grands indices américains préfigurent un nouveau repli à l’ouverture.

L’indice MSCI mondial qui regroupe 47 marchés développés et émergents recule quant à lui de 0,76%, après avoir cédé 1,64% jeudi.

En Europe, les secteurs considérés comme les plus exposés aux risques de sanctions commerciales sont logiquement les plus pénalisés: celui de l’automobile cède 2,01%, celui des matières premières 1,95%, celui des hautes technologies 1,63%.

STMicroelectronics (-3,79%), ArcelorMittal(-3,30%) et Michelin accusent les deux reculs les plus marqués du CAC.

Autre grosse capitalisation exposée au thème du commerce, le géant danois du transport maritime A.P. Moeller-Maersk abandonne 2,55%.

L’aversion au risque se traduit aussi par une forte hausse des valeurs considérées comme refuges, tel le yen et le franc suisse, qui s’apprécient l’un et l’autre de plus de 0,25% face au dollar, tout comme l’or, qui prend 0,98% à 1.341,66 dollars l’once, ou encore les emprunts d’Etat, dont les rendements poursuivent leur repli: le dix ans allemand, à 0,527%, est au plus bas depuis la mi-janvier. Il a cédé plus d’un quart de point depuis son plus haut de début février.

Affecté par ce repli, le secteur bancaire abandonne 1,49%.

En dehors des préoccupations liées au commerce, le distributeur britannique Next gagne 2,66%, le marché saluant le maintien de sa prévision de bénéfice annuel.

GlaxoSmithKline prend quant à lui 2,54% après s’être à son tour retiré des enchères pour le rachat des activités grand public de Pfizer.

A Milan, Telecom Italia cède 0,54% après la démission de tous les membres de son conseil d’administration nommés par son premier actionnaire, Vivendi (-0,61%), une manoeuvre dénoncée par le fonds activiste Elliott, en campagne contre la gouvernance de l’opérateur.

A Francfort, la séance est marquée par la première cotation de DWS, la filiale de gestion d’actifs de Deutsche Bank, qui a débuté juste au-dessus de son prix d’introduction de 32,50 euros.

Défiant le marasme quasi-général, le marché pétrolier est dans le vert, toujours porté par les déclarations de l’Arabie saoudite sur sa volonté de poursuivre en 2019 la coordination avec la Russie et d’autres producteurs extérieurs à l’Opep pour désengorger le marché mondial. Le Brent se maintient ainsi au-dessus de 69 dollars le baril.

Edité par Juliette Rouillon

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