February 8, 2018 / 5:39 PM / 4 months ago

Les Bourses en Europe replongent, les taux s'envolent

par Patrick Vignal

Les Bourses européennes sont reparties brutalement à la baisse jeudi après le bref rebond de la veille. À Paris, le CAC 40 a chuté de 1,98%, le Footsie britannique de 1,49% et le Dax allemand de 2,62%. /Photo prise le 6 février 2018/REUTERS/Ralph Orlowski

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes sont reparties brutalement à la baisse jeudi après le bref rebond de la veille, la volatilité a flambé et les rendements obligataires ont poursuivi leur envol sur des craintes d’accélération de l’inflation et de durcissement de leur politiques monétaires par les grandes banques centrales.

À Paris, le CAC 40 a chuté de 1,98% à 5.151,68 points, le Footsie britannique de 1,49% et le Dax allemand de 2,62%.

L’indice EuroStoxx 50 a perdu 2,24%, le FTSEurofirst 300 1,89% et le Stoxx 600 1,6%.

“Techniquement, le rebond a échoué”, constate Mikael Jaccoby, trader chez Oddo, pour expliquer pourquoi les Bourses ont creusé leurs pertes au cours de la séance de jeudi après avoir redressé la tête mercredi. Les marchés, ajoute-t-il, sont clairement dans un climat d’aversion au risque avec des prises de bénéfice dans tous les sens.

“Les investisseurs ne sont toujours pas convaincus que la panique a disparu du marché”, prolonge David Madden (CMC Markets). “Après un choc majeur, les traders craignent une réplique imminente et on assiste à des ventes massives”.

Tandis que les actions baissaient de plus en plus, le rendement de l’emprunt d’Etat allemand à 10 ans atteignait 0,8%, pour la première fois depuis septembre 2015 et celui de l’OAT française de même échéance repassait la barre de 1%.

Les taux se sont nettement tendus après les annonces de la Banque d’Angleterre, qui a prévenu jeudi qu’il lui faudrait probablement relever son taux d’intervention plus tôt et plus fortement qu’elle ne le pensait il y a trois mois en raison de l’amélioration des perspectives économiques de la Grande-Bretagne dans un contexte international porteur.

Le message envoyé par la BoE a fait grimper le rendement des “gilts” britanniques à 10 ans de 8 points de base à 1,63%, mais aussi la livre sterling, qui a pris jusqu’à plus de 1% face au dollar.

La tension sur le marché obligataire des deux côtés de l’Atlantique a été l’un des moteurs de la correction observée depuis quelques jours sur les marchés d’actions et qui paraît refuser de s’en aller.

LA VOLATILITÉ MONTE EN FLÈCHE

Autre signe de la nervosité des Bourses européennes, l’indice mesurant la volatilité de l’EuroStoxx 50 a grimpé jeudi de près de 50% pour atteindre 32 points, son plus haut niveau depuis juin 2016.

Son homologue rattaché au S&P 500, connu comme “l’indice de la peur”, monte plus modérément à l’heure de la clôture des places européennes, ce qui n’empêche pas les indices de Wall Street de creuser leurs pertes et le rendement des Treasuries à 10 ans de prendre plus de 2 points de base à 2,85%.

Côté actions, les publications de résultats ont continué d’animer la cote européenne, notamment à Paris.

La plus forte hausse du CAC est 40 est ainsi pour Publicis qui a pris 3,95%, profitant de la perspective d’une amélioration de sa croissance et de sa marge cette année après un exercice 2017 difficile.

Société générale (+1,95%) a également été très entouré après avoir dépassé les attentes au quatrième trimestre et dit tabler sur un ralentissement de l’érosion de sa banque de détail en France.

Total, deuxième capitalisation française, s’est adjugé 0,7% en réaction à des résultats au-dessus du consensus et à la promesse d’une augmentation du dividende et des rachats d’actions.

A la baisse, Vinci a abandonné 3,64% après ses résultats annuels tandis qu’Air France-KLM (-5,89%) souffrait après une recette unitaire jugée décevante en janvier.

Ailleurs en Europe, UniCredit (+2,1)%) à Milan et Compass (+5,32%) à Londres ont profité de leurs publications et de leurs prévisions.

Dans l’actualité des fusions-acquisitions, l’opérateur de télécommunications scandinave TDC a bondi de près de 18%, en tête du Stoxx 600, après avoir été approché par des investisseurs financiers, dont Macquarie.

Sur le marché des changes, le dollar se stabilise face à un panier de devises de référence dont l’euro, qui se traite autour de 1,2262 dollar.

Sur le front du pétrole, les cours sont orientés à la baisse au lendemain de l’annonce d’une hausse inattendue des stocks de produits raffinés aux Etats-Unis, où la production semble en outre atteindre un niveau record..

avec Helen Reid à Londres, édité par Wilfrid Exbrayat

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