February 2, 2018 / 5:17 PM / 4 months ago

Les actions plombées par les rendements et les résultats

par Marc Angrand

les Bourses européennes ont terminé en net repli vendredi. À Paris, le CAC 40 a fini en baisse de 1,64% (89,57 points) à 5.364,98 points, son plus bas de séance. A Londres, le FTSE 100 a perdu 0,63% et à Francfort, le Dax a reculé de 1,68%. /Photo d'archives/REUTERS/Christian Hartmann

PARIS (Reuters) - Les mêmes causes produisant les mêmes effets ces jours-ci sur les marchés financiers, les Bourses européennes ont terminé en net repli vendredi en réaction à une nouvelle poussée des rendements obligataires, déclenchée par l’annonce d’une croissance soutenue de l’emploi et surtout des salaires aux Etats-Unis.

À Paris, le CAC 40 a fini en baisse de 1,64% (89,57 points) à 5.364,98 points, son plus bas de séance. A Londres, le FTSE 100 a perdu 0,63% et à Francfort, le Dax a reculé de 1,68%. L’indice EuroStoxx 50 a cédé 1,51%, le FTSEurofirst 300 1,36% et le Stoxx 600 1,38%.

Le CAC, revenu à son plus bas niveau depuis le 4 janvier affiche ainsi sa plus forte baisse sur une séance depuis le 29 juin dernier. Sur l’ensemble de la semaine, il perd 2,97% et le Stoxx 600 3,12%.

Au moment de la clôture en Europe, Wall Street évoluait elle aussi dans le vert, le Dow Jones perdant 1,25% et le Nasdaq Composite 1%. Sur le marché obligataire, le rendement des bons du Trésor américain à dix ans s’inscrivait alors à 2,841% après un pic à 2,854%, son plus haut niveau depuis janvier 2014 et le 30 ans dépassait 3% pour la première fois depuis mars.

En Europe, le dix ans allemand a quant à lui dépassé 0,76% et le français a touché un pic à plus de 1,05%.

Déjà sensible avant la publication du rapport mensuel du département du Travail américain à 13h30 GMT, cette hausse des rendements des emprunts d’Etat s’est amplifiée avec l’annonce de 200.000 créations d’emploi en janvier aux Etats-Unis (le marché en attendait 180.000) et d’une progression du salaire horaire moyen de 2,9% en rythme annuel, la plus forte depuis juin 2009.

“Le chiffre impressionnant du salaire moyen a ravivé les craintes de hausse de l’inflation et fait remonter les rendements obligataires. Le fait que les rendements des emprunts d’Etat américain soient plus attractifs incite des traders à liquider des positions en actions au profit des obligations”, résume David Madden, analyste de CMC Markets.

L’INDICATEUR “BULL & BEAR” DE BAML EN TERRITOIRE BAISSIER

Les chiffres des salaires sont en effet de nature à alimenter les spéculations sur une accélération de l’inflation américaine, et donc sur une remontée des taux d’intérêt plus rapide qu’anticipé jusqu’à présent.

L’écart de rendement entre les Treasuries à dix ans et les titres indexés sur l’inflation de même échéance, qui permet de mesurer les anticipations d’inflation des investisseurs, s’est quand à lui creusé un peu plus après les statistiques du département du Travail, pour dépasser 2,13%, au plus haut depuis trois ans et demi.

Autre facteur défavorable aux actions: dans son point hebdomadaire sur les flux d’investissement, Bank of America Merrill Lynch souligne que son indicateur “Bull & Bear” a bondi de 7,9 à 8,6, dépassant le seuil au-dessus duquel il constitue un signal de vente.

La banque américaine ajoute prévoir un repli de l’indice phare américain à 2.686 points d’ici fin mars, soit une baisse de 4,8% par rapport à sa clôture de jeudi.

Sur le marché des changes, le dollar profite de la hausse marquée des rendements: il s’apprécie de près de 0,5% face à l’euro, revenu sous 1,2450 et de 0,62% face à un panier de référence composé de six devises, sa meilleure performance depuis fin octobre.

L’appréciation du dollar précipite le repli du pétrole, le Brent cédant plus de 2% pour revenir vers 68 dollars et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) plus de 1,5% à 64,75 dollars.

Le bitcoin, lui, a fini la journée quasi stable sur la plate-forme Bitstamp, à un peu moins de 9.000 dollars poursuivi sa chute, mais il a perdu en séance jusqu’à prés de 15% à 7.625 dollars, au plus bas depuis deux mois. Il a perdu 22% sur la semaine et 35% depuis le début de 2018.

RECORD POUR AMAZON APRÈS SES RÉSULTATS

Côté actions, Deutsche Bank a chuté de 6,21%, la plus forte baisse de l’EuroStoxx 50, après la publication d’une perte annuelle de 497 millions, son troisième résultat annuel négatif d’affilée. La première banque allemande a aussi fait état d’une baisse marquée des revenus au quatrième trimestre et dit tabler sur une hausse de ses coûts cette année.

A Paris, Airbus a cédé 3,51%, pénalisé par la dégradation de l’opinion de Credit Suisse, désormais “neutre” sur la valeur en raison de la perspective d’un impact défavorable des changes.

A la hausse, Vodafone (+2,38%) a profité de l’annonce de discussions en vue d’un échange d’actifs en Europe avec l’américain Liberty Global.

A Wall Street, Apple cède 2,74% au lendemain de ses trimestriels, plusieurs analystes s’inquiétant des ventes d’iPhone inférieures aux attentes sur octobre-décembre et d’une prévision de chiffre d’affaires sous le consensus pour le trimestre en cours.

Egalement sanctionnés après leurs résultats, Exxon Mobil (-5,70%) et Chevron (-3,60%) figurent parmi les principaux contributeurs à la baisse du S&P 500, tout comme Alphabet (-5,16%).

Amazon gagne de son côté 5,46% et a inscrit un record, les analystes saluant le plus important bénéfice trimestriel de l’histoire du groupe.

Edité par Juliette Rouillon

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