January 29, 2018 / 8:46 AM / 7 months ago

Sanofi s'offre une nouvelle biotech en achetant Ablynx 3,9 milliards d'euros

PARIS/LONDRES (Reuters) - Sanofi va racheter la biotech belge Ablynx pour 3,9 milliards d’euros, damant le pion à Novo Nordisk pour sa deuxième acquisition d’ampleur depuis le début de l’année.

Sanofi va racheter la biotech belge Ablynx pour 3,9 milliards d'euros, damant le pion à Novo Nordisk pour sa deuxième acquisition d'ampleur depuis le début de l'année. /Photo d'archives/REUTERS/Robert Pratta

La transaction traduit une accélération des opérations de fusions et acquisitions dans le secteur des biotechnologies, le mois de janvier ayant été marqué par une série d’opérations de plusieurs milliards de dollars. L’américain Celgene a ainsi déboursé 9 milliards de dollars pour s’offrir le spécialiste du cancer Juno Therapeutics.

Sanofi a annoncé lundi qu’il payerait 45 euros en numéraire par action Ablynx. Cela représente une prime de 21,2% par rapport au cours de clôture d’Ablynx vendredi soir et de 109% ramené à ses niveaux précédant une offre à 2,6 milliards d’euros présentée début janvier par le danois Novo Nordisk, que la biotech avait repoussée.

Novo Nordisk a admis sa défaite et a fait savoir qu’il n’avait pas l’intention de faire de contre-offre.

“Avec Ablynx, nous continuons à progresser dans la transformation stratégique de notre R&D, en élargissant notre portefeuille de produits en développement avancé et en enrichissant notre plateforme dédiée aux maladies hématologiques rares”, a expliqué le directeur général de Sanofi Olivier Brandicourt, cité dans un communiqué.

Le groupe français enchaîne les annonces après avoir dévoilé il y a tout juste une semaine le rachat pour 11,6 milliards de dollars (9,5 milliards d’euros) de la biotech américaine Bioverativ, sa plus grosse acquisition depuis la prise de contrôle de Genzyme en 2011.

“AU CAS PAR CAS”

Olivier Brandicourt, lors d’une conférence téléphonique, a indiqué que ces opérations ne marquaient pas forcément la fin de ses ambitions de croissance externe.

“Notre bilan financier est solide. Nous générons un cash flow important. Nous allons regarder les opportunités (de M&A) au cas par cas”, a-t-il dit.

“Nous avons aussi identifié précédemment la santé grand public comme un secteur où nous voulons maintenir une position de leader et, de ce fait, vous pouvez vous attendre à ce que nous y évaluions les opportunités”, a-t-il ajouté.

Les laboratoires Pfizer et Merck cherchent actuellement à se délester de leur pôle de santé grand public.

Ablynx est spécialisée dans la recherche de traitements basés sur des “nanocorps” identifiés dans les systèmes immunitaires de lamas et d’alpagas, et elle a conclu pour cela des partenariats avec de grands groupes internationaux.

Ses traitements, qui sont encore au stade expérimental, ciblent différentes maladies comme la polyarthrite rhumatoïde, le psoriasis et le cancer.

Son rachat permettra à Sanofi de mettre la main sur le Caplacizumab, le plus avancé des produits d’Ablynx destiné au traitement du purpura thrombotique thrombocytopénique acquis (PTT acquis), une maladie rare qui peut être mortelle.

“Comme leur nom l’indique, les maladies rares sont des maladies dont les marchés sont relativement étroits. Mais les industriels disposent d’un ‘pricing power’ important sur ce type de marché, leur permettant d’afficher des niveaux de rentabilité importants”, souligne Grégoire Laverne, gérant actions européennes chez Roche-Brune Asset Management.

Sanofi a pour sa part souligné que la transaction “devrait être fortement créatrice de valeur sur le long terme pour les actionnaires, via notamment le renforcement de son portefeuille et de ses capacités de recherche”.

L’impact sera neutre sur le bénéfice net par action des opérations en 2018 et 2019.

En Bourse, l’action Sanofi cédait 0,68% à 72,98 euros à 12h40, alors que l’indice CAC 40 gagnait 0,06%. Ablynx, dont la cotation était suspendue dans la matinée, faisait pour sa part un bond de près de 20%.

Si le prix offert par Sanofi pour acquérir Ablynx est nettement supérieur à celui proposé par Novo Nordisk, le marché marque son soulagement après l’échec de plusieurs opérations de croissance externe.

Le français s’est fait souffler l’américain Medivation par Pfizer et le suisse Actelion par Johnson & Johnson.

“Il est probablement plus aisé pour Sanofi, qui est un groupe pharmaceutique plus diverse que Novo, d’utiliser les autres produits d’Ablynx, ce qui justifie par conséquent une valorisation plus élevée pour la société”, estime Soren Lontoft Hansen, analyste chez Sydbank.

Sanofi espère boucler la transaction à la fin du deuxième trimestre après avoir lancé des offres publiques d’achat visant la totalité des actions Ablynx en circulation.

Avec Gwénaelle Barzic et Blandine Hénault à Paris, Teis Jensen à Copenhague, Robert-Jan Bartunek à Bruxelles, édité par Dominique Rodriguez

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