December 14, 2017 / 5:41 PM / 7 months ago

Le marché parie sur un relèvement de l'offre d'Atos sur Gemalto

PARIS (Reuters) - Les analystes parient majoritairement sur un relèvement de l’offre de 4,3 milliards d’euros d’Atos sur Gemalto après son rejet par sa cible, qui la juge insuffisante.

Les analystes parient majoritairement sur un relèvement de l'offre de 4,3 milliards d'euros d'Atos sur Gemalto après son rejet par sa cible, qui la juge insuffisante. /Photo d'archives/REUTERS/Philippe Wojazer

L’action du spécialiste de la sécurité numérique a cédé jeudi 0,21% pour clôturer à 46,90 euros, au-dessus du prix de 46 euros, coupon attaché, proposé par la SSII dans son offre du 28 novembre, révélée lundi soir et maintenue mercredi soir en dépit du rejet annoncé par Gemalto.

Le titre Atos a quant à lui perdu 2,65% à 130,20 euros, après avoir fortement monté en réaction à son projet, qui lui permettrait de monter en puissance dans la protection des données et la cybersécurité.

“Comme l’opération pourrait être fortement relutive en termes de bénéfice par action, il est probable qu’Atos relève son prix, avec plus de garanties pour les actionnaires”, a écrit dans une note Gregory Ramirez, analyste chez Bryan Garnier. “Mais nous jugeons que les OPA hostiles ne sont pas dans la culture d’Atos et si Gemalto reste aussi peu coopératif, l’opération pourrait finalement ne pas se faire.”

Même sans prendre en compte les synergies, l’opération pourrait être relutive d’au moins 25% pour le bénéfice par action et Atos pourrait proposer 50-55 euros par action, estime l’intermédiaire.

RISQUE DE DÉCOUPAGE DE GEMALTO

Dans un entretien téléphonique accordé à Reuters, le directeur général de Gemalto Philippe Vallée n’a pas souhaité préciser s’il fermait ou non la porte à Atos.

“A chaque jour suffit sa peine. Nous avons eu à répondre de façon assez précipitée et pas forcément très élégante à une offre”, a-t-il dit. “Nous avons répondu. Nous en sommes là”.

Gemalto a déjà une taille suffisante dans la cybersécurité, où il réalise quelque 700 millions d’euros de chiffre d’affaires par an, a-t-il fait valoir.

D’autre part, l’activité de cartes bancaires de Gemalto est très distincte de celle de Worldline, filiale cotée d’Atos spécialisée dans les transactions de paiement.

“Proposer comme ça, a priori, d’intégrer l’activité carte bancaire de Gemalto dans Worldline fait peu de sens, d’ailleurs le marché a réagi en ce sens quand on a vu l’évolution du cours de Worldline”, a estimé Philippe Vallée.

Les inquiétudes des investisseurs sur les implications d’une intégration de Gemalto dans Worldline ont fait chuter mercredi l’action de la société, à l’inverse du mouvement opéré par le titre Atos lui-même. Mais Worldline a repris des couleurs jeudi (+2,76% à 39,045 euros).

Pour l’essentiel fournisseur et intégrateur de services, Atos n’aura d’autre choix que de découper en plusieurs morceaux l’activité de Gemalto, a aussi objecté Philippe Vallée.

“(Cela) pose un petit problème à la base si vous commencez par dire : on prend toutes les activités de Gemalto et on les coupe en rondelles de saucisson”, a-t-il dit.

DES SYNDICATS DIVISÉS

Egalement analyste chez Bryan Garnier, Richard-Maxime Beaudoux a estimé qu’il n’était pas surprenant que le conseil d’administration de Gemalto ait rejeté l’offre d’Atos, qui offre certes une confortable prime, mais seulement sur les deux ou trois derniers mois. Reste que le prix de 46 euros représente une décote de quelque 17% par rapport au cours affiché par Gemalto en début d’année.

La famille Quandt, premier actionnaire de Gemalto avec plus de 10% du capital, a approuvé jeudi publiquement le rejet de l’offre d’Atos voté mercredi soir à l’unanimité par le conseil d’administration du groupe enregistré aux Pays-Bas.

Atos n’a pas souhaité faire de commentaire sur ce point, ni sur le calendrier du dépôt de l’offre auprès de l’AFM, l’autorité réglementaire néerlandaise.

Bpifrance, deuxième actionnaire avec 8,3% mais sans siège au conseil, n’a pas souhaité faire de commentaire supplémentaire après avoir dit mercredi voir d’un bon oeil la consolidation entre deux acteurs français, en réponse à une question sur un mariage Atos-Gemalto.

Gemalto, qui a réduit de moitié son objectif de bénéfice opérationnel pour 2017 après des difficultés dans les cartes SIM et les cartes bancaires aux Etats-Unis, a annoncé le 30 novembre un projet de 288 suppressions de postes en France, soit près de 10% de ses effectifs dans le pays.

Anthony Vella, représentant de la CFE-CGC, l’un des principaux syndicats de Gemalto en France, a dit souhaiter une rencontre entre les représentants du personnel et le patron d’Atos pour connaître sa position sur le plan social.

UBS estime que l’offre d’Atos ne reflète pas un partage équitable des synergies potentielles, faisant écho à un point soulevé par Gemalto, valorisé par la banque à 49 euros par action, voire 63 euros dans son scénario le plus favorable.

Avec Blandine Hénault à Paris, Arno Schuetze à Francfort, édité par Jean-Michel Belot et Dominique Rodriguez

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