December 14, 2017 / 1:11 PM / 10 months ago

Teva supprime 25% de ses effectifs et suspend le dividende

TEL AVIV (Reuters) - Teva Pharmaceutical Industries , premier fabricant mondial de médicaments génériques, prévoit de réduire ses effectifs d’un quart et de suspendre le dividende sur les actions ordinaires dans le cadre d’une restructuration très attendue destinée à réduire son énorme dette.

Teva Pharmaceutical Industries, premier fabricant mondial de médicaments génériques, prévoit de réduire ses effectifs d'un quart et de suspendre le dividende sur les actions ordinaires dans le cadre d'une restructuration très attendue destinée à réduire son énorme dette. /Photo prise le 14 décembre 2017/REUTERS/Ammar Awad

Le groupe israélien a déclaré jeudi que ces mesures entraîneraient la suppression de 14.000 postes au niveau mondial, essentiellement en 2018.

Teva veut réduire ses charges de trois milliards de dollars (2,53 milliards d’euros) d’ici la fin 2019. Celles-ci sont estimées à 16,1 milliards de dollars cette année.

L’action Teva à Wall Street, en baisse de 53% depuis le début de l’année, s’envole jeudi de 12,9% à 17,73 dollars vers 16h20 GMT, en réaction à cette annonce.

Les investisseurs salueront ce plan car la plupart des mesures se concentrent sur les réductions de coûts à court terme et non sur les perspectives de l’entreprise, a déclaré David Maris, analyste chez Wells Fargo, dont le conseil sur la valeur est “performance en ligne”.

“Cependant, de notre point de vue, l’objectif d’économies de trois milliards de dollars du nouveau PDG est plus important que prévu, et même si cela s’impose plus en termes de survie que d’ optimisation, l’opération peut aussi avoir un impact négatif sensible sur la compétitivité de Teva”, fait-il remarquer.

Le laboratoire israélien ploie sous une dette de près de 35 milliards de dollars depuis l’acquisition l’an dernier pour 40,5 milliards de dollars d’Actavis, la filiale de génériques d’Allergan.

Dans une lettre au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le PDG de Teva Kåre Schultz affirme que des mesures sont nécessaires pour assurer l’avenir de Teva.

“Il est évident que sans mesures radicales dans les semaines et les mois à venir, l’entreprise sera de plus en plus vulnérable à une éventuelle prise de contrôle par des établissements financiers ou activistes internationaux (...) et ce risque est réel”, observe-t-il.

Teva s’attend à une charge de restructuration d’au moins 700 millions de dollars en 2018, essentiellement aux deuxième et troisième trimestres et principalement due aux indemnités de licenciement. Des charges supplémentaires peuvent découler de décisions de fermeture ou de cession d’usines, de centres de recherche-développement et de bureaux.

“Une stratégie à plus long terme viendra plus tard dans l’année, mais à court terme nous devons rester concentrés sur la génération de cash-flow, les revenus à court terme et le service de notre dette”, observe Kåre Schultz dans une lettre au personnel.

SERVICE DE LA DETTE

Alors qu’investisseurs et analystes s’interrogent sur le service de la dette de Teva dans les années à venir, Kåre Schultz a déclaré que le groupe utiliserait le cash flow pour réduire son endettement en se concentrant d’abord sur la dette bancaire.

“Nous ne prévoyons pas une augmentation de capital, à court terme ou à long terme”, a-t-il déclaré à Reuters, à l’issue d’une conférence téléphonique avec des analystes.

Le génériqueur israélien compte également sur deux nouveaux traitements l’an prochain, son médicament contre la migraine Fremanezumab et l’Austedo, administré dans les complications liées à la maladie de Huntington.

Sur le marché des médicaments génériques aux Etats-Unis, qui a souffert de la baisse des prix au cours de l’année écoulée, Kåre Schultz s’attend à une nouvelle érosion des prix en 2018.

Cette situation a rendu certains médicaments non rentables et Teva cherche à présent à identifier les produits sur lesquels le groupe peut ajuster ses prix et ceux dont il “doit sortir”.

Malgré la consolidation du marché, Kåre Schultz s’est dit confiant dans les capacités de Teva à rester compétitif en raison de son large portefeuille de médicaments génériques.

En Israël, quelque 1.700 emplois seront supprimés et un site industriel sera fermé. La principale fédération syndicale d’Israël a menacé de lancer une grève générale d’une demi-journée dimanche, qui marque le début de la semaine ouvrée en Israël, pour protester contre ce plan social.

Sous la pression du gouvernement de Benjamin Netanyahu, qui a appelé en personne Kåre Schultz, l’invitant à limiter au maximum les licenciements, le patron de Teva a promis que le groupe conserverait son siège social en Israël.

Le ministre de l’Economie, Eli Cohen, a estimé de son côté que les salariés de Teva ne devaient pas payer pour les investissements ratés du groupe à l’étranger.

“Teva a réussi grâce aux subventions et aux avantages fiscaux reçus de l’Etat et grâce aux travaux des scientifiques israéliens”, a-t-il fait valoir, ajoutant: “Nous nous battrons pour chaque employé”.

Teva a enfin indiqué que le dividende sur les actions privilégiées convertibles serait évalué trimestriellement.

Le groupe présentera ses prévisions de 2018 en février et ses perspectives stratégiques à plus long terme dans le courant de cette année-là.

Tova Cohen; Claude Chendjou pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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