December 12, 2017 / 2:48 PM / 9 months ago

Année record pour les Peugeot, arbitrage avec PSA attendu en 2018

PARIS (Reuters) - FFP, holding de la famille Peugeot, est partie pour connaître en 2017 une année record en termes d’investissements et compte poursuivre l’an prochain sa stratégie de diversification en dehors de l’automobile, a dit à Reuters son PDG Robert Peugeot.

FFP, holding de la famille Peugeot, est partie pour connaître en 2017 une année record en termes d'investissements et compte poursuivre l'an prochain sa stratégie de diversification en dehors de l'automobile, a dit à Reuters son PDG Robert Peugeot (photo). /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

Autrefois actionnaire de contrôle de PSA, FFP et son propre actionnaire majoritaire Etablissements Peugeot Frères (EPF) ne détiennent plus aujourd’hui que 12% environ du capital du constructeur.

Et PSA ne représente désormais qu’un tiers de l’actif net d’un peu plus de quatre milliards d’euros de FFP.

Sous la houlette de Robert Peugeot, la holding familiale a multiplié les investissements dans des secteurs et des géographies variés : Orpea (maisons de retraite), Seb (petit électroménager), Zodiac Aerospace et Lisi (aéronautique), Spie (ingénierie électrique), Eren (énergies renouvelables), jusqu’au café et au vin en passant par le commerce en Asie du Sud-Est ou les croisières fluviales de luxe pour touristes américains.

“Nous avons cherché progressivement des investissements aussi décorrélés que possible de l’automobile mais nos différentes participations entre elles également sont décorrélées”, a déclaré Robert Peugeot lors d’une interview.

“Notre logique est une logique de croissance de notre actif net à long terme.”

L’année qui s’achève a déjà été marquée par un nombre record d’opérations - une trentaine, avec un dernier investissement en date dans un distributeur américain de médicaments pour les hôpitaux - contre une vingtaine en 2016, et par un montant d’investissements d’environ 400 millions d’euros, un record également.

PARTENARIATS

FFP procède par prise de participation minoritaire dans des sociétés dotées en général d’un actionnariat familial ou par co-investissement avec ses fonds de private equity.

Les participations cotées étant désormais majoritaires dans son portefeuille, la holding pourrait tourner l’an prochain son attention davantage vers le non-coté, comme le groupe d’ingénierie Fives dont elle a regardé le dossier mais sans finalement se porter candidate.

“On pourrait être amené peut-être à faire davantage l’année prochaine (...) d’investissements dans le non-coté en partenariat avec d’autres investisseurs (...), où l’on prend à plusieurs le contrôle d’un nouvel actif pour accompagner son développement dans le temps”, a indiqué de son côté Sébastien Coquard, directeur des investissements de FFP.

Robert Peugeot a répété que la famille était satisfaite de la structure tripartite actuelle entre les principaux actionnaires du groupe PSA : la famille fondatrice, Bpifrance et le chinois Dongfeng.

“PSA est notre ADN, donc nous sommes stables. A partir de ce moment-là, notre liberté de manoeuvre, actuellement, c’est sur le reste”, a-t-il ajouté.

L’UTILISATION DU NOM PEUGEOT, SUJET SENSIBLE

L’utilisation du nom Peugeot par PSA et la famille ne va toutefois pas toujours de soi. Régie par des accords remontant à 1986, la question est actuellement au coeur d’un différend et fait l’objet depuis janvier 2016 d’une procédure d’arbitrage qui n’a pas encore totalement abouti.

PSA aimerait élargir l’utilisation du nom au-delà de la classe 12 (véhicules), une des 34 classes de produits définie par l’INPI (Institut national de la propriété industrielle). La famille Peugeot veut de son côté garder un contrôle étroit sur son nom, qu’elle aspire à développer dans d’autres univers.

Fin novembre, dans le quotidien L’Est Républicain, le PDG d’EPF Jean-Philippe Peugeot, cousin de Robert Peugeot, évoquait l’hypothèse d’utiliser le nom familial pour des lunettes, des montres ou des chaussures de sport, tout en précisant que le jeu était ouvert.

Ces activités, dont le développement a été confié à une plateforme de marques, cohabiteraient avec Peugeot Saveurs, qui réalise avec ses célèbres moulins à poivre un chiffre d’affaires annuel de plus de 30 millions d’euros, surtout à l’export, et Peugeot Outillages, relancé en 2012.

Le tribunal saisi de la question de l’arbitrage a rendu une première décision en juillet et devrait statuer définitivement courant 2018.

Robert Peugeot a semblé confiant dans l’issue de l’arbitrage avec PSA. De son côté, le constructeur automobile a refusé de faire un commentaire.

Avec Laurence Frost, édité par Dominique Rodriguez

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