November 30, 2017 / 7:19 AM / 6 months ago

Altran rachète l'entreprise américaine Aricent mais ne convainc pas le marché

PARIS (Reuters) - Altran Technologies a annoncé jeudi le rachat de la société californienne Aricent pour 1,7 milliard d’euros en numéraire, une opération mal accueillie en Bourse où le titre du spécialiste des services d’ingénierie perd plus de 5%.

Cette acquisition auprès d’un groupe d’investisseurs mené par le fonds KKR fait l’objet d’un accord définitif et devrait être finalisée au premier trimestre 2018, a précisé Altran dans un communiqué.

Sur la base des 12 derniers mois au 30 juin 2017, la valeur d’acquisition correspond à 10,6 fois l’Ebitda avant synergies, et 8,0 fois en incluant le plein effet des synergies attendues.

Altran a indiqué avoir obtenu les financements nécessaires, ajoutant que ceux-ci devraient être refinancés en partie par une augmentation de capital de 750 millions d’euros, sous réserve de l’accord des actionnaires et des conditions de marché.

Ses actionnaires de référence, Apax Partners et les deux fondateurs, qui détiennent respectivement 8,4% et 2,8% du capital, ont confirmé leur “entier soutien à l’opération”, s’engageant à voter en faveur de l’augmentation de capital et à y participer au prorata de leur participation.

Le rachat d’Aricent devrait avoir un effet relutif sur le bénéfice net par action d’Altran dès la première année, cette relution passant à deux chiffres en prenant en compte l’effet plein des synergies attendues.

Il permettra en outre au groupe français d’atteindre ses objectifs pour 2020 dès 2018.

A la Bourse de Paris, le titre Altran a d’abord ouvert en hausse avant de s’orienter rapidement à la baisse. A 13h08, l’action recule de 5,02 % à 14,485 euros, accusant de loin le plus fort repli du SBF 120, en hausse de 0,23% au même moment.

“Il y a d’abord un premier impact mathématique lié à l’augmentation de capital : 750 millions d’euros sur une capitalisation boursière de 2,5 milliards, ça fait beaucoup”, indique Charles Lepetitpas, analyste chez Natixis.

INCOMPRÉHENSION DU MODÈLE

“Je pense aussi qu’il y a une incompréhension du ‘business model’ d’Aricent qui n’existe pas en Europe et pour lequel il n’y a pas de sociétés cotées. C’est donc assez flou pour tout le monde et du coup, ça peut paraitre cher”, ajoute-t-il.

Basée à Santa Clara, Aricent, dont l’essentiel des effectifs est toutefois en Inde, est spécialisée dans les services de design et d’ingénierie dans le domaine du digital. Ses clients sont principalement isus des secteurs des télécommunications, des semi-conducteurs et de l’édition de logiciels.

“A contrario de sociétés de services IT présents en Inde sur des activités à faible valeur ajoutée, Aricent emploie des ingénieurs hautement qualifiés, spécialisés dans le design de software ou encore de semi-conducteurs, qui est une des activités d’ingénierie parmi les plus complexes”, pointe Charles Lepetitpas.

“De fait, sa marge d’Ebitda ressort à 28% là où celle des sociétés de services IT est plutôt de l’ordre de 12% à 15%”.

L’analyste juge le rachat d’Aricent clairement positif pour Altran, en dépit de l’absence de perspectives fournies par le groupe français qui a aussi pu freiner l’enthousiasme du marché.

“Il faut noter que Dominique Cerutti et Frank Kern ont été ensemble au comité exécutif d’IBM; ils se connaissent donc bien. Il ne devrait pas y avoir de soucis d’intégration”, dit-il.

Le nouvel ensemble formé entre Altran et la société américaine affichera un chiffre d’affaires de 2,9 milliards d’euros - contre 2,1 milliard pour Altran seul en 2016 -, une marge d’Ebitda de 14,9% et génèrera des flux de trésorerie opérationnels de 10% du chiffre d’affaires.

Il emploiera 44.000 salariés dans une trentaine de pays et permettra à Altran de renforcer sa place de numéro un des services d’ingénierie et de R&D tout en occupant une position de leader dans les secteurs de l’aéronautique, l’automobile, les semi-conducteurs ou encore les télécommunications.

L’acquisition devrait générer un chiffre d’affaires supplémentaire de 150 millions d’euros se traduisant par un impact récurrent sur l’Ebitda de 25 millions et par des économies de 25 millions également.

Ces synergies devraient être réalisées progressivement sur trois ans et les coûts de mise en œuvre associés représenteront l’équivalent d’un an de synergies de coûts.

Blandine Hénault et Benjamin Mallet, édité par Gwénaëlle Barzic

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