24 novembre 2017 / 18:44 / dans 21 jours

Brexit: Les banques de l'UE ont réduit leur exposition à la Grande Bretagne

LONDRES (Reuters) - Les principales banques européennes ont réduit leur exposition à la Grande-Bretagne depuis le vote en faveur du Brexit l‘année dernière et s‘inquiètent de l‘avenir des accords transfrontaliers une fois que le Royaume-Uni aura quitté l‘Union européenne, a déclaré vendredi l‘Autorité bancaire européenne (ABE).

Les principales banques européennes ont réduit leur exposition à la Grande-Bretagne depuis le vote en faveur du Brexit l'année dernière et s'inquiètent de l'avenir des accords transfrontaliers une fois que le Royaume-Uni aura quitté l'Union européenne, a déclaré vendredi l'Autorité bancaire européenne (ABE). /Photo d'archives/REUTERS/Michaela Rehle

L‘exposition à la Grande-Bretagne en termes d‘actifs des banques des 27 autres pays de l‘UE est passée d‘un peu plus de 1.900 milliards d‘euros en juin 2016, mois du référendum britannique, à un peu moins de 1.600 milliards d‘euros en juin 2017, indique le régulateur bancaire.

Sur la même période, leurs engagements financiers ont été réduits à un peu plus de 1.300 milliards, contre un peu moins de 1.700 milliards d‘euros.

Cette baisse reflète un recul très net des contrats sur les produits dérivés, qui pourrait devenir une source d‘inquiétude pour Londres, en concurrence avec New York sur ce secteur financier.

Dans un rapport annuel consacré à l‘évaluation des risques, l‘ABE souligne que les banques s‘inquiètent d‘un saut dans le vide si la Grande-Bretagne, premier marché financier européen, quitte l‘UE sans accord commercial.

“Les négociations du Brexit continuent d‘être une source de risque politique pour le marché financier européen, un scénario sans accord pouvant engendrer de graves perturbations pour le secteur bancaire de l‘UE”, ajoute l‘ABE.

Le régulateur relève que l‘un des principaux motifs d‘inquiétude pour les banques porte sur la pérennité des contrats financiers ou la prise en compte des engagements pris, une fois la sortie de la Grande-Bretagne de l‘UE effective.

Les consommateurs et les entreprises des 27 Etats membres de l‘UE pourraient être confrontés à des annulations, des amendements ou des renégociations de contrats, une protection juridique moindre et des pertes financières, souligne l‘ABE.

LES BANQUES DE L‘UE CONTINUENT DE SE RENFORCER

“Il est important que les banques, comme les consommateurs et les autorités, réfléchissent aux actions appropriées pour répondre à ces risques”, dit-elle.

La Grande-Bretagne espère que les discussions prévues le mois prochain pour débloquer les négociations sur le Brexit aboutiront à des arrangements transitoires et à une ébauche de nouveaux accords financiers.

Les banques de l‘UE pourraient également ne plus pouvoir compenser à Londres les opérations sur les produits dérivés, ce qui empêcherait les entreprises et les ménages d‘avoir accès à des services financiers en Grande-Bretagne.

Deutsche Börse a ainsi lancé une offensive de charme pour tenter d‘attirer à Francfort les activités de compensation actuellement effectuées à Londres.

“Une interruption des flux financiers (...) associée à une défiance des acteurs financiers pourrait assécher le marché des liquidités (...), et affecter la stabilité du système bancaire de l‘UE”, poursuit l‘ABE.

Ce rapport de l‘ABE conforte les arguments de la City de Londres et d‘autres acteurs de la finance en Europe, qui prônent un accord, même provisoire, entre Londres et l‘UE.

L‘autorité de surveillance relève également que les banques européennes continuent de renforcer leurs défenses face à des chocs potentiels et se défont progressivement de leurs créances douteuses, dont le montant s‘élève à 893 milliards d‘euros.

Leur rentabilité s‘est améliorée et le rendement moyen des fonds propres s‘élève à 7%, son plus haut niveau depuis 2014, mais reste encore inférieur au coût du capital, ajoute l‘ABE. Elle ne précise pas si ce faible rendement est lié aux conditions actuelles du marché ou à la structure du secteur.

Catherine Mallebay-Vacqueur pour le service français, édité par Bertrand Boucey

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