15 novembre 2017 / 16:08 / il y a un mois

Franke, un vétéran de l'aéronautique derrière la commande record à Airbus

SINGAPOUR/DUBAI (Reuters) - Bill Franke, l‘homme d‘affaires à l‘origine de la commande record de 430 avions à Airbus, n‘est pas du genre à faire des manières et ce vétéran de l‘industrie aéronautique a bâti sa fortune en restant fidèle à une stratégie de tarification “à la carte”, avec de multiples frais optionnels se greffant sur des prix de base défiant toute concurrence.

Bill Franke (photo), l'homme d'affaires à l'origine de la commande record de 430 avions à Airbus, n'est pas du genre à faire des manières et ce vétéran de l'industrie aéronautique a bâti sa fortune en restant fidèle à une stratégie de tarification "à la carte", avec de multiples frais optionnels se greffant sur des prix de base défiant toute concurrence. /Photo prise le 15 novembre 2017/REUTERS/Satish Kumar

Les passagers peuvent bien râler face aux “extras” pour leurs bagages, leur place dans l‘avion ou un repas, Bill Franke n‘est pas près de s‘excuser.

“Le consommateur est fondamentalement comme votre ado: un enfant gâté”, a dit le cofondateur, dirigeant et associé du fonds d‘investissement américain Indigo Partners mercredi après l‘annonce du contrat avec Airbus au salon de Dubaï.

Aux yeux de cet investisseur de 80 ans, les passagers ont trop pris l‘habitude de voler à bord de compagnies haut de gamme offrant de nombreux services, mais sans vouloir en payer le prix. “Donc si vous voulez les prix les plus bas possibles, vous devez faire des compromis”, a-t-il dit.

Bill Franke est persuadé que le secteur aéronautique évolue vers le modèle européen dans lequel des compagnies à bas coûts comme la hongroise Wizz Air et l‘irlandaise Ryanair ont pris d‘importantes parts de marché aux compagnies traditionnelles sur les liaisons courtes, bien plus qu‘aux Etats-Unis.

L‘enjeu, selon lui, est de rendre le transport aérien suffisamment abordable pour que des passagers souhaitant éviter de longs trajets en autocar ou en train se tournent vers l‘avion.

“La raison pour laquelle ils ne volent pas ou ne peuvent pas voler est due au coût élevé du prix du billet”, a-t-il souligné. “Donc si nous sommes capables de produire un modèle avec des prix bas, nous aurons grandement réussi à attirer les clients.”

“PAS NÉ DE LA DERNIÈRE PLUIE”

Indigo, fondé en 2003, contrôle la compagnie américaine à bas coût Frontier Airlines, une nouvelle compagnie chilienne, JetSmart, et une partie de la mexicaine Volaris.

Le fonds a vendu en juin une participation de 18,7% dans Wizz Air.

La commande à Airbus, d‘un montant de près de 50 milliards de dollars (42 milliards d‘euros) au prix catalogue, porte sur des A320neo et des A321neo pour Wizz Air, Frontier, Volaris et JetSmart.

Bill Franke s‘est lancé dans le secteur des compagnies aériennes avec America West Airlines, alors en faillite, qui a ensuite racheté US Airways avant d‘être reprise à son tour par American Airlines.

Avec America West, il a appris en observant les compagnies à bas coûts Southwest Airlines et Ryanair qu‘il fallait faire voler les avions le plus d‘heures possibles par jour tout en pratiquant une politique tarifaire de frais optionnels, a-t-il dit le mois dernier dans une interview au Los Angeles Times.

“Ne pas rester rigoureux en matière de respect du modèle d‘entreprise et laisser s‘infiltrer les autres coûts, c‘est la descente assurée aux enfers”, a-t-il déclaré mercredi.

Les compagnies à bas coûts économisent généralement de l‘argent en effectuant de grandes commandes à prix réduits quand les constructeurs souhaitent remplir leurs carnets, puis en restant fidèles à un type d‘appareil.

Selon des sources sectorielles, Indigo Partners prélève une commission sur les appareils qu‘il confie aux compagnies.

Des sources du secteur financier pensent qu‘Airbus a dû faire d‘importantes concessions de dernière minute sur les prix pour que les négociations, longues et secrètes, aboutissent à temps au salon de Dubaï.

“Nous n‘allons pas parler du prix des appareils mais, comme on dit, nous ne sommes pas nés de la dernière pluie”, a dit Bill Franke. “Nous savons comment acheter des avions et nous sommes plutôt bons.”

Bertrand Boucey pour le service français, édité par Véronique Tison

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