9 novembre 2017 / 06:17 / dans un mois

Un an après sa victoire, Trump reste populaire auprès de sa base

NEW YORK (Reuters) - La cote de popularité de Donald Trump est au plus bas mais le président américain réalise un meilleur score auprès de ceux qui se disent enclins à participer aux élections, montre un sondage Reuters/Ipsos publié mercredi, un an jour pour jour après la victoire de l‘homme d‘affaires républicain dans la course à la Maison blanche.

La cote de popularité de Donald Trump est au plus bas mais le président américain réalise un meilleur score auprès de ceux qui se disent enclins à participer aux élections, montre un sondage Reuters/Ipsos publié mercredi, un an jour pour jour après la victoire de l'homme d'affaires républicain dans la course à la Maison blanche. /Photo d'archives/REUTERS/Carlo Allegri

L‘enquête établit une distinction entre l‘opinion publique générale et ceux qui ont participé à l‘élection présidentielle du 8 novembre 2016 - la participation avait alors atteint environ 60% des inscrits.

Dans le premier groupe, qui mêle électeurs et non-électeurs, la cote de popularité du président républicain en octobre n‘était que de 37% des personnes interrogées. Parmi ceux qui ont voté l‘an dernier, elle passe à 44%.

Lors de précédentes vagues d‘enquête, en mai et juillet, la popularité de Trump était quasi identique entre ces deux groupes, autour de 40%.

Parmi les républicains, 75% disent approuver l‘action de Trump. Là encore, si l‘on ne retient que les républicains ayant voté le 8 novembre dernier, la cote présidentielle progresse et passe à 82%.

Par ailleurs, l‘enquête Reuters/Ipsos montre que 85% des Américains ayant voté Trump il y a un an effectueraient le même choix un an plus tard.

“TRUMP ÉLOIGNE PLUS D‘ÉLECTEURS QU‘IL N‘EN APPORTE”

Pour les politologues et les spécialistes électoraux du Parti républicain, ces conclusions devraient inciter les candidats républicains aux élections de mi-mandat, en novembre 2018, à rester sur la ligne Trump.

Cette stratégie devrait fonctionner lors des primaires internes au parti mais elle comporte ensuite le risque de s‘aliéner les électeurs modérés le jour J.

“Trump éloigne plus d‘électeurs qu‘il n‘en apporte. Sa base est solide, mais elle ne progresse pas”, dit Rodell Mollineau, spécialiste électoral du Parti démocrate à Washington.

Dans la première année qui a suivi sa victoire retentissante face à Hillary Clinton, Donald Trump a constamment veillé aux intérêts de sa base électorale enthousiaste, pour l‘essentiel des mâles blancs plutôt âgés et vivant dans des zones rurales à la démographie déclinante. Il s‘est à l‘inverse montré guère enclin à tenter de séduire les électeurs qui le rejettent.

“Les républicains ont échangé les comtés suburbains en forte croissance contre des zones rurales à faible croissance ou en déclin: ce n‘est pas là la recette de succès à long terme”, s‘inquiète Whit Ayres, un sondeur républicain établi en Virginie.

INQUIÉTANTE DÉFAITE EN VIRGINIE

Mais Michael McDonald, spécialiste de la participation électorale à l‘université de Floride, note qu’“il sera très difficile pour tout candidat républicain de prendre ses distances avec Trump”.

La nette défaite essuyée d‘Ed Gillespie en Virginie illustre ce dilemme.

Le candidat républicain au poste de gouverneur a été battu de plus de neuf points par le démocrate Ralph Northam dans un Etat qui avait certes voté Clinton il y a un an, mais avec un moindre écart de cinq points.

Gillespie avait adopté une ligne politique radicale similaire à celle de Trump sur de nombreux points, comme l‘immigration ou la criminalité, mais s‘était abstenu de demander au président de faire campagne avec lui.

Dans un tweet envoyé de Corée du Sud, où il poursuivait sa tournée diplomatique, Donald Trump a semblé penser que l‘issue de l‘élection aurait été différente si le candidat républicain avait vraiment marché dans ses pas. “Ed Gillespie a beaucoup travaillé mais n‘a pas pris ma suite ou adopté ce que je représente”, a-t-il commenté.

Les sondages réalisés à la sortie des urnes montrent cependant qu‘un tiers des électeurs de Virginie se sont déplacés dans les bureaux de vote pour manifester leur rejet du président. Deux fois plus que la proportion de ceux qui sont allés voter pour marquer leur soutien à Trump.

Pour Elaine Kamarck, spécialiste des élections présidentielles à la Brookings Institution, les élections de mardi en Virginie ou dans le New Jersey montrent clairement que l‘opposition à Trump a progressé même s‘il demeure populaire parmi ses électeurs de 2016.

De ce fait, ajoute-t-elle, la difficulté pour les candidats républicains l‘année prochaine ne sera pas de réunir les suffrages de la base “trumpiste” mais d‘attirer les autres.

La totalité de la Chambre des représentants et un tiers des sièges du Sénat seront renouvelés dans douze mois lors des élections de mi-mandat. Les démocrates devront récupérer 24 sièges supplémentaires pour reprendre le contrôle de la Chambre des représentants.

“Je suis inquiet”, a commenté sur Fox News Ari Fleischer, ancien porte-parole de George W. Bush. “Les démocrates se sont rendus en grand nombre hier dans les bureaux de vote et s‘ils conservent cet enthousiasme en 2018, la course deviendra très dure pour les républicains.”

avec James Oliphant à Washington; Henri-Pierre André pour le service français

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