23 octobre 2017 / 15:15 / dans 2 mois

Une hausse de taux de la Fed attendue en décembre, deux en 2018

(Reuters) - La Réserve fédérale américaine devrait relever les taux d‘intérêt en décembre puis à deux reprises l‘an prochain, selon une enquête de Reuters auprès d‘économistes, ces derniers estimant que la faiblesse persistante des anticipations d‘inflation risque de freiner le resserrement de la politique monétaire américaine.

Le siège de la Réserve fédérale américaine à Washington. La Réserve fédérale devrait relever les taux d'intérêt en décembre puis à deux reprises l'an prochain, selon une enquête de Reuters auprès d'économistes, ces derniers estimant que la faiblesse persistante des anticipations d'inflation risque de freiner le resserrement de la politique monétaire américaine. /Photo prise le 26 mai 2017/REUTERS/Kevin Lamarque

Une forte majorité des professionnels interrogés ont dit s‘attendre à ce que l‘évolution de la conjoncture soit le principal déterminant de l‘évolution des taux mais d‘éventuels changements à la tête de la Fed pourraient aussi affecter la politique monétaire.

“On observe un degré inhabituel d‘incertitude autour de la politique monétaire pour l‘an prochain avec les points d‘interrogation sur la direction de la Fed”, écrit ainsi Josh Nye, économiste de RBC.

Pour autant, estime Christian Keller, responsable de la recherche économique de Barclays, “en dépit des spéculations nourries sur le prochain président de la Fed, l‘évolution des taux d‘intérêt devrait être influencée avant tout par les indicateurs économiques, quel que soit le nom choisi”.

Si les indicateurs économiques les plus récents suggèrent une amélioration de la conjoncture, l‘indice des prix “core PCE”, très suivi, reste sous l‘objectif de la Fed d‘un niveau de 2% malgré la vigueur du marché du travail.

Et l‘enquête menée du 16 au 23 octobre montre qu‘il est peu probable qu‘il renoue avec ce niveau avant 2019.

Ce facteur divise les responsables de la Fed et alimente les doutes sur la capacité de la banque centrale à poursuivre le relèvement des taux d‘intérêt, a montré le compte rendu de la dernière réunion de politique monétaire.

Les économistes interrogés continuent néanmoins de tabler sur un relèvement de taux d‘un quart de point en décembre, qui porterait la fourchette des “fed funds” à 1,25%-1,50%.

Le statu quo pour la réunion de la semaine prochaine fait quant à lui l‘unanimité.

LES RISQUES PENCHENT VERS DES HAUSSES DE TAUX RALENTIES

Pour 2018, si la Fed continue de prévoir trois hausses supplémentaires, les économistes n‘en attendent que deux, qui porteraient les “fed funds” à 1,75%-2% à la fin de l‘an prochain.

Mais environ deux tiers des 52 économistes qui ont répondu à une question supplémentaire ont estimé que les risques entourant ces prévisions penchaient vers celui d‘un resserrement plus lent encore de la politique monétaire. Et quinze d‘entre eux estiment qu‘il pourrait y avoir moins de deux hausses de taux en 2018.

Concernant la croissance, le consensus donne une hausse de 2,4% en rythme annualisé du produit intérieur brut (PIB) au troisième trimestre, contre 2,6% dans l‘enquête du mois dernier. Pour octobre-décembre, le chiffre est inchangé à 2,5%.

Le consensus est inchangé pour l‘ensemble de l‘année 2017, 2,2%, comme pour 2018, à 2,3%.

Les prévisions pour l‘inflation “core PCE” n‘ont quant à elles guère changé en un mois, le consensus la donnant dans une fourchette de 1,4% à 1,9% en fin d‘année.

Quarante des 50 économistes qui ont répondu à une question sur le sujet ont déclaré que l‘économie américaine n‘avait pas réellement besoin d‘une politique de soutien à la croissance sous la forme d‘importants allégements fiscaux.

Wall Street et le dollar ont pourtant progressé vendredi après le vote par le Sénat d‘un projet de budget pour 2018, qui ouvre la voie à l‘adoption de la réforme fiscale promise par Donald Trump.

“Les Etats-Unis ont besoin de renouer avec une trajectoire budgétaire durable et je ne crois pas vraiment que des allégements fiscaux massifs génèrent suffisamment de croissance pour nous conduire sur cette voie”, explique Scott Anderson, économiste de Bank of the West.

Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique Tison

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