20 octobre 2017 / 12:24 / il y a 2 mois

Pour Rome, le réseau fixe de TIM devrait être scindé et coté

ROME (Reuters) - Le ministre italien de l‘Industrie, Carlo Calenda, s‘est prononcé vendredi en faveur d‘une scission et d‘une cotation en Bourse séparée pour le réseau fixe de Telecom Italia.

Le ministre italien de l'Industrie, Carlo Calenda, s'est prononcé vendredi en faveur d'une scission et d'une cotation en Bourse séparée pour le réseau fixe de Telecom Italia. /Photo d'archives/REUTERS/Stefano Rellandini

Divers responsables politiques italiens ont appelé à plusieurs reprises depuis 2006 à un transfert vers une entité contrôlée par l‘Etat du réseau fixe de TIM, que Rome considère comme un actif stratégique appelé à devenir un acteur “neutre” du marché ouvert à tous les opérateurs.

La question du statut de ce réseau est revenue sur le devant de la scène avec la montée au capital de TIM du français Vivendi, désormais premier actionnaire de l‘ex-monopole public avec 24% du capital.

“Oui, oui, (le réseau fixe) devrait être séparé et mis en Bourse (...) afin que le marché puisse juger par lui-même”, a déclaré Carlo Calenda, prié de dire dans une interview à Repubblica TV si cette séparation du réseau fixe serait la meilleure solution.

Signe de l‘irritation suscitée à Rome par l‘attitude de Vivendi, il a ajouté qu‘il ne voyait pas d‘inconvénient à ce que TIM ait des actionnaires étrangers, à condition que ceux-ci “arrêtent de nous traiter comme une colonie”.

L‘action TIM gagnait 1,25% vers 15h10 GMT à la Bourse de Milan, surperformant l‘indice Stoxx européen des télécoms, alors en hausse de 0,27%.

L‘opérateur, lourdement endetté, a été critiqué pour avoir retardé la rénovation de son réseau fixe vieillissant et doit faire face aujourd‘hui à la concurrence d‘Open Fiber, un réseau détenu en commun par l‘électricien Enel, contrôlé par l‘Etat, et la banque publique Cassa Depositi i Prestiti (CDP).

Les projets de scission du réseau de TIM ont échoué jusqu‘à présent en raison de la valorisation élevée de cet actif, estimée à environ 15 milliards d‘euros, et au refus du groupe.

Faute de scission immédiate, le réseau de TIM pourrait être placé au sein d‘une nouvelle entité qui serait entièrement contrôlée par l‘opérateur télécoms, mais juridiquement distincte de lui, ont dit des responsables politiques ces dernières semaines, ajoutant qu‘une telle initiative pourrait faciliter ultérieurement un rapprochement avec Open Fiber.

L‘hypothèse d‘une entrée de la CDP dans TIM ou directement dans le réseau fixe a également été évoquée, même si Carlo Calenda a dit vendredi que la CDP n‘avait “pas forcément” un rôle à jouer.

Le gouvernement italien a annoncé lundi à TIM qu‘il exigeait de peser sur toutes les décisions concernant les actifs qu‘il juge stratégiques, affichant ainsi sa ferme volonté de contenir l‘influence croissante de Vivendi.

Gavin Jones, Bertrand Boucey et Juliette Rouillon pour le service français, édité par Marc Angrand

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