18 octobre 2017 / 09:15 / il y a 2 mois

Hochtief (ACS) surenchérit sur Abertis face à Atlantia

DUSSELDORF/MILAN (Reuters) - Le groupe allemand de BTP Hochtief, filiale de l‘espagnol ACS, a soumis mercredi une offre de 17,1 milliards d‘euros sur l‘exploitant espagnol d‘autoroutes Abertis, supérieure à celle de l‘italien Atlantia.

Le groupe allemand de BTP Hochtief, filiale de l'espagnol ACS, a soumis mercredi une offre de 17,1 milliards d'euros sur l'exploitant espagnol d'autoroutes Abertis, supérieure à celle de l'italien Atlantia. /Photo d'archives/REUTERS/Ina Fassbender

Hochtief propose 18,76 euros en numéraire ou 0,1281 action Hochtief pour chaque titre Abertis et il a fixé un seuil minimal de réussite à 50% du capital plus une action.

ACS, groupe de BTP dirigé par le président du Real Madrid Florentino Perez, a choisi de se lancer dans cette bataille via sa filiale, dont la trésorerie est positive, afin de préserver sa note de crédit et éviter d‘avoir à augmenter son capital. Hochtief prévoit néanmoins d‘émettre 24,8 millions d‘actions, ce qui diluerait la participation de 72% d‘ACS dans l‘entreprise allemande.

L‘offensive d‘ACS place Abertis face à un dilemme alors que ce dernier a déjà reçu une offre en actions et en numéraire d‘Atlantia pour un montant d‘environ 15,7 milliards d‘euros sur une base comparable, selon des analystes.

Un mariage entre Atlantia, contrôlé par la famille Benetton, et Abertis donnerait naissance au numéro un mondial des autoroutes et aiderait les deux entreprises à réduire leur dépendance à leur marché domestique.

Une source proche d‘ACS a cependant déclaré à Reuters que l‘offre de ce dernier bénéficiait de l‘appui du gouvernement espagnol, qui pourrait être réticent à voir les concessions autoroutières d‘Abertis en Espagne tomber dans des mains étrangères.

Un précédent projet d‘alliance entre Atlantia et Abertis avait échoué en 2006 en raison de l‘opposition du gouvernement italien de l‘époque.

Atlantia a présenté son offre en mai et des sources proches du dossier ont rapporté la semaine dernière que le groupe italien se tenait prêt à la relever si ACS, comme cela était largement attendu, déclenchait les hostilités.

HOCHTIEF INSISTE SUR LA COMPLÉMENTARITÉ

“L‘offre de Hochtief est très compétitive mais nous nous attendons à voir Atlantia se battre pour Abertis car c‘est l‘opportunité d‘une vie”, a commenté un trader basé à Milan.

L‘action Abertis a fini en hausse de 7,02% à 18,84 euros et ACS a pris 5,17% à 33,06 euros, soit les deux plus fortes hausses de l‘indice vedette de la Bourse de Madrid (+0,55%). Hochtief a gagné 1,04% à 151 euros à Francfort et Atlantia a en revanche perdu 1,21% à 26,91 euros à Milan.

D‘après Hochtief, les activités d‘exploitation et d‘entretien des infrastructures d‘Abertis sont complémentaires des siennes, la conception et la construction. Cette complémentarité “permettra de générer de la valeur durant tout le cycle de vie des projets d‘infrastructures”, souligne le groupe allemand.

Hochtief a obtenu un financement de 15 milliards d‘euros à un taux d‘intérêt de 2% et prévoit de reverser aux actionnaires d‘une future entité fusionnée, dont le siège resterait à Essen, jusqu‘à 90% de son bénéfice.

Le syndicat IG Bau, représenté au conseil de surveillance de Hochtief, a apporté son soutien à l‘initiative du groupe allemand en jugeant qu‘une telle fusion serait créatrice d‘emplois.

L‘offre d‘Atlantia a déjà été approuvée par toutes les autorités réglementaires et, selon deux sources italiennes, elle bénéficie du soutien non-contraignant d‘investisseurs représentant plus de la moitié du capital d‘Abertis.

L‘une de ces sources a cependant déclaré que Criteria Caixa, le premier actionnaire d‘Abertis avec une participation de 22,3%, ne s‘était pas engagé à souscrire à l‘offre du groupe italien.

L‘initiative de Hochtief suspend l‘offre d‘Atlantia, officiellement lancée le 10 octobre et qui devait courir jusqu‘au 24 octobre.

L‘autorité espagnole des marchés financiers (CNMV) doit désormais examiner l‘offre du groupe allemand et se prononcer sur sa validité.

Avec Pamela Barbaglia et Francesca Landini à Milan; Wilfrid Exbrayat et Bertrand Boucey pour le service français, édité par Véronique Tison

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