8 août 2017 / 10:40 / il y a 15 jours

Le déficit commercial se creuse au 1er semestre

Le déficit commercial de la France s'est à nouveau creusé en juin sur fond de ralentissement des échanges, contribuant à porter le déficit cumulé au cours du premier semestre à son plus haut niveau depuis le premier semestre 2012. /Photo prise le 14 mars 2017/Benoit Tessier

PARIS (Reuters) - Le déficit commercial de la France s'est à nouveau creusé en juin sur fond de ralentissement des échanges, contribuant à porter le déficit cumulé au cours du premier semestre à son plus haut niveau depuis le premier semestre 2012.

Selon les statistiques CVS/CJO publiées mardi par les Douanes, le déficit de juin s'est établi à 4,7 milliards d'euros, en hausse par rapport au déficit de mai, qui a été revu à 4,4 milliards d'euros contre 4,9 milliards en première estimation.

Sur les six premiers mois de 2017, le déficit cumulé atteint 34,4 milliards contre 23,0 milliards au cours du premier semestre 2016, un plus haut depuis le premier semestre 2012.

Le début de l'année a notamment été pénalisé par des livraisons d'Airbus en berne et l'alourdissement de la facture énergétique, conduisant le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, à qualifier d'"extraordinairement préoccupants" les chiffres du commerce extérieur, dans un entretien publié le mois dernier dans Les Echos.

Au cours du premier semestre, la croissance des importations est restée dynamique (+4,4%, après +3,1% au deuxième semestre 2016 et -0,9% au premier semestre 2016).

Le rythme de croissance des exportations a en revanche ralenti (+1,3%, après +2,0% au deuxième semestre 2016 et -1,2% au premier semestre 2016).

"POINT FAIBLE"

Pour Philippe Waechter, chef économiste de Natixis AM, cette accélération des importations sans effet majeur sur les exportations depuis le printemps dernier est "un peu préoccupante".

"On n'a pas le sentiment que l'exportation française en moyenne a bénéficié de l'accélération du commerce mondial", a-t-il déclaré à Reuters.

Selon lui, la dynamique ne va pas se modifier fondamentalement au cours des prochains mois. Les exportations vont probablement s'améliorer - au vu de la progression du sentiment des chefs d'entreprise sur les commandes à l'export dans les enquêtes de conjoncture ces derniers mois - mais la croissance va parallèlement tirer les importations à la hausse.

De son côté, l'Insee a estimé dans sa note de conjoncture de juin que la combinaison d'un rebond des exportations et des importations vigoureuses permettrait au commerce extérieur de moins pénaliser la croissance cette année qu'en 2016 : après avoir plombé l'activité l'an dernier, avec une contribution négative de 0,8 point, il ne devrait amputer la croissance que de 0,3 point cette année.

Mais "la capacité de rebond des exportations" et "la capacité de l'économie française à bénéficier de l'amélioration de l'environnement international" figurait au rang des aléas mis en avant sur ces prévisions.

Sans compter que l'appréciation de l'euro depuis le début de l'année - qui s'est accentuée ces dernières semaines - pourrait pénaliser les exportations.

En résumé, "le commerce extérieur reste un point faible de la conjoncture française, pour des raisons liées à une incapacité à exporter des produits de qualité", estime Philippe Waechter.

Dans le détail, sur le mois de juin, les importations ont atteint un montant de 43,8 milliards, soit une baisse de 2,0% par rapport à mai.

Les exportations ont également reflué - accusant notamment le contrecoup de la livraison du paquebot Meraviglia en mai - et s'inscrivent en recul de 2,8% à 39,2 milliards d'euros.

Le déficit des seuls produits manufacturés a atteint 3,98 milliards d'euros contre 3,40 milliards en mai.

Le mois de juin a été marqué par une moindre performance d'Airbus, les livraisons du mois de l'avionneur représentant un total de 2,68 milliards d'euros (31 appareils) contre 2,93 milliards (32 appareils) un mois plus tôt.

"La performance du mois souffre à la fois de la comparaison au résultat du mois précédent et à ceux des mois de juin des deux années antérieures (respectivement 3,314 et 2,850 milliards en juin 2015 et 2016), ce qui renforce l'impact du repli mensuel en données corrigées des variations saisonnières", soulignent les Douanes.

Par zones géographiques, le déficit avec les pays hors Europe s'est creusé à 3,16 milliards d'euros en juin (2,59 milliards en mai).

Celui avec les autres pays de l'Union européenne s'est réduit à 3,21 milliards (contre 3,45 milliards en mai). Avec la seule zone euro, il s'est inscrit à 3,38 milliards contre 3,09 milliards un mois plus tôt.

Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below