27 juillet 2017 / 08:48 / dans 4 mois

L'Etat aurait décidé de nationaliser les chantiers navals STX

PARIS (Reuters) - L‘Etat français a décidé de nationaliser les chantiers navals STX de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), rapporte jeudi Le Monde, qui précise que la décision devrait être officialisée dans la journée par le ministre de l‘Economie Bruno Le Maire.

L'Etat français aurait décidé de nationaliser les chantiers navals STX de Saint-Nazaire. /Photo d'archives/REUTERS/Stéphane Mahé

Emmanuel Macron “a choisi de nationaliser cette entreprise plutôt que d’en confier les clés à un actionnaire italien jugé problématique”, écrit le quotidien sur son site internet.

“L‘opération devrait être (...) mise en oeuvre concrètement d’ici à vendredi soir, l’Etat, déjà actionnaire à 33 %, faisant jouer son droit de préemption sur le reste du capital”, peut-on également lire.

Le ministre de l‘Economie, Bruno Le Maire, donnera à 15h00 une conférence de presse sur le dossier qui empoisonne les relations franco-italiennes, ont annoncé ses services qui ont refusé de commenter les informations du Monde.

Le sort de STX fait l‘objet depuis plusieurs mois d‘un bras de fer entre le gouvernement italien et le nouvel exécutif français, qui a dénoncé un accord passé sous le quinquennat de François Hollande en avril dernier.

Ce compromis prévoyait le rachat de 55% STX France de Saint-Nazaire par le groupe public italien Fincantieri (pour 48%) associé à une fondation transalpine (7%).

“L‘accord négocié par le précédent gouvernement ne nous satisfait pas”, a souligné Bruno Le Maire, se faisant l‘écho des propos tenus fin mai par Emmanuel Macron.

Les deux hommes invoquent le caractère stratégique des anciens chantiers navals de l‘Atlantique, spécialisés dans la construction de paquebots mais aussi de très grandes coques comme celle d‘un porte-avions.

ULTIMATUM

La France a lancé mercredi un ultimatum à l‘Italie, menaçant de nationaliser les chantiers navals de Saint-Nazaire si Rome n‘accepte pas un partage à 50-50 de son capital avec des intérêts publics hexagonaux. La France dispose jusqu‘à vendredi d‘un droit se préemption sur la totalité du capital.

En Italie, l‘administrateur délégué du groupe Fincantieri, qui souhaite conserver la majorité de STX, a réagi en déclarant qu‘il n‘avait pas un “besoin à tout prix” des chantiers de Saint-Nazaire.

“Nous sommes Européens et, sur STX (France), nous ne pouvons accepter d‘être moins bien traités que des Coréens”, auxquels ils ont racheté la majorité de Saint-Nazaire, a dit Giuseppe Bono lors d‘une conférence téléphonique.

Une position également défendue par le ministre italien de l‘Economie Pier Carlo Padoan.

“Il n‘y a aucune raison pour Fincantieri de renoncer à une participation majoritaire et au contrôle de l‘entreprise française”, a-t-il déclaré dans un communiqué.

Les syndicats de STX sont divisés sur le dossier. Si Force ouvrière a toujours été favorables à la nationalisation, les autres syndicats estiment que l‘accord d‘avril était équilibré et disent vouloir un acteur industriel.

Les dernières propositions françaises, dévoilées mardi par le ministre de l‘Economie, laisseraient à Fincantieri 50% du capital, le reste étant détenu par des intérêts publics français (l‘Etat, Naval Group, bpifrance) et le personnel.

Paris y a ajouté une offre de coopération renforcée entre la France et l‘Italie dans le naval militaire.

Pour Bruno Le Maire, qui a évoqué un montant de “dizaines de millions d‘euros” nécessaire à l‘opération, une nationalisation temporaire permettrait de donner du temps “pour renégocier un nouveau pacte d‘actionnaires dans des conditions très sereines”.

Ce bras de fer intervient au moment où l‘Italie est confrontée depuis quelques années à une série d‘acquisitions visant plusieurs de ses fleurons, souvent à l‘initiative de groupes français, parfois de manière amicale, comme la fusion Luxotticca-Essilor, parfois hostiles, comme la montée au capital de Mediaset du groupe Vivendi, par ailleurs premier actionnaire de Telecom Italia.

Marine Pennetier, avec Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse

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