21 juillet 2017 / 14:12 / dans 4 mois

Cattaneo, numéro un de Telecom Italia, sur le départ

MILAN (Reuters) - Le conseil d‘administration de Telecom Italia se réunira lundi prochain pour entériner le départ de son administrateur délégué, a annoncé l‘opérateur télécoms vendredi, confirmant une information de Reuters sur le départ imminent de Flavio Cattaneo après un conflit avec son actionnaire de contrôle Vivendi.

L'administrateur délégué de Telecom Italia Flavio Cattaneo quittera ses fonctions dans les prochains jours après son conflit avec Vivendi, l'actionnaire de contrôle de l'opérateur télécoms italien. Le conseil d'administration de Telecom Italia se réunira lundi prochain pour entériner son départ. /Photo d'archives/REUTERS/Remo Casilli

Dans un communiqué, Telecom Italia a annoncé que son comité des rémunérations et nominations se réunirait séparément le même jour pour examiner une “proposition visant à mettre fin à la relation (avec Cattaneo) par consentement mutuel.”

Des sources avaient auparavant rapporté à Reuters que Flavio Cattaneo était sur le départ et que ses attributions seraient de facto reprises par Amos Genish, actuel responsable de la convergence chez Vivendi, qui devrait être nommé directeur des opérations de l‘opérateur historique italien.

Vivendi n‘a pas souhaité s‘exprimer et Cattaneo n‘a pas donné suite à une demande de commentaire.

Cattaneo, âgé de 54 ans, avait pris ses fonctions en mars 2016 pour un mandat de quatre ans. Ses relations avec le groupe français, premier actionnaire de Telecom Italia avec 24% du capital, s‘étaient fortement détériorées ces dernières semaines, avaient rapporté des sources à Reuters.

Selon les sources, Vivendi, qui avait jusque-là crédité l‘administrateur délégué de sa gestion du groupe lourdement endetté, s‘est irrité de son contentieux avec le gouvernement italien au sujet du déploiement du très haut débit dans le pays.

Vivendi, déjà sur la sellette en Italie en raison de son influence croissante sur Telecom Italia et le groupe de télévision Mediaset, dont il détient 30%, n‘a pas voulu d‘une polémique supplémentaire, ont-elles expliqué.

Une source a précisé vendredi que le groupe de Vincent Bolloré avait exploré la possibilité d‘une limitation des pouvoirs de Cattaneo en le flanquant de nouveaux adjoints mais que cette option n‘était plus sur la table.

Amos Genish, de nationalité israélienne, avait depuis janvier la charge de la convergence des contenus chez Vivendi. Il avait dirigé auparavant la filiale brésilienne de l‘opérateur espagnol Telefonica et fondé GVT, un opérateur mobile brésilien.

AMOS GENISH, LE NOUVEL HOMME FORT

Chez Telecom Italia, il travaillera en étroite association avec le président du conseil d‘administration Arnaud de Puyfontaine, qui est par ailleurs le président du directoire de Vivendi.

Deux sources ont indiqué que Giuseppe Recchi, actuel vice-président de Telecom Italia après avoir cédé la présidence à Arnaud de Puyfontaine, pourrait remplacer Cattaneo au poste d‘administrateur délégué. Une troisième source a dit que ce poste ne serait pas occupé pour le moment.

Cattaneo est proche d‘un accord sur ses indemnités de départ qui devraient être inférieures au maximum de 40 millions d‘euros prévu par son contrat, ont rapporté trois sources. L‘une d‘elles a évoqué un montant de 32 millions d‘euros.

Après son prédécesseur Marco Patuano, Cattaneo est le deuxième administrateur délégué à quitter Telecom Italia depuis que Vivendi a commencé à resserrer son emprise sur le groupe.

Selon une source, le groupe français lui reprochait d‘être trop “indépendant” ; une autre a évoqué des divergences au sujet de la décision de Vivendi de céder la participation de Telecom Italia dans la filiale Persidera pour obtenir le feu vert de la Commission européenne à sa prise de contrôle de facto de l‘ex-monopole italien des télécommunications.

Le départ de Cattanao pourrait renforcer encore les inquiétudes à Rome sur l‘influence de Vivendi en Italie. En avril, l‘Agcom, l‘autorité de tutelle des communications, a donné au groupe de médias et de divertissement un an pour réduire ses parts dans Telecom Italia ou Mediaset afin de se mettre en conformité avec la loi sur les concentrations.

Mercredi, la Consob, le gendarme de la Bourse italienne, a ordonné des perquisitions dans des bureaux de Telecom Italia pour vérifier l‘influence de Vivendi sur la gestion de l‘entreprise, ont rapporté des sources.

L‘action Telecom Italia a clôturé en repli de 0,43% à 0,8125 euro à la Bourse de Milan vendredi en réaction aux informations de Reuters sur le départ imminent de l‘administrateur délégué.

avec les contributions de Gwénaëlle Barzic à Paris et Stephen Jewkes et Stefano Rebaudo à Milan, Véronique Tison pour le service français

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