18 juillet 2017 / 07:20 / dans 4 mois

Les négociations du Brexit plaident pour le statu quo

LONDRES (Reuters) - En dépit d‘une inflation dépassant son objectif, la Banque d‘Angleterre (BoE) ne relèvera les taux ni cette année ni la suivante car elle veut voir si les salaires s‘alignent sur l‘inflation et de quelle manière évolueront les négociations du Brexit, montre une enquête Reuters.

En dépit d'une inflation dépassant son objectif, la Banque d'Angleterre (BoE) ne relèvera les taux ni cette année ni la suivante car elle veut voir si les salaires s'alignent sur l'inflation et de quelle manière évolueront les négociations du Brexit. /Photo prise le 19 avril 2017/REUTERS/Hannah McKay

Les Britanniques ont décidé, le 23 juin 2016, de quitter l‘Union européenne (UE) par référendum et les premières négociations des modalités de ce retrait se sont engagées lundi. Le divorce doit être définitivement consommé, avec ou sans accord, fin mars 2019.

“Nous pensons que les négociations ne seront pas simples”, disent des économistes de Morgan Stanley. “Nous pensons que les décisions du MPC (NDLR - Comité de politique monétaire de la BoE) dépendront des résultats économiques et nous pensons que l‘économie va ralentir, ce qui la poussera à ne rien faire bien que l‘inflation soit supérieure à son objectif”.

La médiane des prévisions des économistes donne un taux d‘intervention qui restera à son plus bas record de 0,25% jusqu‘en 2019. La probabilité qu‘un relèvement intervienne avant la fin de l‘année est donnée par eux à 30%.

Les marchés anticipent une hausse des taux d‘un quart de point d‘ici mai 2018 mais, suivant la dernière enquête Reuters, ils ne bougeront pas avant 2019, le taux d‘intervention se trouvant à 0,75% à la fin de cette année-là.

Sur 80 économistes interrogés ces derniers jours, deux seulement prédisent une hausse des taux à l‘occasion de la réunion de politique monétaire de la BoE du 3 août mais quatre de plus envisagent cette éventualité d‘ici la fin décembre. La probabilité d‘une hausse en août est donnée à 20%.

“Une croissance médiocre du PIB et des salaires écartera toute éventualité d‘une hausse des taux”, dit Samuel Tombs (Pantheon Macroeconomics). “Le revenu réel des ménages stagnerait cette année”.

Les dépenses des ménages ont largement contribué à la croissance économique britannique en 2016 mais les salaires ont à nouveau fléchi en deçà de l‘inflation sur la période mars-mai même si le taux de chômage n‘a jamais été aussi faible depuis 42 ans.

Or le MPC suit de près l‘évolution des salaires car il se demande si la hausse de l‘inflation résultant de la dépréciation de la livre durera. La BoE prévoit 2% de hausse des salaires cette année puis plus en 2018 et 2019.

L‘inflation, elle, est attendue à 2,7% cette année, 2,6% en 2018 et 2,2% en 2019, suivant l‘enquête de Reuters. L‘objectif de la BoE est de 2%.

L‘inflation annuelle a atteint un pic de près de quatre ans à 2,9% en mai, bien plus que ce que les économistes attendaient. Le chiffre de juin, publié dans la journée, sera sans doute identique.

Même si la récession anticipée à l‘issue du référendum du 23 juin ne s‘est pas produite, la croissance a cependant nettement ralenti au début de cette année, les ménages accusant le coup des tensions inflationnistes.

Suivant l‘enquête Reuters, la croissance serait de 1,6% cette année et de 1,3% en 2018.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below