30 juin 2017 / 14:58 / dans 5 mois

Au tour de Carige d'attirer l'attention parmi les banques italiennes

MILAN (Reuters) - Banca Carige réunira lundi son conseil d‘administration pour évoquer ses projets de restructuration, retardés depuis plusieurs mois par des querelles de personnes, alors qu‘elle apparaît désormais comme la dernière source d‘inquiétude au sein du secteur bancaire italien.

Banca Carige réunira lundi son conseil d'administration pour évoquer ses projets de restructuration alors qu'elle apparaît désormais comme la dernière source d'inquiétude au sein du secteur bancaire italien. /Photo d'archives/REUTERS/Alessandro Bianchi

A la demande de la Banque centrale européenne (BCE), la banque génoise, la neuvième d‘Italie, doit renforcer son bilan et se débarrasser de ses créances douteuses.

Avec 26 milliards d‘euros d‘actifs et un manque de fonds propres estimé à 600 millions d‘euros, Banca Carige apparaît néanmoins comme un problème nettement moins important pour les autorités italiennes que ne l‘étaient Banca Popolare di Vicenza et Veneto Banca, deux banques de Vénétie mises en liquidation dimanche dernier à l‘aide de fonds publics.

Les autorités italiennes ont en outre affirmé lundi que le plan de sauvetage de Banca Monte dei Paschi di Siena, là aussi avec l‘appui de l‘Etat, avait désormais reçu les autorisations nécessaires des instances européennes.

L‘Italie semble ainsi avoir désormais réglé les trois principaux problèmes menaçant son secteur bancaire, fragilisé par l‘accumulation de créances douteuses.

“Les choses semblent enfin s‘améliorer”, a dit le dirigeant d‘une grande banque italienne, se faisant l‘écho du soulagement général au sein du secteur. “Il reste bien sûr une montagne de créances douteuses mais elle est en train d‘être progressivement réduite. Carige est un problème mais bien plus simple à gérer que les banques de Vénétie.”

Fortement exposée à l‘économie de la Ligurie, dont Gênes est la capitale, Carige a perdu près de deux milliards d‘euros sur les quatre dernières années en raison d‘importantes dépréciations sur créances et d‘une chute de ses revenus.

Un ancien dirigeant d‘UniCredit, Paolo Fiorentino, a été nommé le 21 juin administrateur délégué. Son prédécesseur a été poussé vers la sortie par le principal actionnaire de la banque, un homme d‘affaires local, à peine plus d‘un an après son arrivée en raison de désaccords sur les moyens d‘une sortie de crise.

Mécontents, trois membres du conseil d‘administration ont démissionné depuis.

Ces bouleversements devraient retarder l‘augmentation de capital, la troisième depuis 2014, que l‘ancien administrateur délégué Guido Bastianini prévoyait pour cet été.

Carige affichait fin mars un ratio de fonds propres “durs” de 10,9% alors que le seuil minimal fixé par la BCE est 11,25%. Elle est en outre censée réduire de moitié d‘ici fin 2019 le montant brut de ses créances douteuses pour le ramener à 3,7 milliards d‘euros.

Contrairement aux deux banques de Vénétie, Carige n‘a cependant pas un besoin immédiat de liquidités. Son ratio de liquidité à court terme s‘établissait à 119% fin mars, au-dessus du plancher de 90% fixé par la BCE.

Bertrand Boucey pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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