15 juin 2017 / 12:52 / il y a 3 mois

Les syndicats de Tati partagés sur les offres de reprise

Les délégués syndicaux de Tati, qui multiplient les actions pour inciter la direction de leur groupe à participer au plan de sauvegarde de l'emploi des salariés, se sont déclarés jeudi partagés sur les offres des repreneurs. /Photo prise le 4 mai 2017/REUTERS/Christian Hartmann

PARIS (Reuters) - Les délégués syndicaux de Tati, qui multiplient les actions pour inciter la direction de leur groupe à participer au plan de sauvegarde de l‘emploi des salariés, se sont déclarés jeudi partagés sur les offres des repreneurs.

Les repreneurs avaient jusqu‘à minuit mercredi pour déposer une offre ferme sur la reprise d‘Agora Distribution qui regroupe les enseignes Tati, Giga Store, Fabio Lucci et Degrif‘Mania.

Les deux offres les plus prometteuses, selon les syndicats, émanent du groupe Gifi et d‘un consortium composé de Centrakor, Stokomani, Maxi Bazar et la Foir‘Fouille.

Les repreneurs ont modifié leurs propositions mercredi pour reprendre davantage de salariés et de magasins.

Gifi, enseigne de vente d‘articles pour la maison, projette d‘engager 1.428 salariés sur les 1.700 que compte Agora Distribution, soit 128 de plus que dans son offre initiale. Il souhaite aussi reprendre 135 points de vente sur les 140 du groupe.

Le consortium propose, quant à lui, de reprendre 1.298 salariés, soit 40 de plus que dans l‘offre précédente, et 98 magasins contre 95 auparavant, ont confirmé les syndicats.

Les deux offres prévoient aussi d‘assurer la pérennité des emplois pendant deux ans et d‘abonder le plan de sauvegarde de l‘emploi (PSE) de 2 millions d‘euros.

La CFDT se dit satisfaite des offres et avance une préférence pour le repreneur Gifi.

“Elle reprend l‘enseigne de Tati à l‘identique. On est très attaché à la marque”, a expliqué Khalida El Mir, déléguée syndicale CFDT.

En revanche, Amar Lagha, le secrétaire général de la Fédération CGT du commerce et des services à Reuters, estime que “Gifi, ce n‘est pas l‘Eldorado” et évoque “de la pression et un sous-effectif permanent”.

Les enseignes du consortium souhaitent se répartir les magasins de Tati et y apposer leur propre marque, excepté pour une quinzaine de points de vente.

RENCONTRE AU MINISTÈRE

Dans les deux cas, le PSE ne serait pas suffisamment alimenté pour subvenir aux besoins des salariés licenciés, déplorent les deux syndicats.

Ils reprochent à la maison mère, le groupe Eram, de refuser de “donner un centime”.

“On est outré. Ils osent se débarrasser d‘une entité du groupe sans donner un centime d‘euros sous prétexte d‘une baisse du chiffre d‘affaires”, a déclaré Sonia Bodart, élue CGT.

Le gouvernement a promis qu‘il ferait pression auprès du groupe pour l‘inciter à participer au PSE, a assuré Khalida El Mir, qui a été reçue mercredi avec une délégation de la CFDT au ministère du Travail.

Il a aussi dit qu‘il mettrait en place une cellule de reclassement pour les salariés exclus des offres de reprise, poursuit la déléguée syndicale. Cette cellule leur offrirait des formations pour leur permettre de se réorienter.

“Ce n‘est pas négligeable. Il vaut mieux avoir une formation en sortant de l‘entreprise que d‘attendre Pôle Emploi”, a dit Khalida El Mir.

La CGT, de son côté, avait organisé mercredi une manifestation devant les vitrines du magasin Tati de Stains, en Seine-Saint-Denis.

Les offres de reprise seront analysées par le tribunal de commerce de Bobigny le 23 juin prochain.

Caroline Pailliez, édité par Yves Clarisse

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