15 juin 2017 / 11:27 / dans 5 mois

Bâle: L'Europe doit réagir à la volte-face US, disent les banques françaises

PARIS (Reuters) - L‘Europe doit tirer ses conclusions du rapport du Trésor américain proposant de repousser ou de modifier des réformes bancaires élaborées à la suite de la crise financière, a déclaré jeudi la directrice générale de la Fédération bancaire française (FBF).

L'Europe doit tirer ses conclusions du rapport du Trésor américain proposant de repousser ou de modifier des réformes bancaires élaborées à la suite de la crise financière, a déclaré jeudi la directrice générale de la Fédération bancaire française (FBF). /Photo prise le 7 mai 2017/REUTERS/Kai Pfaffenbach

Les pays européens doivent particulièrement s‘interroger sur leur intérêt à faire des compromis avec les Etats-Unis dans le cadre du projet d‘accord de Bâle sur de nouvelles règles prudentielles internationales, actuellement en cours de négociation.

“Pourquoi pousser à un accord, dont il est tout à fait clair qu‘il n‘intéresse les Etats-Unis que dans la mesure où il impacte les autres et pas leurs banques”, a estimé Marie-Anne Barbat-Layani, lors d‘un point de presse consacré à l‘emploi dans le secteur bancaire français.

Pour la porte-parole des banques françaises, la présidence américaine, sous l‘égide du président Donald Trump, a déjà fait savoir qu‘elle ne mettrait pas forcément en oeuvre l‘intégralité d‘un accord.

“Le Trésor américain dit très clairement qu‘il y a des parties de ce qui se passe à Bâle qu‘il ne veut pas mettre en place” a dit Marie-Anne Barbat-Layani, pour qui les autorités américaines pourraient faire le tri (“cherry picking”) dans les dispositions d‘un accord sans en appliquer l‘intégralité.

Le Trésor des Etats-Unis a dévoilé lundi dans un rapport de 150 pages un projet de modification du cadre réglementaire financier, qui prévoit pas moins d‘une centaine de modifications.

L‘appel de la FBF à une réaction européenne intervient alors qu‘une réunion du comité de Bâle, potentiellement décisive, se tient actuellement en Suède.

“Je pense qu‘il est possible qu‘il n‘y ait pas d‘accord dans l‘immédiat”, a estimé la directrice générale de la FBF, précisant néanmoins qu‘il s‘agissait simplement de son intuition et qu‘elle n‘avait pas eu de retour à ce stade sur l‘avancée des négociations.

Les banques françaises et le gouverneur de la Banque de France ont déjà pris position contre un “Bâle IV”, qui ne prendrait pas assez en compte les méthodes de calculs des risques utilisées par les banques françaises.

Ces dernières utilisent traditionnellement des modèles dits “internes” et estiment qu‘une généralisation de la méthode dite “standard”, largement pratiquée aux Etats-Unis, leur serait défavorable, notamment pour les crédits immobiliers.

La question d‘un plancher minimum de capitaux immobilisés en fonction du degré de risque de certains crédits leur pose un problème de principe.

La proposition sur la table, qui fixerait le niveau minimum de fonds propres requis à 75% du montant calculé selon la méthode standard, est jugé inacceptable en l‘état.

Julien Ponthus, édité par Matthieu Protard

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