12 juin 2017 / 18:14 / il y a 3 mois

Ingenico en quête de croissance aux Etats-Unis

Ingenico recherche une acquisition aux Etats-Unis pour mieux pénétrer un marché du paiement très fragmenté et largement dominé par l'américain Verifone, a déclaré lundi son PDG Philippe Lazare lors d'un entretien à Reuters. /Photo d'archives/REUTERS

PARIS (Reuters) - Ingenico recherche une acquisition aux Etats-Unis pour mieux pénétrer un marché du paiement très fragmenté et largement dominé par l‘américain Verifone, a déclaré lundi son PDG Philippe Lazare lors d‘un entretien à Reuters.

Le spécialiste des services de paiement, qui n‘est véritablement implanté aux Etats-Unis que depuis 2010, cherche à s‘implanter sur certains segments du marché du paiement, comme celui de la santé où les hôpitaux réclament de plus en plus le versement des franchises par carte.

“Les Etats-Unis sont un marché sur lequel on souhaite être le plus complet possible”, a dit Philippe Lazare, soulignant la multiplicité des intermédiaires sur le marché américain aux côtés des banques et des grands groupes de distribution.

“Il est certain que si on pouvait trouver une ‘gateway’ aux Etats-Unis, on serait content d‘en faire l‘acquisition”, a-t-il ajouté.

Racheter une “gateway”, plate-forme informatique transférant une transaction du compte d‘un consommateur à celui d‘un commerçant, permettrait à Ingenico d‘effectuer cette opération aux Etats-Unis et non plus depuis l‘Europe et accélérer ainsi son développement sur ce marché crucial.

Pour ce faire, Ingenico peut s‘appuyer sur un endettement limité à 126 millions d‘euros fin 2016 (soit un ratio de 0,3 fois rapporté à l‘Ebitda) et un free cash flow de 248 millions d‘euros avec une variation du besoin en fonds de roulement faible et relativement stable.

Déjà installé à Atlanta, Boston et San Francisco, Ingenico pâtit actuellement, comme ses concurrents, du ralentissement de la migration des commerçants américains vers la carte à puce avec saisie d‘un code PIN (la norme EMV, Europay Mastercard Visa).

“On n‘a pas mis dans nos hypothèses un redémarrage de la migration EMV, on a mis dans nos hypothèses des gains de marché par rapport à nos concurrents”, a dit Philippe Lazare.

En Amérique du Nord, où il réalise une marge à deux chiffres, Ingenico espère cette année ramener son chiffre d‘affaires à la stabilité en données organiques après une chute de 13% en 2016, portée même à 32% au dernier trimestre et à 33% au premier trimestre 2017.

Ingenico a réalisé en 2016 un chiffre d‘affaires de 276 millions d‘euros en Amérique du Nord, soit un peu plus de 10% du total (2,312 milliards).

OBJECTIFS 2017 RECONFIRMÉS

La région Asie-Pacifique et Moyen-Orient, où Ingenico réalise un chiffre d‘affaires deux fois plus élevé, est le principal moteur d‘Ingenico, avec une croissance organique de 25% l‘an passé, soit plus du triple de la moyenne du groupe (8%).

Dans cette zone, la Chine se distingue largement, avec quatre à cinq millions de terminaux de paiement vendus en 2016 sur un total de 11 millions dans le groupe.

Mais depuis environ un an, Ingenico subit en Chine une érosion de ses marges à cause d‘une préférence accrue pour des terminaux d‘entrée de gamme acceptant les très prisés paiements par code QR, ce code-barre que l‘on peut flasher avec son téléphone mobile.

“La société protège très correctement ses marges, mais la pression sur des marchés comme la Chine est forte”, a noté Philippe Lazare, disant compter sur la nouvelle gamme de terminaux Tetra, plus économe en composants, pour réduire ses coûts.

La Chine est le premier pays d‘Ingenico en termes d‘effectifs, avec quelque 1.800 personnes fin 2016, soit 26% du total, devant la France (un peu plus de 1.000 personnes).

Ingenico est propriétaire du chinois Landi au sein d‘une holding dont il détient 80% et Fosun 20%.

Au total, le groupe français réalise les deux tiers de son chiffre d‘affaires dans les terminaux, qui ont affiché une marge brute de 46,3% en 2016, contre 35% pour les services de paiements, en plus forte croissance mais aux investissements accrus liés au développement du paiement électronique.

L‘action Ingenico a regagné 4,3% depuis le début de l‘année après avoir chuté de 35% en 2016 en raison de performances financières jugées décevantes à cause du ralentissement du marché américain et de la crise économique au Brésil.

Philippe Lazare a également reconfirmé les objectifs 2017, à savoir une croissance organique de l‘ordre de 7% et une marge d‘Ebitda légèrement supérieure à celle de 20,6% dégagée en 2016.

“Les croissances qu‘on a inscrites dans notre ‘guidance’ cette année sont atteignables mais ce n‘est pas un long fleuve tranquille”, a-t-il observé.

Edité par Jean-Michel Bélot

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