9 juin 2017 / 05:23 / il y a 4 mois

La Banque de France plus optimiste sur la croissance, pas sur les déficits

La Banque de France a relevé ses prévisions de croissance pour l'économie française mais n'entrevoit toujours pas, en l'état actuel, un déficit public ramené sous 3% du produit intérieur brut cette année comme Paris s'y est engagé. /Photo prise le 7 mai 2017/REUTERS/Dado Ruvic

PARIS (Reuters) - La Banque de France a relevé ses prévisions de croissance pour l‘économie française mais n‘entrevoit toujours pas, en l‘état actuel, un déficit public ramené sous 3% du produit intérieur brut cette année comme Paris s‘y est engagé.

Dans ses prévisions semestrielles publiées vendredi, la banque centrale table dorénavant sur une croissance d’“au moins 1,4%” en 2017 et une accélération à 1,6% en 2018 comme en 2019, soit respectivement 0,1, 0,2 et 0,1 point de plus que dans ses précédentes projections de décembre.

Malgré cette amélioration, l‘économie française resterait à la traîne de la zone euro, pour laquelle la Banque centrale européenne a revu également jeudi ses prévisions de croissance à la hausse (+0,1 point), à 1,9% pour 2017, 1,8% en 2018 et 1,7% en 2019.

L‘écart d‘un demi-point sur la croissance attendue cette année par rapport à la moyenne de la zone euro “renvoie aux besoins de réformes en France”, a déclaré le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, sur Radio classique, en insistant notamment sur la nécessité de réformer le marché du travail.

Selon la Banque de France, la consommation des ménages devrait moins contribuer à la croissance, les gains de pouvoir d‘achat liés à la baisse des prix du pétrole s‘estompant, mais l‘économie hexagonale bénéficierait du regain de croissance mondiale et d‘un rebond de ses parts de marché à l‘exportation après une année 2016 et un début 2017 difficiles pour le commerce extérieur.

Elle souligne que ces projections “doivent se comprendre comme reflétant la dynamique sous-jacente actuelle”, avant tout impact des choix de politique économique du nouveau gouvernement et des réformes qu‘il compte mettre en oeuvre.

DANS L‘ATTENTE DE LA COUR DES COMPTES

De même, la Banque de France indique que c‘est sur la base des informations connues à ce stade qu‘elle projette un déficit public à 3,1% du PIB cette année après 3,4% en 2016, alors que la France s‘est engagée à le ramener sous 3,0% en 2017.

L’écart avec la prévision d’un solde public 2017 à –2,8% du PIB visé par l‘ancien gouvernement provient à parts égales “d’une croissance nominale du PIB plus faible et d’une progression plus dynamique des dépenses”, explique-t-elle.

Mais la banque centrale précise bien qu‘elle ne prend pas en compte les mesures d’économies figurant dans le programme d‘Emmanuel Macron lors de la présidentielle, qu‘elle juge “indispensables pour revenir sous les 3%”.

Le nouvel exécutif a à plusieurs reprises exprimé sa volonté de tenir les engagements de la France en termes de baisse des déficits et attend d‘en savoir plus sur l‘état des finances publiques avec l‘audit que remettra début juillet la Cour des comptes au Premier ministre Edouard Philippe.

Ce dernier s‘est montré dubitatif à propos de l‘objectif de 2,8% affiché pour 2017.

“J’exprime aujourd’hui une légère inquiétude parce que je crains que le gouvernement précédent (...) ait utilisé les six derniers mois pour annoncer d’excellentes nouvelles sur le plan électoral mais pas totalement budgétisées”, a-t-il dit sur Europe 1.

”Donc, nous allons attendre que la Cour des comptes nous dise, est-ce que c’est 2,8, est-ce que c’est 3, est-ce que c’est 3,2, est-ce que c’est plus ?».

Le ministre de l‘Action et des Comptes publics Gérald Darmanin a estimé de son côté “très probable” que l‘objectif de 2,8% soit “bien trop optimiste”

Interrogé lui aussi sur Europe 1, le commissaire européen aux Affaires monétaires et financières, Pierre Moscovici, s‘est dit confiant que la France parviendrait à revenir sous 3% de déficit cette année.

“Je suis confiant dans le fait que les autorités françaises savent que les engagements pris par la France en matière de finances publiques doivent être tenus et je suis confiant qu‘ils le seront”, a-t-il dit.

Yann Le Guernigou, avec Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse

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