2 juin 2017 / 10:33 / il y a 6 mois

Valorisation record de 500 milliards pour les startups, selon une étude

SAN FRANCISCO (Reuters) - La valorisation totale des startups ayant levé des fonds auprès des sociétés de capital-risque en Europe et aux Etats-Unis est passée de 40 milliards en 2010 à près de 500 milliards de dollars (446 milliards d‘euros) aujourd‘hui et leur nombre d‘une dizaine à plusieurs centaines, selon un rapport publié jeudi.

La valorisation totale des startups ayant levé des fonds auprès des sociétés de capital-risque en Europe et aux Etats-Unis est passée de 40 milliards en 2010 à près de 500 milliards de dollars (446 milliards d'euros) aujourd'hui et leur nombre d'une dizaine à plusieurs centaines, selon un rapport publié jeudi. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

Ces chiffres confirment une tendance de fond particulièrement notable dans la Silicon Valley où les “jeunes pousses” retardent de plus en plus leur introduction en Bourse en parvenant à lever des centaines de millions de dollars, voire des milliards, auprès de “hedge funds” (fonds spéculatifs), des fonds communs de placement et d‘autres investisseurs privés.

Dans son rapport, la banque d‘investissement basée à San Francisco, Scenic Advisement, a comptabilisé 471 entreprises non cotées dites en “phase finale” qui sont valorisées dans leur ensemble 490 milliards de dollars.

Etre une entreprise non cotée en phase finale implique d‘avoir levé au moins 75 millions de dollars à l‘occasion d‘un minimum de trois tours de table de financement.

En 2014, elles n‘étaient 171 pour une valorisation totale de 100 milliards de dollars, selon le rapport.

Les plus connues de ces entreprises sont Uber Technologies, Airbnb, DropBox, WeWork Companies ou encore Pinterest, mais à leur côté figurent des centaines d‘autres plus obscures, spécialisées notamment dans la sécurité informatique, le cloud (informatique dématérialisée) et la génomique.

Dans le segment des licornes - les jeunes pousses valorisées à plus d‘un milliard de dollars - on dénombre plus d‘une centaine de sociétés alors qu‘elles n‘étaient que six en 2010.

L‘étude prend en compte les entreprises basées aux Etats-Unis, en Europe et en Israël mais exclut bon nombre de sociétés en phase finale nées en Asie.

“RISQUES ÉNORMES”

La croissance spectaculaire de ces pépites s‘explique essentiellement par des changements réglementaires qui permettent de retarder l‘entrée en Bourse et un afflux de liquidités dans la technologie, considérée comme un secteur offrant d‘énormes opportunités.

“Nous allons continuer d‘observer que l‘essentiel de la valeur dans les entreprises privées augmente lorsqu‘elles sont non cotées, et non quand elles rentrent sur le marché comme lors de la vague technologique précédente”, a déclaré Minal Hasan, associée chez K2 Global, une société de capital de risque.

“Par conséquent, davantage de liquidités continuera de converger vers les entreprises high-tech non cotées”, a-t-elle ajouté.

Minal Hasan et d‘autres relèvent cependant que le manque de liquidité, les insuffisances en matière d‘informations financières et les disparités en terme de gouvernance d‘entreprise dans les sociétés non cotées peuvent représenter d‘énormes risques.

La plus importante des licornes, Uber, est actuellement confrontée à une série de problèmes qui ont suscité des interrogations sur sa valorisation de 68 milliards de dollars.

Pour autant, rien n‘indique que les sociétés high-tech non cotées ont perdu de leur attractivité. Le mois dernier, le magnat japonais Masayoshi Son, patron du conglomérat Softbank, a annoncé avoir levé plus de 93 milliards de dollars via le fonds Vision Fund créé avec l‘Arabie saoudite, ce qui en fait le plus grand fonds technologique au monde.

“Nous pourrons assister à une modération dans certaines valorisations extrêmes”, a toutefois déclaré Peter Christiansen, responsable d‘études chez Scenic Advisement. “Mais en ce qui concerne la tendance actuelle, je ne vois rien à l‘horizon qui atténuerait ce qui a soutenu cette classe d‘actifs au cours des dernières années”, a-t-il ajouté.

Claude Chendjou pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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