29 mai 2017 / 14:31 / dans 4 mois

RBS évite de justesse un procès sur son appel au marché de 2008

Un groupe représentant des actionnaires de Royal Bank of Scotland a accepté un accord à l'amiable qui évitera à la banque britannique un procès autour de son augmentation de capital de plus de 12 milliards de livres (13,7 milliards d'euros) réalisée en 2008. /Photo d'archives/ REUTERS/Neil Hall

LONDRES (Reuters) - Un groupe représentant des actionnaires de Royal Bank of Scotland a accepté un accord à l‘amiable qui évitera à la banque britannique un procès autour de son augmentation de capital de plus de 12 milliards de livres (13,7 milliards d‘euros) réalisée en 2008.

Les initiateurs du RBoS Shareholder Action Group, qui voulaient traîner en justice la banque et ses anciens dirigeants, dont l‘ex-directeur général Fred Goodwin, ont finalement informé leurs soutiens qu‘ils acceptaient une offre révisée qui leur a été présentée la semaine dernière.

“Ayant étudié avec attention les mérites de la nouvelle proposition (...), nous avons décidé d‘accepter l‘offre à 82 pence par action au nom de nos membres”, a fait savoir le groupe dans une lettre en date du 27 mai et publiée lundi.

“C‘est une décision qui a l‘entier soutien de nos conseils légaux”, a-t-il ajouté, tout en reconnaissant que certains de ses membres risquaient d‘être déçus.

L‘accord coûtera à la banque nationalisée quelque 200 millions de livres (230 millions d‘euros) mais lui évite l‘embarras d‘un procès qui devait s‘ouvrir le 7 juin.

Goodwin, surnommé “Fred the Shred” (“Fred le broyeur”) pour ses capacités à réduire les coûts et son style de management abrasif, avait été porté aux nues et même fait chevalier avant la quasi faillite de la banque tricentenaire au plus fort de la crise financière. RBS a bénéficié d‘une recapitalisation de près de 46 milliards de livres mais ses actionnaires ont perdu quelque 80% de la valeur de leur placement.

Selon des sources proches du dossier, certains actionnaires du groupe de plaignants veulent poursuivre la procédure en justice, sous réserve de pouvoir la financer.

Une annonce officielle du groupe, qui réunit environ 9.000 investisseurs particuliers et une vingtaine d‘institutionnels mais a été affaibli par des conflits internes, était attendue lundi ou mardi.

RBS s‘est refusé à tout commentaire.

La banque d‘Edimbourg avait déjà conclu un accord de même ordre l‘an dernier avec un groupe plus important d‘actionnaires, lâchant alors quelque 800 millions de livres.

Pour éviter un procès, elle a porté son offre de dédommagement à 82 pence par action au lieu des 43,1 pence qu‘elle proposait initialement, mais cela reste loin des 200 à 230 pence que les actionnaires avaient déboursé pour acheter des titres en 2008.

Les plaignants, parmi lesquels de nombreux employés actuels et anciens de la banque, l‘accusaient d‘avoir donné une image trompeuse de sa santé financière avant son appel au marché, et notamment d‘avoir caché que l‘augmentation de capital avait été réclamée par l‘autorité de régulation du secteur. Quelques mois après l‘opération, l‘Etat avait sauvé RBS en y injectant 45,8 milliards de livres, soit le plus important sauvetage bancaire dans le monde pendant la crise.

RBS, qui reste contrôlé à plus de 70% par l‘Etat et n‘a toujours pas rétabli ses comptes depuis la crise, nie toute malversation.

Kirstin Ridley and Andrew MacAskill, Véronique Tison pour le service français

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