11 mai 2017 / 06:43 / dans 4 mois

Casa voit tous ses métiers accélérer au premier trimestre

Crédit agricole S.A. a annoncé jeudi des résultats en forte hausse pour les trois premiers mois de l'année, soutenus par une performance dynamique à travers tous ses métiers, de la banque de détail en France à ses activités sur les marchés financiers. /Photo d'archives/REUTERS/Philippe Wojazer

PARIS (Reuters) - Crédit agricole S.A. a annoncé jeudi des résultats en forte hausse pour les trois premiers mois de l‘année, soutenus par une performance dynamique à travers tous ses métiers, de la banque de détail en France à ses activités sur les marchés financiers.

Revenus comme profits sont en nette progression : le produit net bancaire est en hausse de 23,7% à 4,700 milliards d‘euros, contre un consensus Inquiry Reuters de 4,537 milliards, et le résultat net part du groupe bondit de 227 millions d‘euros à 845 millions (consensus Inquiry Reuters à 739 millions).

Outre l‘opérationnel, la progression des indicateurs s‘explique aussi en partie par les charges consenties l‘année dernière pour l‘opération Eurêka, une transaction intra-groupe de 18 milliards d‘euros par laquelle les caisses régionales ont racheté la part de 25% que CASA détenait chez ces dernières.

“Toutes les entités du groupe Crédit agricole S.A. ont connu une activité en forte progression”, s‘est félicité le directeur général Philippe Brassac, notant le rebond de LCL, dont la baisse de valorisation dans ses comptes avait amputé les bénéfices 2016 de 491 millions d‘euros.

“Il est vraiment difficile de trouver une critique”, commentait avant l‘ouverture des marchés un courtier, alors qu‘un analyste estimait que le repli de 15 points de base du ratio de solvabilité CET 1 à 11,9% sur les trois derniers mois pouvait cependant apporter un bémol.

Après avoir ouvert en tête du CAC 40, l‘action a progressivement fléchi et, vers 11h00, sous-performait avec un repli de 0,94% à 14,175 euros alors que l‘indice sectoriel européen était stable (-0,04%).

Les titres des banques européennes ont fortement progressé depuis mi-avril, le “risque politique” diminuant à mesure que s‘éloignait la probabilité d‘une victoire des extrêmes à l‘élection présidentielle française.

La banque de détail française, affaiblie comme ses consoeurs hexagonales par la faiblesse persistante des taux d‘intérêt, a enregistré une solide performance commerciale, avec notamment 7,7% de hausse sur un an pour les crédits à l‘habitat ou 17% pour les dépôts à vue.

LCL, pour qui le groupe a consenti de lourds efforts pour améliorer la rentabilité de ses financements, a vu son résultat net passer de 90 millions au premier trimestre 2016 à 147 millions cette année.

Les craintes des investisseurs pour cette division pourraient néanmoins subsister. Si les renégociations des emprunts immobiliers et les remboursements anticipés apportent de juteuses commissions à court terme ils réduisent néanmoins la rentabilité du stock de créances à long terme.

Outre la problématique des taux d‘intérêt, la perte de vitesse du modèle de l‘agence bancaire et des investissements importants dans le numérique, le secteur doit faire face à l‘irruption de nombreux nouveaux entrants 100% digitaux, comme Orange.

“UN CRAN SUPPLÉMENTAIRE D‘INTENSITÉ”

“C‘est un cran supplémentaire d‘intensité concurrentielle que nous allons devoir affronter”, a estimé lors d‘une conférence téléphonique Philippe Brassac à propos de l‘offre que s‘apprête à lancer l‘opérateur téléphonique.

Le pôle de grande clientèle, où sont notamment logées les activités de marché, a connu, comme chez les autres banques, un trimestre en forte progression, bénéficiant à la fois d‘une base de comparaison flatteuse avec l‘année dernière et de la bonne conjoncture financière mondiale.

Ses bénéfices progressent de plus de 85% à 314 millions d‘euros, la banque se félicitant notamment de l‘activité dans les produits de taux, de change et de crédit.

La gestion d‘actif, à travers la filiale Amundi, en passe de finaliser le rachat de l‘italien Pioneer Investments, a vu ses fonds sous gestion augmenter de 14,2% sur un an, à 1,128 milliard d’euros.

Au niveau de sa stratégie et des opérations de fusions-acquisitions, Crédit agricole a confirmé son intérêt pour trois caisses d‘épargne en Italie, son deuxième marché pour la banque détail.

“Nous poursuivrons dans cette voie”, a dit Philippe Brassac, assurant que son groupe souhaitait procéder à des acquisitions “incrémentales” au fil du temps pour renforcer son empreinte dans les régions italiennes où il est implanté.

La direction du groupe n‘a en revanche pas souhaité commenter une possible cession d‘une participation de 31% dans Banque Saudi Fransi en Arabie saoudite.

Sur le front réglementaire, Philippe Brassac a estimé que le risque d‘un durcissement significatif des règles prudentielles dites de Bâle 4, ne constituait plus “un sujet de préoccupation”.

De nombreux banquiers européens craignaient que de nouvelles normes comptables ne les désavantagent au profit de leurs homologues américains.

“Je pense qu‘on peut raisonnablement penser que, soit il n‘y aura pas d‘accord, soit il serait obtenu dans des conditions qui soient garantes du modèle qui est le notre”, a dit Philippe Brassac.

Julien Ponthus, édité par Jean-Michel Bélot

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