9 mai 2017 / 07:39 / il y a 5 mois

Banquiers: Plutôt quitter Londres que de se convertir en filiale

Des banques européennes menacent en privé de quitter Londres si le gouverneur de la Banque d'Angleterre leur impose, comme il a dit en avoir l'intention, dans le cadre du Brexit, de transformer leurs succursales en filiales, une opération très onéreuse en terme de fonds propres. /Photo prise le 7 mai 2017/REUTERS/Hannah McKay

PARIS/LONDRES (Reuters) - Des banques européennes menacent en privé de quitter Londres si le gouverneur de la Banque d‘Angleterre leur impose, comme il a dit en avoir l‘intention, dans le cadre du Brexit, de transformer leurs succursales en filiales, une opération très onéreuse en terme de fonds propres.

“Si (Mark) Carney décide de demander aux banques européennes de se transformer en filiales, j‘achète un billet de train aller-simple et je prends tout le monde avec moi”, a assuré à Reuters un responsable d‘une grand établissement de crédit européen.

Trois grands établissements européens - Deutsche Bank, BNP Paribas et Société générale disposent d‘importantes activités au Royaume-Uni, qui sont actuellement regroupées dans des succursales, faiblement consommatrices de fonds propres.

La sortie de la Grande-Bretagne de l‘Union européenne (UE) devrait entraîner la perte du “passeport européen”, qui assure aux grandes banques internationales basées sur son sol l‘accès aux marchés financiers de l‘UE.

De la même manière, les autorités britanniques pourraient vouloir imposer une supervision plus stricte aux banques de l‘Union présentes sur son sol.

Selon une étude du Boston consulting group (BCG), les banques européennes pourraient devoir injecter 40 milliards d‘euros de capitaux supplémentaires si elles devaient convertir leurs implantations en filiales.

A la différence des succursales, les filiales doivent être capitalisées localement et indépendamment de leur maison-mère et placées sous la supervision directe du régulateur local, ce qui implique également des changements substantiels de comptabilité.

Le but du régulateur de la Banque d‘Angleterre serait de s‘assurer que les banques européennes ne prennent pas de risques inconsidérés et qu‘elles disposent, le cas échéant, d‘assez de capital sur son territoire pour faire face financièrement à des aléas.

“Nous devrions, dans ce cas, réexaminer nos options à Londres”, a confié un autre dirigeant de banque européenne alors qu‘une source au sein d‘un lobby bancaire européen espère que les propos du régulateur britannique ne constituent qu‘une mise en garde.

Alors que les intentions des grandes banques d‘investissement américaines et britanniques sur le futur de leurs implantations font l‘objet d‘intenses spéculations, moins d‘attention a été portée aux établissements européens, qui disposent déjà d‘une maison-mère dans l‘UE.

Julien Ponthus, édité par Jean-Michel Bélot

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