8 mai 2017 / 10:43 / dans 6 mois

Prises de bénéfices après l'élection sans surprise de Macron

PARIS (Reuters) - Les principales Bourses européennes sont dans le rouge à mi-séance, en particulier Paris, les investisseurs prenant leurs bénéfices dans un climat de faible volatilité au lendemain de la victoire, largement anticipée, d‘Emmanuel Macron à l‘élection présidentielle en France.

Les Bourses européennes sont dans le rouge à mi-séance. Vers 10h20 GMT, le CAC 40 cède 0,88%, le Dax cède 0,3% et le FTSE s'apprécie très légèrement (+0,06%). /Photo prise le 8 mai 2017/REUTERS/Kai Pfaffenbach

Les contrats à terme signalent une ouverture en légère baisse à Wall Street dans un environnement global qui n‘apparaît plus dominé, au moins pour un temps, par le risque politique.

Signe de la détente et d‘un certain retour à la normale sur les marchés actions, l‘indice européen qui mesure la volatilité recule fortement (-15,3%).

À Paris, l‘indice CAC 40 cède 0,88% à 5.384,78 points vers 10h20 GMT. Les banques pèsent sur la tendance avec des reculs de 2,8% pour Société générale, lanterne rouge de l‘indice parisien, et 2% pour BNP Paribas.

À Francfort, le Dax cède 0,3% et à Londres, le FTSE s‘apprécie très légèrement (+0,06%).

L‘indice EuroStoxx 50 de la zone euro perd 0,56%, le FTSEurofirst 300 0,24% et le Stoxx 600 0,24%.

L‘une des plus fortes baisses en Europe est pour Akzo Nobel, qui cède 2,8% après avoir rejeté une troisième offre de rachat de concurrent américain PPG Industries.

Le secteur très volatil des ressources de base pèse sur la tendance, son indice européen reculant de 1,2%. Les banques en Europe (-0,7%) sont également dans le rouge.

Les valeurs financières sont pourtant considérées par les gérants comme les principales bénéficiaires de l‘élection d‘Emmanuel Macron. L‘ancien ministre de l‘Economie a remporté dimanche 66,1% des suffrages, devançant largement la candidate d‘extrême droite, Marine Le Pen.

L‘arrivée du candidat d‘En Marche ! en tête à l‘issue du premier tour avait été saluée avec enthousiasme par les marchés mais son élection n‘a pas le même effet, certainement parce qu‘elle était largement attendue.

“Les actifs risqués devraient afficher un rebond modeste et momentané, dans la mesure où la victoire du candidat centriste était largement attendue depuis le premier tour par les marchés et les instituts de sondage”, indiquent les analystes de BlackRock Investment Institute.

Les investisseurs s‘interrogent maintenant sur la capacité d‘Emmanuel Macron à gouverner, puisque le nouveau président doit encore rassembler une majorité à l‘Assemblée nationale lors des législatives de juin.

Les élections des 11 et 18 juin constituent “un moment décisif pour la suite politique et pour le devenir” du projet d‘Emmanuel Macron, note Peter Hensman, stratège chez Newton. “Comme l‘élection de Donald Trump aux États-Unis nous l‘a démontré, ce contrepoids à la fonction présidentielle pourrait venir atténuer les attentes élevées en matière de changement politique”, ajoute-t-il.

Pas d‘effet Macron non plus sur le marché des changes puisque l‘euro recule face au dollar, autour de 1,0934, après avoir brièvement franchi le seuil de 1,10 dollar sur les marchés asiatiques, pour la première fois depuis le 9 novembre 2016 et l‘élection de Donald Trump qui avait entraîné une appréciation de la devise américaine.

Sur les marchés obligataires, l‘écart de rendement, ou “spread”, entre l‘OAT française et le Bund allemand à 10 ans est brièvement tombé à 33 points de base, à un plus bas de six mois, avant de remonter autour de 35 points.

“Compte tenu de l‘issue incertaine des prochaines élections législatives, un écart de taux de l‘ordre de 35 points de base semble raisonnable”, juge Lukas Daalder, responsable des solutions d‘investissement chez Robeco.

Le rendement de l‘OAT à 10 ans évolue néanmoins en nette baisse, à 0,7250%, ce qui reflète l‘appétit des investisseurs pour la dette française.

Sur le front du pétrole, les prix du brut se stabilisent, le baril de Brent de la mer du Nord se traitant autour de 49 dollars et celui du brut léger américain autour de 46 dollars.

Patrick Vignal, édité par Blandine Hénault

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