5 mai 2017 / 16:19 / il y a 7 mois

AccorHotels garde ses DDV doubles, Nicolas Sarkozy au conseil

PARIS (Reuters) - Les actionnaires d‘AccorHotels ont rejeté vendredi un projet de résolution visant à supprimer le droit de vote double et ont massivement approuvé la nomination de Nicolas Sarkozy au poste d‘administrateur indépendant.

Les actionnaires d'AccorHotels ont rejeté vendredi un projet de résolution visant à supprimer la règle des droits de vote double pour les actionnaires présents au capital depuis moins de deux ans. /Photo d'archives/REUTERS/Gonzalo Fuentes

La résolution avait été déposée par un groupe de 14 investisseurs représentant 2,3% du capital et conseillés par le cabinet Proxinvet, estimant que les droits de vote double peuvent permettre à un actionnaire d‘avoir une influence notable voire de prendre le contrôle d‘une entreprise sans avoir à en payer le prix.

Les cabinets Institutional Shareholder Services (ISS) et Glass Lewis, puissants organismes internationaux de conseil aux investisseurs, étaient eux aussi favorables à cette proposition, rejetée le mois dernier par le conseil d‘administration du groupe hôtelier au nom de son “attachement à la fidélisation et la stabilité de son actionnariat”.

“Pour que notre stratégie de long terme soit comprise, il faut avoir un actionnariat stable et fidèle”, a déclaré Sébastien Bazin, PDG du groupe, lors de l‘assemblée.

La résolution a recueilli 52,36% des voix, alors qu‘elle devait obtenir les deux tiers des votes pour être approuvée.

Depuis sa dernière assemblée générale, l‘actionnariat du groupe s‘est profondément modifié.

Le groupe hôtelier chinois Jin Jiang en est devenu le premier actionnaire, avec 12,56% du capital, suivi à l‘été 2016 par le fonds qatari Qatar Investment Authority (10,36%) et le saoudien Al Saud (5,79%) en échange du rachat par AccorHotels du groupe FRHI et de ses prestigieuses marques Raffles, Fairmont et Swissôtel.

Les statuts d‘AccorHotels prévoyant d‘accorder des droits de vote double pour toutes les actions au nominatif détenues depuis plus de deux ans, ces trois grands actionnaires ne sont pas encore éligibles à ces droits.

Au printemps 2016, Jin Jiang avait approché les fonds Eurazeo et Colony Capital pour leur racheter les 10,1% qu‘ils détenaient alors de concert dans AccorHotels, provoquant la réaction immédiate des pouvoirs publics français, inquiets de voir un fleuron tricolore susceptible de passer sous pavillon étranger.

Premier concurrent d‘AccorHotels en France, Jin Jiang ne dispose pas de siège au conseil du groupe, tandis que le fonds qatari en a deux et le saoudien un.

La nomination de l‘ancien président de la République, proche de Sébastien Bazin, comme administrateur indépendant a quant à elle été approuvée à 97,37%.

Le PDG du groupe a indiqué, en réponse à une question, que le choix de Nicolas Sarkozy n‘était “nullement lié” à la montée de Jian Jiang au capital du groupe mais que sa présence apporterait à AccorHotels une “meilleure lecture” de la situation internationale.

Certains analystes ont estimé que l‘arrivée de Nicolas Sarkozy, défenseur des fleurons français et proche du Qatar, pourrait faire barrage aux visées de Jin Jiang sur AccorHotels.

Edité par Dominique Rodriguez

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below