28 avril 2017 / 13:57 / dans 5 mois

Plus faible croissance économique aux USA au 1er trimestre depuis trois ans

Les Etats-Unis ont connu au premier trimestre leur croissance économique la plus faible en trois ans, en raison d'une hausse négligeable des dépenses de consommation, d'une baisse des dépenses militaires et d'une réduction de l'investissement dans les stocks. /Photo d'archives/REUTERS/Rick Wilking

WASHINGTON (Reuters) - Les Etats-Unis ont connu au premier trimestre leur croissance économique la plus faible en trois ans, en raison d‘une hausse négligeable des dépenses de consommation, d‘une baisse des dépenses militaires et d‘une réduction de l‘investissement dans les stocks.

Le Produit intérieur brut (PIB) a augmenté de 0,7% en rythme annualisé, a annoncé le département du Commerce vendredi, le taux le plus faible depuis le premier trimestre 2014. Les économistes interrogés par Reuters projetaient une croissance de 1,2%. Au dernier trimestre de 2014, la croissance avait été de 2,1%.

Cette statistique ne donne pas forcément une bonne image de la situation économique réelle. Le marché du travail est proche du plein emploi et la confiance du consommateur n‘a jamais été aussi élevée depuis des années, ce qui donne à penser que le net ralentissement de ses dépenses, résultant pour l‘essentiel d‘éléments climatiques, n‘est que momentané.

La statistique du PIB du premier trimestre tend à sous-évaluer la réalité en raison de difficultés de calcul dont le gouvernement a pris acte et auxquelles il tente de remédier.

“C‘est faible mais la croissance du PIB tend à être en deçà de la tendance au premier trimestre ces dernières années et c‘est pourquoi il faut se garder d‘extrapoler”, commente Jim O‘Sullivan (High Frequency Economics). “Nous anticipons une ré-accélération au deuxième trimestre”.

En dépit de tous ces éléments modérateurs, les économistes disent que le président Donald Trump aura du mal à respecter sa promesse d‘une croissance annuelle du PIB de 4% sans améliorer la productivité.

La croissance des dépenses de consommation, qui représentent plus des deux tiers de l‘activité économique, a ralenti à 0,3% au premier trimestre, le taux le plus faible depuis le quatrième trimestre 2009, après un robuste 3,5% le trimestre précédent.

Un hiver doux, qui a pesé sur la demande de chauffage notamment, a affecté ces dépenses, tout comme une hausse de l‘inflation, donnée à 2,4% suivant l‘indice des dépenses de consommation des ménages (PCE), au plus haut depuis le deuxième trimestre 2011.

Toutefois, au vu d‘une progression de l‘épargne à 814,2 milliards de dollars au premier trimestre contre 778,9 milliards au dernier trimestre de 2016, les dépenses de consommation devraient repartir.

Les Treasuries ont baissé en réaction à cette statistique, tandis que le dollar a progressé et que les futures de Wall Street ont réduit leurs gains, Wall Street par elle-même réagissant peu.

REVALORISATIONS SALARIALES ACCÉLÉRÉES

Après avoir contribué à la croissance du PIB deux trimestres d‘affilée, l‘investissement dans les stocks l‘a au contraire freiné durant les trois mois sous revue.

Les entreprises ont constitué des stocks au rythme de 10,3 milliards de dollars contre 49,6 milliards durant la période octobre-décembre 2016. Les stocks ont retranché 0,93 point à la croissance du PIB, alors qu‘ils avaient au contraire ajouté un point les trois mois précédents.

Les dépenses publiques ont baissé de 1,7% durant le trimestre et les dépenses militaires, en particulier, se sont tassées de 4,0%, un pourcentage inédit depuis le quatrième trimestre 2014.

Au nombre des bons points, l‘investissement des entreprises a encore augmenté, l‘investissement en biens d‘équipement en particulier ayant progressé de 9,1%, grâce à une hausse du nombre des forages pétroliers et gaziers.

Les dépenses de prospection et de forage miniers ont bondi de 449%, après une hausse de 23,7% au dernier trimestre de 2016, permettant à l‘investissement en infrastructures non résidentielles de progresser de 22,1% au premier trimestre après un recul de 1,9% sur la période précédente.

L‘investissement immobilier résidentiel a augmenté de 13,7%, les exportations ont progressé de 5,8% et les importations de 4,1%. Cela a donné un déficit commercial moins important qui a eu un impact neutre sur la croissance.

Le département du Travail a annoncé de son côté que les rémunérations du secteur privé avaient augmenté de 0,9% au premier trimestre, leur plus forte hausse depuis 10 ans, après +0,5% au quatrième trimestre 2016.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny

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