27 avril 2017 / 15:26 / il y a 4 mois

La BCE maintient sa politique monétaire et son biais accommodant

Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE), lors d'une conférence de presse. La BCE a maintenu inchangée jeudi sa politique monétaire et ses responsables n'ont pas évoqué un abandon de son biais accommodant, l'inflation au sein de la zone euro restant inférieure à son objectif pour une cinquième année consécutive en dépit d'une croissance économique au plus haut depuis la crise financière de 2008. /Photo prise le 27 avril 2017/Kai Pfaffenbach

FRANCFORT (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) a maintenu inchangée jeudi sa politique monétaire et ses responsables n'ont pas évoqué un abandon de son biais accommodant, l'inflation au sein de la zone euro restant inférieure à son objectif pour une cinquième année consécutive en dépit d'une croissance économique au plus haut depuis la crise financière de 2008.

La BCE a maintenu son biais en faveur d'un nouvel assouplissement monétaire en cas de besoin, laissant la porte ouverte à de nouvelles baisses de taux ou à une augmentation de ses achats d'actifs.

Cette orientation est conforme aux attentes des marchés mais contraste toutefois avec les appels émanant d'Allemagne notamment en faveur d'une réduction progressive de la stimulation monétaire.

La BCE a ainsi laissé ses taux directeurs inchangés et a confirmé la poursuite de son programme d'achats d'actifs jusqu'à la fin de l'année au rythme de 60 milliards d'euros par mois.

"Les dernières données disponibles depuis notre réunion du mois de mars confirment que la reprise cyclique de l'économie de la zone euro devient de plus en plus solide et que les risques baissiers ont encore diminué", a déclaré Mario Draghi, le président de la BCE, lors de sa traditionnelle conférence de presse après la tenue du conseil des gouverneurs.

"Dans le même temps, les pressions sur l'inflation sous-jacente continuent de rester limitées et doivent encore manifester une tendance haussière convaincante", a-t-il poursuivi.

Prié de dire si les responsables monétaires de la BCE avaient discuté d'un abandon de la référence aux biais accommodants de la politique monétaire, Mario Draghi a répondu: "Nous n'en avons pas débattu (...) Je ne pense pas qu'il y ait un quelconque besoin de débattre (de l'enchaînement des changements de politique monétaire) maintenant."

Le président de la BCE a ajouté: "Nous n'avons pas suffisamment d'éléments probants pour modifier notre évaluation des perspectives d'inflation et nous ne sommes pas suffisamment confiants dans le fait que l'inflation va converger vers des niveaux cohérents avec notre objectif d'une manière durable et auto-entretenue."

L'euro a touché un plus bas depuis le début de séance contre la devise américaine en réaction à ces propos, à 1,0857 dollar. Le rendement des obligations d'Etat allemandes à dix ans a reculé de plus de 2 points de base à un plus bas de deux jours à 0,325% tandis que l'Eurostoxx 50 a cédé une partie de ses gains, pénalisé par le recul des valeurs bancaires de la zone euro dont l'indice sectoriel cède plus de 1,6% vers 14h30 GMT.

INFLECHISSEMENT EN JUIN?

Le statu quo de la BCE et le maintien de son biais accommodant font écho aux autres décisions prises par diverses banques centrales ce jeudi.

La Banque du Japon a laissé inchangé son programme d'assouplissement quantitatif et qualitatif tout en se montrant plus optimiste au sujet des perspectives économiques du pays.

La Riksbank, la banque centrale suédoise, a relevé son propre programme d'assouplissement quantitatif de 15 milliards de couronnes (1,56 milliard d'euros) et annoncé un premier relèvement de ses taux à la mi-2018, soit plus tard qu'annoncé précédemment.

L'amélioration de la situation économique de la zone euro et la dissipation du risque politique après l'arrivée en tête du premier tour de la présidentielle française du candidat pro-européen d'En Marche!, Emmanuel Macron, pourraient déboucher, dés le mois prochain, sur un biais moins accommodant de la BCE.

Le mois dernier, la BCE avait supprimé du communiqué introductif la phrase mentionnant que le conseil des gouverneurs était déterminé à utiliser "tous les instruments à sa disposition si nécessaire", ce qui avait été interprété comme le signal d'une moins grande urgence à agir de sa part.

Mario Draghi a souligné jeudi que le risque de déflation au sein de la zone euro "avait quasiment disparu."

Certaines voire la totalité des références à des risques baissiers sur les perspectives économiques pourraient être supprimées des remarques introductives le mois prochain, de même que la référence à de possibles nouvelles baisses de taux voire à une augmentation des achats d'actifs, ont dit mercredi des sources au fait des délibérations des responsables monétaires de la zone euro, à Reuters.

La prudence continue toutefois de prévaloir au sein du conseil des gouverneurs après des années de faiblesse de la croissance et de l'inflation au sein de la zone euro depuis la crise financière de 2008.

Bertrand Boucey et Marc Joanny pour le service français

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