18 avril 2017 / 13:10 / il y a 7 mois

Le FMI optimiste à court terme, s'inquiète du protectionnisme

PARIS (Reuters) - Le Fonds monétaire international (FMI) a revu en légère hausse mardi sa prévision de croissance mondiale pour 2017, au vu du regain de confiance des acteurs économiques et de son impact positif sur l‘investissement et le commerce international.

Le FMI a revu en légère hausse mardi sa prévision de croissance mondiale pour 2017, au vu du regain de confiance des acteurs économiques et de son impact positif sur l'investissement et le commerce international. /Photo prise le 9 octobre 2016/REUTERS/Yury Gripas

Mais il met aussi en garde contre les “risques considérables” qui continuent d‘assombrir ses perspectives à moyen terme, une fois de plus, notamment avec la tentation du protectionnisme qui monte dans des pays avancés et dans laquelle il voit une “menace importante”.

Dans l‘édition de printemps de ses perspectives économiques mondiales, le FMI relève ainsi à 3,5%, contre 3,4% auparavant, ses attentes pour 2017 mais laisse inchangées à 3,6% ses anticipations pour 2018.

L‘accélération de la croissance attendue en 2017 et 2018 par rapport au point bas récent de 3,1% enregistré en 2016 “est généralisée”, soulignent ses économistes.

Ils ajoutent toutefois que l‘embellie de l‘activité “reste timide dans beaucoup de pays avancés et que les pays exportateurs de produits de base continuent d‘avoir des difficultés”, malgré le rebond des cours du pétrole.

Par pays, ils restent optimistes à court terme pour les Etats-Unis mais ne changent rien à leurs prévisions de croissance sensiblement rehaussées dès le mois de janvier : 2,3% en 2017 et 2,5% en 2018.

Ils relèvent en revanche de 0,1 et 0,2 point respectivement leurs anticipations pour la Chine, à 6,6% cette année et 6,2% l‘an prochain, sur la base d‘une année 2016 plus forte que prévu et de l‘anticipation de la poursuite d‘une politique de soutien à la croissance via le crédit et les investissements publics.

EFFETS DU BREXIT PLUS LENTS QUE PRÉVU

S‘agissant de la zone euro, le FMI ne voit toujours pas de rupture de rythme d‘une reprise qui reste modeste et se contente en conséquence de relever de 0,1 point sa prévision pour 2017, à 1,7%, et de maintenir celle de 2018 à 1,6%.

Il en est de même pour l‘Allemagne (1,6% en 2017, soit +0,1 point, puis 1,5% en 2018) et la France (1,4% en 2017, soit +0,1 point, et 1,6% en 2018).

Les résultats meilleurs que prévu de l‘économie britannique depuis le référendum sur le Brexit l‘ont conduit à rehausser une nouvelle fois ses anticipations pour le Royaume Uni, à 2,0% (+0,5 point) pour 2017 et 1,5% (+0,1 point) pour 2018.

Le Fonds juge que les effets négatifs (baisse du pouvoir d‘achat lié à la dépréciation de la livre, inflation et incertitudes qui pèsent sur l‘investissement) de la sortie annoncée de Londres de l‘Union européenne “se matérialisent plus progressivement que prévu” mais que les perspectives de croissance du pays à moyen terme se sont clairement détériorées.

Pour les autres grandes économies émergentes hors Chine, le FMI voit toujours le Brésil et la Russie sortir de la récession cette année et revoit sensiblement en hausse ses prévisions pour ce dernier pays, de 0,3 point à 1,4% en 2017 et de 0,2 point à 1,4% également en 2018.

L‘ensemble de ces prévisions repose sur un scénario où les conditions financières mondiales resteront accommodantes, avec une normalisation des politiques monétaires de la Réserve fédérale américaine et de la Banque d‘Angleterre qui se déroule “sans heurt” - même si elle s‘annonce un peu plus rapide que prévu auparavant -, et un baril de pétrole qui remonterait à 55 dollars en moyenne en 2017-2018 contre 43 en 2016.

GAINS ET COÛTS INÉGAUX

Globalement, les économistes du FMI jugent que l‘état d‘esprit positif des marchés financiers fait qu‘il y a une probabilité plus forte de révision à la hausse de ces perspectives à court terme.

Mais les aléas autour de la croissance à moyen terme “semblent clairement plus négatifs”, s‘empressent-ils d‘ajouter.

Le premier d‘entre eux tient au mouvement de repli sur soi, qui passe par des mesures protectionnistes, prônées par des forces politiques dans plusieurs pays avancés et qui a porté la campagne victorieuse de Donald Trump à la présidentielle américaine.

Le Fonds reconnaît que la faiblesse de la croissance depuis la crise financière, celle encore plus modeste des revenus médians et des dérèglements structurels des marchés du travail “ont suscité un appui politique à des stratégies à somme nulle qui pourraient mettre à mal les relations commerciales internationales”.

“Céder à ces pressions reviendrait à s‘automutiler, car il en résulterait une hausse des prix pour les consommateurs et les entreprises, une baisse de la productivité et donc une baisse du revenu réel global pour les ménages”, avertit Maurice Obstfeld, chef économiste du FMI.

Alors que l‘économie mondiale semble remonter en puissance, “nous pourrions nous trouver à un tournant” avec les fortes pressions que subit le système des relations économiques internationales en place depuis la Seconde Guerre mondiale en dépit des avantages globaux qu‘il a apportés, ajoute-t-il.

Cela tient au fait que “la croissance et les ajustements économiques qui en ont résulté ont trop souvent signifié des gains et des coûts inégaux au sein des pays”, dit-il en appelant les Etats à “s‘attaquer de front à ces disparités afin d’assurer la stabilité d’un système commercial ouvert qui repose sur la collaboration et profite à tous”.

Yann Le Guernigou, édité par Marc Joanny

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