31 mars 2017 / 05:38 / dans 8 mois

Les salaires des dirigeants de Bombardier choquent au Canada

MONTREAL/QUEBEC (Reuters) - Bombardier devrait tenir compte de la colère suscitée au sein de la population canadienne par les hausses de salaires accordées en 2016 à ses dirigeants, jusqu‘à quasiment 50% pour le directeur général Alain Bellemare, alors que le constructeur aéronautique et ferroviaire a supprimé des milliers d‘emplois, a déclaré jeudi la ministre de l‘Economie du Québec.

Le directeur général de Bombardier, Alain Bellemare. La rémunération totale des cinq principaux dirigeants de Bombardier et du président de son conseil d'administration a bondi à 32,7 millions de dollars (30,6 millions d'euros) l'an dernier, contre 21,9 millions un an plus tôt, suscitant la colère de la population canadienne alors que le constructeur aéronautique et ferroviaire a supprimé des milliers d'emplois. /Photo d'archives/REUTERS/Christinne Muschi

La rémunération totale des cinq principaux dirigeants du groupe et du président de son conseil d‘administration a bondi à 32,7 millions de dollars (30,6 millions d‘euros) l‘an dernier, contre 21,9 millions un an plus tôt, montre un document publié mercredi en prévision de l‘assemblée générale prévue le 11 mai.

Les Québécois ont exprimé leur colère jeudi sur les réseaux sociaux et à la télévision alors que Bombardier a annoncé en 2016 deux vagues de licenciements concernant au total 14.500 personnes sur deux ans dans différents sites à travers le monde.

“Si j‘étais l‘entreprise, je réfléchirais au message que j‘envoie à la population” avec ces hausses de salaires, a déclaré devant le parlement provincial la ministre québécoise de l‘Economie, Dominique Anglade.

La polémique est d‘autant plus forte que, pour surmonter ses graves difficultés financières liées à son programme d‘avions CSeries, Bombardier a bénéficié d‘un investissement d‘un milliard de dollars du Québec puis d‘un prêt de près de 300 millions de dollars du gouvernement fédéral canadien.

Prié de réagir sur le sujet lors d‘une conférence de presse dans l‘Ontario, le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, a déclaré: “Nous respectons le marché libre et les choix que font les entreprises mais nous avons aussi la responsabilité de garantir que les investissements que nous effectuons avec les dollars des contribuables conduisent à de bons emplois et à de la croissance.”

Dans un courriel, un porte-parole de Bombardier, Simon Letendre, a souligné que le niveau de rémunération reflétait la réussite de la direction dans le respect des objectifs fixés par l‘entreprise. Il a ajouté qu‘une grande partie de la rémunération des dirigeants était liée à leur performance ou à l‘évolution du cours de l‘action en Bourse.

Allison Lampert à Montréal et Kevin Dougherty à Québec, avec David Jjunggren; Bertrand Boucey pour le service français

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