23 mars 2017 / 06:14 / dans 8 mois

Wall Street peut vaciller si Trump échoue sur la santé

NEW YORK (Reuters) - Le “Trump Trade” qui porte Wall Street depuis la victoire de Donald Trump à l‘élection présidentielle du 8 novembre pourrait bientôt se muer en une “Panique Trump” si la nouvelle administration échoue à faire voter par le Congrès son projet de réforme de l‘assurance maladie.

Le "Trump Trade" qui porte Wall Street depuis la victoire de Donald Trump à l'élection présidentielle du 8 novembre pourrait bientôt se muer en une "Panique Trump" si la nouvelle administration échoue à faire voter par le Congrès son projet de réforme de l'assurance maladie. /Photo prise le 21 décembre 2016/REUTERS/Andrew Kelly

Un tel échec pourrait en effet amener les investisseurs à penser que l‘homme d‘affaires devenu président ne tiendra pas toutes les promesses qui ont dopé la Bourse new-yorkaise ces derniers mois, à savoir les baisses d‘impôts, la dérégulation et la relance économique via des travaux d‘infrastructure.

Le projet de loi anti-Obamacare, la réforme de l‘assurance maladie mise en place par son prédécesseur, est le premier grand test législatif du mandat de Donald Trump.

Or le président américain ainsi que les responsables du parti républicain semblaient mercredi avoir perdu leur pari de réunir suffisamment de voix pour faire passer le texte, qui sera soumis jeudi au vote de la Chambre des représentants.

Il est contesté à la fois par des membres de l‘aile dure du parti, qui trouvent qu‘il ne se distingue pas assez de l‘Obamacare, et par des modérés redoutant les effets des nouvelles dispositions sur les électeurs.

”Si le vote ne passe pas ou s‘il est reporté cela mettra grandement en doute le “Trump Trade”, a estimé Jeffrey Gundlach, directeur général chez DoubleLine Capital, un investisseur obligataire très écouté sur les marchés financiers.

Le S&P 500, qui a terminé en légère hausse mercredi, est encore en progression de près de 10% par rapport au cours de clôture du 8 novembre.

Mais l‘indice de référence des gérants des fonds ainsi que les deux autres indices phares de Wall Street a connu mardi leur repli le plus marqué depuis la victoire de Donald Trump à l‘élection présidentielle du 8 novembre, en raison des doutes sur l‘application de son programme.

Et, à ce stade du mois de mars, les trois indices sont partis pour subir leur premier recul mensuel en cinq mois, signe que l‘effet “Trump”, qui a propulsé la place new-yorkaise vers de nouveaux sommets, touche peut-être à sa fin.

UNE CORRECTION DE 5% ?

Selon Michael Arone, chargé de la stratégie investissements chez State Street Global Advisors, si jamais l‘administration Trump essuie un échec sur la réforme de l‘assurance maladie, “une correction de 5% ne paraît pas déraisonnable étant donné le niveau atteint (par Wall Street) en si peu de temps”.

Cela fait plusieurs semaines que nombre d‘experts en stratégie boursière mettent en garde contre le fait de parier sur un scénario où rien ne vient contrarier l‘agenda de Donald Trump.

“Le marché actions américain a pris en compte un scénario parfait en ce début de 2017 et (la forte baisse de mardi) a été un brutal rappel à l‘ordre : le processus législatif est imparfait même quand il fonctionne au mieux”, a noté Nicholas Colas, chargé de la stratégie de marché chez Convergex.

Les acteurs de marché estiment néanmoins que le vote sur l‘assurance santé est un “test de la capacité de Donald Trump à unifier le parti”, note Brian Daingerfield (NatWest Markets).

“Il a une signification symboligue.”

Après le vote sur l‘assurance santé, les intervenants de Wall Street suivront ce qui passe dans le domaine des impôts et des infrastructures.

Donald Trump a dit qu‘il souhaitait l‘adoption de la réforme de l‘Obamacare d‘ici les vacances de Pâques de la mi-avril. L‘administration semble viser un texte législatif sur la réforme des impôts d‘ici le mois d‘août. Les dépenses d‘infrastructures viendront après ces deux points.

Avec la contribution de Jennifer Ablan, Chuck Mikolajczak, Caroline Valetkevitch, Sinead Carew, Richard Leong, Lewis Krauskopf et Saqib Ahmed, Benoît Van Overstraeten pour le service français

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